- dossierMaux de ventre inexpliqués chez l’enfant, une adénolymphite mésentérique ?
- nieuwsVoyage en 3D dans le corps humain : quand la réalité virtuelle révolutionne les cours d’anatomie
- dossierDouleur au genou après une chute : la contusion ou l’entorse
- dossierPeut-on prévenir ou atténuer les varices ?
Syndrome de la fesse morte : fesses engourdies en position assise prolongée
- Qu’est-ce que le syndrome de la fesse morte ?
- Syndrome de la fesse morte : rester trop longtemps assis
- Quels sont les symptômes du syndrome de la fesse morte ?
- Le syndrome de la fesse morte est-il dangereux ?
- Comment réveiller vos muscles fessiers ?
- Comment pouvez-vous prévenir le syndrome de la fesse morte ?
- Quand consulter le médecin ?
dossier
Au travail, en voiture, le soir dans le divan… Nous passons tous beaucoup trop de temps assis, sans bouger. Cet excès de sédentarité pourrait mener au syndrome de la fesse morte. Si le terme peut paraître comique, les symptômes le sont beaucoup moins : sensation de raideur dans le bassin, engourdissement des fesses ou encore douleurs chroniques aux hanches ou dans le bas du dos. Comment réveiller les muscles « endormis » ?
Qu’est-ce que le syndrome de la fesse morte ?
Le syndrome de la fesse morte n’est pas un diagnostic médical officiel mais un terme usuel pour ce que médecins et kinésithérapeutes appellent la tendinopathie du gluteus medius (muscle glutéal moyen). Ce muscle pyramidal relie l’os coxal au fémur. Il occupe un rôle essentiel dans la stabilité du bassin, nous permet de marcher correctement et soutient le dos comme les genoux. Nous utilisons donc le glutéal moyen bien plus souvent que nous le pensons. Le tendon peut s’irriter ou être surchargé si le muscle manque de tonus.
Mais lorsque vous restez longtemps assis, c'est tout le contraire qui se produit : vos muscles fessiers sont à peine sollicités. Ils restent étirés et inactifs pendant une longue période. Au fil du temps, ils réagissent moins bien quand nous en avons besoin. D'autres muscles tentent de compenser, mais ils ne sont pas toujours conçus pour cela. Cela entraîne des phénomènes de surcharge et des douleurs. On parle alors familièrement de « fesses endormies » ou de « fesses mortes », comme si vos muscles avaient temporairement « oublié » comment fonctionner.
Syndrome de la fesse morte : rester trop longtemps assis
© Getty Images
La station assise prolongée est la principale cause du syndrome de la fesse morte. Notre style de vie sédentaire en est donc la principale cause. Nous travaillons, nous nous déplaçons en et nous nous détendons même position assise. Les muscles des fesses sont donc moins actifs, la stabilité des hanches diminue et le bas du dos et les genoux sont soumis à une tension accrue. Ce processus est également connu sous le nom d’inhibition musculaire (ou amnésie des muscles). Les muscles, en quelque sorte, « oublient » comment se contracter efficacement.
Autres causes du syndrome de la fesse morte
La station assise prolongée constitue la principale cause du syndrome de la fesse morte mais ce n’est pas la seule. Un manque d’exercice physique, une faiblesse des muscles des fesses et des hanches, la pratique unilatérale d’un sport (par exemple courir beaucoup sans renforcement musculaire), une mauvaise posture ou une intensification soudaine de l'entraînement peuvent également jouer un rôle. Il s’agit souvent d’une combinaison de facteurs, la position assise prolongée restant le fil rouge.
Voir aussi l'article : Lombalgie (mal de dos): causes, durée, traitements, à ne pas faire
Quels sont les symptômes du syndrome de la fesse morte ?
Les symptômes apparaissent souvent progressivement. Au début, beaucoup de personnes pensent souffrir d’un simple mal de dos ou de raideurs musculaires après être restées longtemps assises. Mais lorsque la douleur persiste, s’étend à la hanche ou au genou, ou s’accompagne d’une faiblesse musculaire, cela peut évoquer un syndrome de la fesse morte
Les symptômes typiques de la fesse morte :
- Douleur profonde dans la fesse ou sur le côté externe de la hanche
- Douleurs lombaires
- Douleur pouvant irradier vers la cuisse ou le genou
- Engourdissement ou perte de sensation dans la fesse (hypoesthésie)
- Faiblesse des muscles fessiers
- Raideurs après une position assise prolongée
- Douleur en montant les escaliers, en courant ou en marchant
- Difficulté à maintenir l'équilibre debout en appui sur une jambe
- Sensation d’instabilité du bassin
- Douleur en position couchée sur le côté
- Sensibilité ou gêne au toucher sur le côté de la hanche
La douleur se situe fréquemment sur le côté externe de la hanche, juste au-dessus de la fesse, mais elle peut aussi être ressentie directement dans la fesse et parfois descendre le long de la jambe.
Le syndrome de la fesse morte est-il dangereux ?
Non, le syndrome de la fesse morte n’est pas dangereux. Il n’entraîne aucun dommage irréversible aux organes et n’engage pas le pronostic vital. Cela ne signifie pas que vous devez l’ignorer. Si vous ne faites rien, les symptômes peuvent devenir chroniques. Votre perte de stabilité va surcharger d’autres articulations, comme les genoux et le bas du dos. Si vous êtes très sportif, vous vous exposez à des blessures.
Plus important encore, le syndrome de la fesse morte est un signal d’alarme : nous passons trop de temps assis. Or, une position assise prolongée est associée à un risque accru de divers problèmes de santé. Réveiller vos fessiers vous permet de lutter contre la douleur mais aussi d’améliorer votre santé.
Voir aussi l'article : Démence chez les plus de 60 ans : la sédentarité augmente les risques
Comment réveiller vos muscles fessiers ?
Si vous souffrez d’engourdissement aux fesses, vous pouvez y remédier facilement vous-même. La solution repose sur deux choses : réduire le temps passé assis et réactiver vos muscles fessiers.
1. Interrompez les stations assises prolongées
Essayez de ne pas rester assis plus de 30 à 60 minutes sans interruption. Levez-vous régulièrement, étirez-vous ou effectuez une brève promenade. Vous avez un travail de bureau ? Il existe des bureaux qui permettent de travailler assis et debout. Même de brèves pauses peuvent être utiles.
2. Activez et renforcez vos muscles fessiers
Ces exercices simples peuvent réveiller et renforcer le muscle glutéal moyen :
- Glute bridge (pont) : allongez-vous sur le dos, genoux fléchis, et poussez vos hanches vers le haut tout en contractant consciemment vos fessiers
- Clamshell : allongez-vous sur le côté, genoux fléchis, et ouvrez le genou du dessus tout en gardant les pieds joints.
- Lever latéral de jambes : levez la jambe du dessus bien droite en étant allongé sur le côté.
- Monster walk avec élastique de résistance : faites un pas de côté pour vous mettre en position de léger squat, avec une bande élastique autour des genoux ou des chevilles, effectuez des déplacements latéraux. L’élastique doit toujours être légèrement tendu.
Effectuez ces exercices lentement et de manière contrôlée. La qualité prime sur la rapidité. En cas de doute sur la bonne exécution des mouvements ou si les symptômes persistent, il peut être utile de consulter un physiothérapeute.
Voir aussi l'article : Syndrome douloureux du grand trochanter : douleurs sur le côté de la hanche
Comment pouvez-vous prévenir le syndrome de la fesse morte ?
Mieux vaut prévenir que guérir. La prévention du syndrome de la fesse morte passe par une activité physique régulière et variée :
- Alternez régulièrement station assise, debout et mouvement
- Bougez au moins 30 minutes par jour
- Combinez cardio et musculation, en accordant une importance particulière aux muscles des fesses et des hanches
- Si vous vous adonnez beaucoup à la course ou au vélo, effectuez des exercices de musculation des fessiers pour éviter toute surcharge
- Surveillez votre maintien
Quand consulter le médecin ?
Si vous bougez régulièrement, passez moins de temps en position assise et effectuez les exercices mentionnés ci-dessus, vous pouvez normalement maintenir le syndrome de la fesse morte sous contrôle. Si les douleurs persistent, s’aggravent ou si vous craignez la présence d’un autre problème, mieux vaut consulter le médecin. Il peut poser un diagnostic correct et vous adresser à un spécialiste si nécessaire.















