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Les vers parasites chez l'homme

Dernière mise à jour: août 2015 | 148280 visites

dossier Une grande variété de vers peuvent infecter l'être humain. On distingue deux grandes catégories : les vers ronds et les vers plats. De quoi s'agit-il exactement ? Quels sont les modes de contamination, les symptômes lors d'une infection et les traitements ?

Après contamination, les vers peuvent se loger dans de nombreux organes, en particulier du système digestif (surtout les intestins), mais aussi des voies respiratoires (poumons) ou du système nerveux central. Les larves se développent, deviennent adultes et produisent de nouvelles générations. Le rythme de multiplication est souvent impressionnant.

Les vers ronds (nématodes)

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L’ascaris

Ascaris lumbricoides est un parasite intestinal, et il s'agit du plus grand des vers ronds susceptibles d'infecter l'être humain. Le nombre de personnes infectées à travers le monde est considérable, et ce ver est une cause majeure de mortalité infantile dans les pays en voie de développement.

La transmission est de type inter-humaine. Les vers produisent des oeufs dans les intestins d'un patient infecté, qui va les rejeter via les selles. Les oeufs risquent alors de souiller de l'eau et de la nourriture (fruits, légumes...), et ainsi de contaminer une personne qui les consommerait.

L’ascaris adulte ressemble à un ver de terre commun (Lumbricus terrestris), avec lequel il n'a cependant aucun lien. Il peut atteindre plusieurs dizaines de centimètres et évolue dans l’intestin grêle sans pour autant abîmer la muqueuse intestinale. Il finit par disparaître spontanément après un ou deux ans.

Dans la plupart des cas, il ne cause pas de troubles graves. Cependant, lorsqu'une grande quantité de vers sont présents dans le tractus intestinal, une occlusion peut se produire, avec des conséquences extrêmement sévères, en particulier chez l'enfant. Le ver peut aussi migrer vers le pancréas et la vésicule biliaire, et bloquer les voies d'écoulement (bile, sucs pancréatiques).

Le diagnostic est posé par une analyse de selles à la recherche des oeufs. Le traitement consiste en l'administration d'un médicament antiparasitaire.

L’ankylostome

L’ankylostome vit dans le duodénum (la partie initiale de l'intestin grêle) et se compose de deux espèces : Ankylostoma duodenale et Necator americanus.

Il sévit principalement dans les contrées chaudes et humides, comme les tropiques, où les œufs bénéficient d’un environnement propice pour se transformer, dans le sol, en larves microscopiques.

La contamination se produit essentiellement à travers la peau lorsqu'elle entre en contact avec le sol humide (pieds nus dans la boue, par exemple), mais le ver peut aussi être ingéré (aliments souillés). L’ankylostome adulte mesure quelques centimètres et s’accroche avec sa bouche à la muqueuse de l’intestin grêle pour en sucer le sang.

Le risque majeur de complication réside dans une anémie, qui menace surtout les enfants et les femmes enceintes.

Le diagnostic est posé par une analyse des selles et l'administration d'un antiparasitaire s'avère efficace.

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L’oxyure

Enterobius vermicularis est un parasite digestif très fréquent, notamment chez l'enfant.

Le ver adulte ne mesure que quelques millimètres. Il est très actif le soir, lorsque les femelles migrent vers l’anus pour y déposer leurs œufs, ce qui provoque des démangeaisons intenses. Les troubles intestinaux sont assez fréquents. Très collants, les œufs peuvent s'accrocher sous les ongles des mains, avec un risque réel de ré-infestation si l'on porte ses doigts à la bouche. Les objets usuels, le linge et les vêtements peuvent également être contaminés.

Le mode principal de transmission renvoie donc à une mauvaise hygiène, en particulier des mains. Ici aussi, le diagnostic est posé par la recherche d'oeufs dans les selles. Un prurit anal doit faire penser à la présence d'oeufs d'oxyure. Un médicament antiparasitaire vient à bout ce ver.

Les vers plats (cestodes)

Les principaux vers plats susceptibles de se retrouver dans les intestins de l’être humain sont le ténia du bœuf et le ténia du porc.

Le ténia du bœuf (ténia bovin)

Taenia saginata se transmet par la consommation de viande de bœuf crue ou insuffisamment cuite. En raison de contrôles de plus en plus rigoureux, la contamination est devenue rare dans les pays occidentaux.

Le ver ne provoque généralement pas de gêne majeure, si ce n'est éventuellement une digestion difficile. On le décèlera par la présence aux abords de l'anus de fragments blancs de la taille d’un timbre-poste. Ces vers peuvent souiller les sous-vêtements et les draps. Le traitement est simple (antiparasitaire).

La contamination sera évitée en cuisant la viande à une température suffisamment élevée (plus de 56 °C) ou en la congelant pendant dix jours à -10 °C ou durant 24 heures à -24 °C.

Le ténia du porc (ténia porcin)

Taenia solium se transmet par la consommation de viande de porc crue ou insuffisamment cuite. Il présente les mêmes caractéristiques que le ténia du bœuf, à cette différence près que les proglottis (les segments du ver) ne sortent pas spontanément et seront donc rarement décelés.

Les infections sont devenues rares dans les pays occidentaux et concernent avant tout les régions tropicales et subtropicales.

L’échinocoque

Ce minuscule ténia est retrouvé chez le mouton, la chèvre, le bœuf, le porc ou le chien et provoque l’échinococcose cystique et l'échinoccose alvéolaire.

L’être humain peut être contaminé soit par contact direct avec les animaux porteurs, soit en ingérant de l'eau ou des aliments souillés. Les œufs se transforment en larves qui vont coloniser le foie et former une pseudotumeur au bout de plusieurs années. Les larves peuvent aussi, mais c’est plus rare, atteindre d'autres organes comme les poumons ou le cerveau.

Le seul traitement connu est l'intervention chirurgicale et/ou la chimiothérapie prolongée.

Les douves (trématodes)

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La douve du foie (Fasciola hepatica) est un trématode (une classe de vers parasites) de grande taille responsable de la fasciolose, une maladie touchant les canaux biliaires (vésicule biliaire) et le tissu hépatique (foie).

Ce ver plat est essentiellement retrouvé chez les ruminants, principalement les moutons et les bovins, dont il colonise le foie. Les oeufs sont évacués dans les excréments et contaminent l'environnement. Le premier hôte intermédiaire de la larve est un mollusque : elle se développe dans son organisme, avant de ressortir, de se fixer dans la végétation, et d'attendre son hôte définitif.

La contamination humaine se produit essentiellement par ingestion de végétaux, et en particulier de cresson. Elle peut aussi survenir lors de l'ingestion de foie contaminé. Les symptômes se traduisent par des douleurs abdominales intenses, accompagnées ou non de fièvre, des troubles digestifs, ainsi que des signes cutanés (de type urticaire). Le foie est très sensible au toucher.

Le diagnostic est posé par une analyse des selles, du sang et le cas échéant de la bile. L'échographie et le scanner peuvent fournir une contribution intéressante. Le traitement doit être conduit en concertation avec un centre spécialisé.

D'autres types de douves ont été identifiés, comme la douve de l'intestin (poisson cru, fumé ou mariné) et la douve du poumon (poisson et crabe d'eau douce, homard des rivières), et toujours lorsque les aliments sont insuffisamment cuits.

La toxocarose et la trichinose

La toxocarose

Cette maladie est causée par les larves de la famille des toxocaridae qui évoluent dans l’intestin grêle du chien et du chat.

Ces parasites ne peuvent pas se développer jusqu'au stade adulte chez l'être humain, mais l'infection par des larves peut cependant occasionner un processus inflammatoire, avec de la fièvre et des manifestations allergiques (urticaire, asthme).

La contamination se produit par l'ingestion de légumes (surtout la salade) qui ont poussé dans un sol souillé par des déjections, sachant qu'une mauvaise hygiène des mains constitue aussi un facteur de risque, tout comme la fréquentation par un enfant d'un bac à sable mal entretenu.

Le diagnostic est posé après recherche d’anticorps spécifiques dans le sang. Le traitement doit être entrepris en concertation avec un centre spécialisé.

La trichinose

La trichinose (ou trichinellose) est une maladie transmise par la consommation de viande de gibier, de porc ou de cheval insuffisamment cuite.

Les larves aboutissent dans l’intestin grêle de l’être humain où elles atteignent rapidement l’âge adulte avant de se reproduire. N’étant pas évacuées par les selles, elles provoquent des troubles intestinaux et peuvent migrer vers d'autres organes, avec gonflement du visage, douleurs musculaires, problèmes de peau, et même atteinte cardiaque. Le risque de complication est lié à la quantité de larves ingérées

Le diagnostic repose sur la recherche d'anticorps et le traitement doit être conduit en concertation avec un centre spécialisé.

La meilleure prévention repose sur la cuisson de la viande à une température suffisamment élevée ou à sa congélation pendant trois semaines à -15 °C.


publié le : 06/08/2015 , mis à jour le 08/08/2015
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