La laparoscopie

Dernière mise à jour: mars 2011 | 45974 visites

dossier La laparoscopie est une chirurgie exploratoire au cours de laquelle le médecin analyse la cavité abdominale à l’aide d’un laparoscope. Il s’agit d’un fin tuyau, très long muni en son extrémité d’une caméra. Au cours de cet acte chirurgical, le chirurgien peut recourir à d’autres instruments qui lui permettront d’opérer si nécessaire. Une laparoscopie est préconisée pour déterminer avec précision l’origine de diverses douleurs et plaintes ressenties au niveau de la cavité abdominale.

On parlera dans ce cas d’une laparoscopie diagnostique. S’il y a traitement après diagnostic (toujours sous la même anesthésie), on parlera de laparoscopie thérapeutique. La laparoscopie permettra également de choisir d’autres méthodes opératoires plus appropriées.

La laparoscopie diagnostique

Elle est très fréquente en gynécologie mais également au niveau du foie, de la vésicule biliaire, de la rate, des parois abdominales, de l’intestin grêle, du gros intestin.

Les plaintes gynécologiques

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En gynécologie, la laparoscopie permet de poser un diagnostic sur des douleurs abdominales, durant les règles ou encore concernant des problèmes de stérilité.

Lorsque la grossesse se fait attendre
Le gynécologue peut préconiser une laparoscopie diagnostique si le désir d’enfanter est important mais non couronné de succès. On regardera les cas d’endométriose, de trompes de Fallope bouchées, d’infections ou même de salpingite, la perméabilité tubaire etc.

La grossesse extra-utérine
Dans ce cas, la grossesse ne se déroule pas dans l’utérus comme c’est normalement le cas mais dans l’une des trompes. A l’échographie, on n’observera pas de grossesse dans l’utérus alors que les règles seront absentes et que la concentration sanguine en hcg est en constante augmentation. En cas de doute, le gynécologue prescrira une laparoscopie diagnostique pour toute certitude. Si le diagnostic est établi pour une grossesse extra-utérine, le gynécologue optera pour une laparoscopie opérative qui se passera au cours de la même intervention.

Les adhérences
Suite à de précédentes opérations ou à une endométriose, des adhérences peuvent également être découvertes et traitées. Il en va de même pour les fibromes gynécologiques.

Des douleurs soudaines dans le bas du ventre

Si vous souffrez progressivement en quelques heures voire quelques jours d’une douleur soudaine, aiguë dans le bas du ventre, diverses causes sont possibles. Un diagnostic par laparoscopie s’impose.

Il peut s’agir de plaintes d’origine psychosomatique mais aussi d’une appendicite qui faudra opérer sur le champ ou encore d’une torsion aiguë et soudaine de l’un des ovaires ou encore d’une hémorragie ovarienne à moins qu’il ne s’agisse d’une inflammation des trompes de Fallope.

Des douleurs de longue durée

Des douleurs chroniques au niveau abdominal sont un motif de laparoscopie diagnostique. Le gynécologue découvrira parfois un ovaire qui aura fortement grossi ou encore une endométriose. D’autres facteurs, même psychosomatiques, peuvent expliquer de telles plaintes. Parfois, il n’y aura aucun signe clinique et le gynécologue aura fait procéder à une laparoscopie pour rien !

B>Examen pré-opérationnel en cas de tumeurs cancéreuses
C’est particulièrement important pour préparer une autre opération plus conséquente en cas de tumeurs cancéreuses ou lors de l’ablation d’un organe, en présence de métastases à d’autres organes. On découvre ainsi facilement des métastases au niveau du foie et des glandes lymphatiques qui n’étaient pas visibles via CT Scan, radio ou échographie. On parvient à bien observer le foie, le pancréas, l’estomac, l’œsophage. On peut également procéder à des biopsies.

De l’eau dans la cavité abdominale
L’ascite peut avoir de nombreuses causes. Via laparoscopie on peut découvrir quelles sont les causes qui justifieraient l’apparition d’eau dans la cavité abdominale. Cela peut être le cas lors d’une cirrhose du foie causée par une hépatite, une maladie ou un abus d’alcool. La laparoscopie peut indiquer le degré de gravité de la pathologie.

Traumatismes abdominaux
Lorsqu’on craint qu’il y ait une lésion au niveau des viscères par exemple après un accident, un diagnostic par laparoscopie peut donner des informations précises quant à l’étendue des lésions. Les divers organes présents au sein de la cavité abdominale peuvent être attentivement observés : foie, rate, pancréas, estomac etc. Et le praticien peut ainsi découvrir des éventuelles déchirures, érosions, des hémorragies.
Tout dépendra de la sévérité des lésions et de l’état général du patient pour décider du mode opératoire réparateur qui suivra.

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Des douleurs au ventre
Via laparoscopie, le praticien peut examiner en profondeur tous les organes présents dans la cavité abdominale. Il peut parfois être question d’une appendicite, d’une maladie inhérente au système gynécologique ou reproducteur, d’une inflammation de la vésicule biliaire avec des calculs biliaires, de diverticules, d’une infection urinaire, d’une inflammation de l’intestin grêle mais aussi de douleurs chroniques qui seront d’origine psychosomatique par exclusion de diagnostic.

Comment se déroule une laparoscopie ?

Une laparoscopie se déroule presque toujours sous anesthésie générale.
Le patient sera à jeun. Une vessie vide offrira davantage d’espace pour la laparoscopie. C’est la raison pour laquelle une sonde urinaire sera mise en place. Le chirurgien pratique une incision d’un centimètre sous le nombril. Il acheminera par cet espace un fin tuyau très long muni d’une caméra qui permettra de visualiser la cavité abdominale.
La cavité abdominale sera par ce canal remplie de gaz carbonique afin d’augmenter encore davantage le volume de la cavité abdominale pour faciliter le travail d‘observation. Les instruments seront, quant à eux, introduits dans la cavité abdominale via 2 petites incisions pratiquées au niveau de l’aine. Afin de pouvoir bouger l’utérus en cours de laparoscopie, le gynécologue introduira via le vagin un instrument dans la cavité utérine.
L’utérus pourra ainsi être empli de colorant qui permettra de visualiser certaines pathologies comme par exemple les trompes bouchées. Une laparoscopie diagnostique dure environ 30 minutes. En fin d’examen, le gaz carbonique sera expulsé de la cavité abdominale. Les incisions seront refermées à l’aide de petites sutures.

Après l’opération
La sonde urinaire sera très rapidement retirée. Vous pourrez souffrir de douleurs abdominales et aux épaules, c’est dû au gaz qui a été insufflé. Ce gaz carbonique sera éliminé par les poumons. Dès que vous pourrez quitter l’hôpital, veillez à ce quelqu’un vienne vous chercher car conduire vous sera interdit durant au moins 48h.

A la maison
Il faudra compter quelques jours de convalescence. Un repos intégral est conseillé. Vous pourrez reprendre vos activités professionnelles après une semaine mais il ne faut néanmoins pas forcer sur les activités ménagères voire violentes.

La laparoscopie thérapeutique

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De nos jours, la quasi-totalité des opérations concernant le système digestif et les organes de la cavité abdominale peuvent se dérouler sous laparoscopie. Les avantages sont considérables : nettement moins de douleurs postopératoires, des risques d’infection réduits liés à de grandes cicatrices, une convalescence de moins longue durée et une durée d’hospitalisation nettement plus courte.
On constate aussi une diminution des infections pulmonaires et une meilleure et plus rapide stimulation des fonctions intestinales et gastriques. La perte de sang en cours d’opération est réduite. Le résultat cosmétique n’est pas négligeable.
Des opérations pratiquées en urgence ne seront que rarement effectuées sous laparoscopie. Il en ira de même en cas d’inflammation des parois intestinales.
Autre avantage : le chirurgien opère d’abord dans un but de diagnostic et en cours d’opération il pratiquera les gestes chirurgicaux qui s’imposent pour - si c’est possible – traiter la pathologie découverte.

Quand la laparoscopie peut-elle être efficace ?

Notamment pour enlever des calculs à la vésicule biliaire, lors d’une appendicite (notez que lorsqu’il y a une complication comme par exemple une péritonite, la laparoscopie ne sera pas possible), des opérations de l’estomac et de l’intestin notamment des diverticules, des problèmes au niveau du sigmoïde, des colites ulcéreuses, des complications à la maladie de Crohn, une réduction de l’estomac en cas de surcharge pondérale, l’ablation d’hernie, de polype au niveau de l’estomac mais aussi de l’intestin grêle ou du gros intestin.

La laparoscopie est également indiquée pour détacher des adhérences qui apparaîtraient dans la cavité abdominale suite à de précédentes opérations ou à des inflammations. Elle permet également une correction au niveau des hernies inguinales et bien entendu au niveau gynécologique dans le cas d’une endométriose, d’une hystérectomie, d’un kyste ovarien.
On préconise aussi la laparoscopie pour l’ablation d’un ovaire sain en cas de cancer du sein afin d’éviter la production d’hormones féminines qui sont néfastes pour ledit cancer et qui sont produits au sein des ovaires.

Egalement en cas de salpingite ou encore de grossesse extra-utérine. Voir notre dossier sur l’hystérectomie. Sans oublier l’incontinence urinaire suite à un accouchement, à une précédente opération ou à une descente de vessie.
On peut aussi procéder via laparoscopie à une ligature des trompes ou stérilisation des trompes ou encore procéder à l’ablation de l’utérus.

Risques et complications

On évite avec la laparoscopie une cicatrice abdominale importante et ce n’est pas négligeable ! Pour des raisons inflammatoires ou techniques, toutes les opérations de la cavité abdominale ne peuvent être réalisées via laparoscopie. Il s’agit de toujours garder à l’esprit que même en choisissant pour une laparoscopie, le type de chirurgie peut changer en cours d’intervention suite à des modifications des conditions opératoires et ce, après que vous ayez été endormi. Vous pouvez donc vous retrouver avec une grande cicatrice sur l’abdomen alors que ce n’était pas originellement prévu.
Lors de l’opération des complications peuvent se produire. On peut observer un endommagement des voies urinaires ou des intestins. Chaque anesthésie apporte son lot de risques. Suite à la sonde urinaire, on observe fréquemment des infections urinaires postopératoires. C’est douloureux mais facilement traité sous antibiotiques. Le risque d’une hémorragie n’est jamais exclu et une seconde opération est parfois nécessaire dans ce cas mais cette fois via une incision classique. Un risque d’infection ou de thrombose n’est jamais exclu mais c’est le cas pour toute opération. Une hernie sur la cicatrice peut bien entendu avoir lieu à long terme.

Après l’opération
Les soins apportés après une laparoscopie thérapeutique sont les mêmes en surface que pour une laparoscopie diagnostique. La durée d’hospitalisation et la convalescence dépendra de l’état général, de la gravité des lésions voire de l’ablation qui a eu lieu. Une convalescence de 2 à 3 semaines est un minimum mais souvent plus comme par exemple lors d’une hystérectomie par exemple.
Vous pourrez vous prendre rapidement en charge mais durant les premiers jours il vous sera impossible de vous occuper d’une famille ou de tâches ménagères. Les plaies peuvent suinter. Cela peut durer quelques jours voire quelques semaines. Les sutures sont en général faites à base de fils qui s’autodégradent au bout d’une semaine voire plus. Dès que les plaies suintent, il faudra appliquer des compresses de gaze stérile et veiller à une hygiène et une désinfection quotidiennes irréprochables.
On déconseille généralement tout rapport sexuel durant les 6 premières semaines qui suivent l’opération surtout s’il s’agit d’une opération gynécologique. S’il n’y pas de cicatrice au niveau d es organes sexuels et/ou reproducteurs, les relations sexuelles pourront avoir lieu beaucoup plus rapidement. Le ventre restera néanmoins sensible durant quelques semaines.

En cas d’effets indésirables, de fortes douleurs, de pertes de sang, de suintements et de pus, consultez sans tarder les urgences ou un médecin.


publié le : 10/01/2011 , mis à jour le 20/03/2011
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