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Ménopause artificielle, naturelle ou précoce : quelles différences ?
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Entre 45 et 55 ans environ, la plupart des femmes entrent dans une nouvelle phase de leur vie : la transition ménopausique. Les ovaires cessent peu à peu de produire les œstrogènes et la progestérone nécessaires au maintien des cycles menstruels. Ce phénomène entraîne l'arrêt définitif des règles – la ménopause – et la fin de la fertilité. Dans certains cas, la ménopause peut apparaître de manière précoce (ménopause précoce) ou être induite par un traitement ou une chirurgie (ménopause artificielle).
Paula Kragten, experte "menstruelle" et rédactrice fondatrice du magazine en ligne Period ! nous aide à comprendre la ménopause et ses manifestations.
Périménopause, préménopause, postménopause
La ménopause
Au sens médical strict, la ménopause est confirmée lorsqu'une femme n’a plus eu ses règles pendant 12 mois consécutifs, en l’absence d’autre cause (grossesse, trouble hormonal, traitement, etc.). Elle correspond donc à la fin définitive des cycles menstruels.
Ce phénomène est lié à la diminution progressive, puis à l’arrêt, de la production par les ovaires de deux hormones clés : les œstrogènes et la progestérone.
La préménopause
Il existe une confusion entre préménopause et périménopause. Les deux termes sont souvent utilisés comme synonyme.
En Belgique, la préménopause désigne la phase juste avant la ménopause. Elle dure en moyenne 4 ans, mais peut se prolonger entre 6 à 10 ans. C’est au cours de cette phase que les hormones commencent à fluctuer. Les ovulations deviennent moins régulières, les cycles changent et les premiers symptômes peuvent apparaître.
Les symptômes de la préménopause sont bien connus cycles irréguliers, règles plus ou moins abondantes, bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, fatigue, troubles du sommeil, baisse la libido, sécheresse vaginale, sautes d'humeur, irritabilité...
La périménopause
Le suffixe « pré » signifie « avant ». Le suffixe « péri » signifie « autour ». La périménopause correspond donc à la période autour de la ménopause qui comprend :
- Les années précédant la ménopause – la préménopause : début des irrégularités menstruelles, bouffées de chaleur, variations hormonales
- La ménopause elle-même, définie rétrospectivement après 12 mois consécutifs sans règles.
- La première année suivant la ménopause.
Elle dure en général 4 à 10 ans et correspond à la période où les symptômes sont souvent les plus intenses.
La postménopause
La postménopause désigne la période qui commence après la ménopause, c’est-à-dire après 12 mois sans règles. Une femme est alors considérée comme postménopausée pour le reste de sa vie. Durant cette période, des symptômes de la périménopause peuvent encore persister.
Comme la production d'œstrogènes diminue d'environ 80 % après la ménopause, certaines femmes peuvent encore ressentir des symptômes postménopausiques de manière durable : une sécheresse des muqueuses et de la peau, des irritations intimes, des douleurs lors des rapports sexuels, une envie fréquente d'uriner, des infections urinaires... Cette période s’accompagne également d’un risque accru d'ostéoporose et de maladies cardiovasculaires.
Voir aussi l'article : Ménopause ou périménopause : comment s'y retrouver ?
1. La ménopause naturelle
La ménopause naturelle survient progressivement avec l’âge, lorsque les ovaires produisent de moins en moins d’hormones. Dans les pays occidentaux, l’âge moyen se situe autour de 51 ans, mais la ménopause peut survenir un peu plus tôt ou un peu plus tard sans que cela soit forcément anormal.
Plusieurs éléments peuvent influencer l'âge de la ménopause :
- La génétique. L’âge de la ménopause a souvent une composante familiale. Il n’est pas rare qu’une femme soit ménopausée à un âge proche de celui de sa mère ou de ses sœurs.
- Le tabac. Le tabagisme est associé à une ménopause plus précoce, parfois de 1 à 2 ans plus tôt.
- Certains traitements ou antécédents médicaux. Certaines interventions ou maladies peuvent aussi avancer le moment de la ménopause, même lorsqu’il ne s’agit pas d’une ménopause artificielle au sens strict : des maladies auto-immunes (thyroïdite de Hashimoto, le diabète de type 1, la maladie de Crohn...), des infections virales, l'endométriose...
- La pilule contraceptive. La pilule ne retarde pas la ménopause, mais elle peut masquer certains signes de la transition, comme les cycles irréguliers ou certaines bouffées de chaleur. Cela peut parfois rendre le repérage de la périménopause moins évident.
Voir aussi l'article : Comment retarder l'âge de la ménopause ?
2. La ménopause artificielle
On parle de ménopause artificielle — ou de ménopause induite — lorsque l’arrêt de la fonction ovarienne n’est pas naturel, mais provoqué par un traitement médical ou une chirurgie. Elle peut survenir de manière brutale, avec des symptômes parfois plus marqués que lors d'une ménopause naturelle.
Les principales causes de ménopause artificielle sont :
- L'ovariectomie. L'ablation des deux ovaires induit une ménopause immédiate brutale accompagnée de lourds symptômes. Lorsqu'un seul ovaire est conservé, il n'y a pas de ménopause précoce.
- L'hystérectomie. L'ablation de l'utérus n'influence pas l'activité des ovaires et ne provoque pas de ménopause artificielle. Cependant, la femme n'aura plus de règles. L'absence de saignement peut rendre plus difficile l'identification du moment exact de la ménopause.
- Des ovaires endommagés à la suite d'une chimiothérapie ou d'une radiothérapie. Tout dépend du degré de l'atteinte ovarienne. Si elle est massive, une ménopause brutale surviendra (avec de symptômes prononcés). Si elle l'est moins, la transition ménopausique de déroulera de manière plus progressive, avec des manifestations moins sévères.
Dans le cas d'une ménopause artificielle, la production d'œstrogènes s'arrête de manière brutale. La ménopause et ses symptômes apparaissent brusquement. Dans ce cas , il n'y a pas de phase de préménopause. Ce qui expose les femmes à des risques accrus de souffrir d'une maladie cardiovasculaire et d'ostéoporose.
Voir aussi l'article : Cancer de l'ovaire : les risques et les symptômes
3. Ménopause précoce ou insuffisance ovarienne prématurée (IOP)
La ménopause survient chez la femme autour de 51 ans (âge moyen). Plus largement, elle peut se produire entre 40 ans et 60 ans. Mais chez 1 femme sur 100, la ménopause et ses symptômes surviennent avant l'âge de 40 ans. On parle alors de ménopause précoce ou plus précisément d'insuffisance ovarienne prématurée (IOP).
Dans l’IOP, les ovaires ne s’arrêtent pas toujours complètement et définitivement. Les règles peuvent devenir très irrégulières, puis parfois réapparaître, et une ovulation occasionnelle reste parfois possible.
Les symptômes ressemblent souvent à ceux de la ménopause : absence ou irrégularité des règles, bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale, troubles du sommeil, baisse de libido ou encore difficultés à concevoir. Dans certains cas, l’IOP est liée à une cause génétique, une maladie auto-immune, une chirurgie ovarienne, une chimiothérapie ou une radiothérapie. Mais chez de nombreuses femmes, aucune cause précise n’est retrouvée.
Il est important de consulter, car une baisse des œstrogènes à un âge plus jeune peut avoir des conséquences sur la fertilité, mais aussi sur la santé osseuse et cardiovasculaire. Une prise en charge adaptée permet souvent de soulager les symptômes et de mieux protéger la santé à long terme.
Voir aussi l'article : Ménopause précoce : causes, symptômes et conséquences















