Pourquoi et comment vider complètement sa vessie ?

dossier La rétention urinaire se caractérise par l’incapacité d’uriner spontanément ou de vider complètement votre vessie lorsqu’elle est pleine. Ce problème peut engendrer des infections et de l'incontinence. Il est important d'adopter la bonne position et de bonnes habitudes pour préserver son système urinaire. Voici des conseils pour bien vider sa vessie.

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Qu'est-ce que la rétention urinaire ?

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La rétention urinaire désigne l'incapacité d'uriner ou de vider complètement sa vessie. Elle peut survenir soudainement, on parle alors de rétention urinaire aiguë, ou se développer progressivement : c'est la rétention urinaire chronique.

La rétention aiguë d'urine est une urgence médicale : elle se définit comme une incapacité brutale et douloureuse d'uriner malgré une envie impérieuse. Elle nécessite une prise en charge immédiate.

La rétention urinaire peut également être obstructive ou non obstructive. Dans la forme obstructive, un obstacle physique gêne l'écoulement de l'urine dans les voies urinaires, par exemple des calculs rénaux. La rétention urinaire non obstructive est généralement due à une faiblesse du muscle de la vessie ou à un dysfonctionnement nerveux.

Causes de la rétention urinaire

  • La rétention urinaire est plus fréquente chez les hommes. Elle est souvent obstructive et causée par des problèmes de prostate, comme une augmentation de son volume (hypertrophie bénigne) ou par un rétrécissement de l’urètre qui empêche l’urine de s’écouler correctement. 
  • Chez les femmes, un affaissement des organes du bassin (appelé prolapsus) peut aussi bloquer l’écoulement de l’urine. Une rétention urinaire post-partum peut également survenir dans les 6 heures après un accouchement.
  • Certains médicaments peuvent être en cause, notamment aux effets « anticholinergiques », dont certains antidépresseurs, antihistaminiques, antispasmodiques ou bronchodilatateurs. 
  • Des troubles nerveux de la vessie peuvent également expliquer cette rétention, par exemple en cas de diabète, de sclérose en plaques ou de maladie de Parkinson.

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Pourquoi faut-il vider complètement votre vessie ?

Vider entièrement sa vessie est important pour plusieurs raisons :

  • Prévention des infections des voies urinaires : l’urine qui stagne dans la vessie constitue un terrain propice à la prolifération des bactéries. Elle augmente donc le risque d’infection de la vessie; voire d'atteinte rénale.
  • Risque d’incontinence : une vidange insuffisante répétée peut dilater la paroi de la vessie et affaiblir ses muscles (vessie paresseuse), augmentant le risque d’incontinence urinaire.
  • Protéger les reins : si la vessie n'est pas vidée à temps, la pression peut faire remonter l'urine vers les reins et les endommager, pouvant conduire à une insuffisance rénale.
  • Prévenir des visites trop fréquentes aux toilettes : lorsque la vessie est complètement vidée à chaque miction, vous pouvez espacer les visites aux toilettes, ce qui réduit la sensation d'urgence et augmente donc le confort.

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Quels sont les symptômes de la rétention urinaire ?

Les symptômes dépendent de la forme de rétention urinaire dont vous souffrez. En cas de rétention aiguë, vous ne pouvez subitement plus uriner et la dilatation de la vessie est douloureuse. Vous pouvez souffrir de maux de ventre intense et d’un besoin douloureux d’uriner sans y parvenir. Il s'agit d'une urgence médicale.

En cas de rétention est chronique, la vidange reste possible mais incomplète. Toutefois, l'accumulation répétée d'urine dans la vessie affectent le bon fonctionnement des muscles vésicaux. Les symptômes apparaissent progressivement :

  • Gonflement de l’abdomen et sensation de pression
  • Besoin de pousser ou de forcer pour commencer à uriner.
  • Jet d’urine faible, lent ou haché
  • Besoin constant d’uriner de faibles quantités
  • Légères fuites urinaires durant la journée
  • Mictions fréquentes, y compris la nuit (plus de deux fois par nuit)
  • Impossibilité de sentir quand la vessie est pleine.

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Comment diagnostiquer une vidange incomplète de la vessie ?

 Les médecins mesurent le volume d'urine restant dans la vessie après la miction (appelé résidu post-mictionnel) à l'aide d'une échographie ou d'un cathéter. Si ce volume dépasse environ 120 millilitres, une rétention urinaire est diagnostiquée.

Comment bien vider sa vessie ?

Pour favoriser une vidange complète de la vessie, il est recommandé de prendre son temps et de s’installer confortablement et détendu. 

1. Position assise pour tous

L'objectif est de relâcher au maximum les muscles du périnée. Pour les femmes, comme pour les hommes, il est conseillé de :

  • s'asseoir en se penchant légèrement vers l'avant, les avant-bras sur les cuisses ;
  • garder les pieds à plat sur le sol (un petit marchepied peut aider si la cuvette est trop haute) ;
  • écarter les genoux.

Il peut être bénéfique de se balancer d'un côté à l'autre, car cela peut favoriser une meilleure vidange de la vessie.

Attention dans les toilettes publique, faire pipi sans toucher la planche provoque la contraction des muscles pelviens et empêche de vider complètement la vessie.

2. Ne poussez pas

Il est déconseillé de pousser volontairement avec les muscles abdominaux pour uriner. Cela peut, à long terme, fatiguer le plancher pelvien et nuire à la fonction urinaire.

La miction normale repose sur un principe simple :

  • la vessie se contracte
  • le plancher pelvien et les sphincters se relâchent

Plutôt que de pousser, il vaut mieux :

  • respirer calmement,
  • relâcher son périnée, 
  • prendre le temps.
  • faire couler de l'eau peut aider à évacuer l'urine.

3. La double miction peut aider en cas de rétention

La double miction consiste à uriner, puis à attendre environ 20 à 30 secondes, voire 1 à 2 minutes avant d’essayer d’uriner à nouveau. Vous pouvez vous pencher légèrement plus pour la deuxième miction.

Variante : Levez-vous et marchez 10 secondes avant de vous rasseoir sur les toilettes pour la deuxième miction.

Cette technique peut aider certaines personnes à mieux vider leur vessie, notamment en cas de vidange incomplète ou si la vessie ne semble pas complètement vide. Elle est souvent utilisée en rééducation ou en urologie fonctionnelle. Attention toutefois, la double miction est déconseillée dans certains cas (hyperactivité vésicale, habitude d'uriner par précaution). Discutez-en avec votre médecin.

4. Évitez de contracter volontairement les muscles pelviens pendant la miction

Il ne faut pas contracter volontairement les muscles du plancher pelvien pendant la miction. La contraction de ces muscles freine l'écoulement de l'urine et s'oppose au mécanisme naturel de vidange. L'objectif est au contraire un relâchement complet.

En revanche, une fois la vessie vidée, certains exercices de contraction/relâchement (type exercices du plancher pelvien ou de Kegel) peuvent être utiles pour renforcer ces muscles, notamment en cas d’incontinence ou de troubles urinaires.

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Quand consulter ?

Toute difficulté persistante à uriner ou sensation de vessie incomplètement vidée doit amener à consulter un médecin ou un urologue. La rétention aiguë, caractérisée par une douleur intense et une impossibilité totale de faire pipi, est une urgence médicale qui nécessite une prise en charge immédiate.

Traitements possibles

  • Auto-cathétérisme : Il s'agit d'insérer une sonde stérile dans l'urètre pour vider la vessie. Cette opération est normalement effectuée sous la supervision d'un membre du personnel médical.
  • Kinésithérapie pelvienne :  un kinésithérapeute spécialisé vous apprend à mieux utiliser, et surtout à mieux relâcher, les muscles du plancher pelvien pour faciliter la miction.
  • Traitements médicamenteux : selon la cause, votre médecin peut prescrire des médicaments pour détendre les muscles entourant la vessie ou d'apporter une solution en cas d'obstruction (par exemple en cas d'hypertrophie prostatique).
  • Neuromodulation : dans de nombreux cas, la neuromodulation permet d’atténuer les symptômes. Un neurostimulateur agit sur les nerfs via des signaux électriques envoyés par un neurostimulateur.
  • Chirurgie : lorsque la cause est obstructive (sténose, hypertrophie prostatique sévère, prolapsus), une intervention chirurgicale peut être envisagée.


Voir aussi l'article : Infection urinaire : les conseils contre les récidives

Sources :
https://www.gezondheidenwetenschap.be
https://www.asz.nl
https://www.abena.nl
https://www.cuh.nhs.uk

auteur : Olivia Regout - journaliste santé

Dernière mise à jour: avril 2026

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