Comment surmonter sa peur des aiguilles ?

Dernière mise à jour: décembre 2021

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La phobie des aiguilles, ou bélonéphobie, se traduit par un sentiment de peur panique incontrôlable et irraisonné à la simple idée d’une piqûre. En ces temps de pandémie et de vaccination qui va avec, comment surmonter cette phobie ?

La phobie des aiguilles chez les adultes était un sujet assez tabou jusqu’à ce que la crise Covid la mette en lumière : jusqu’à présent, on avait l’habitude de rassurer les enfants lors des vaccins, mais en tant qu’adulte, on se doit de ne pas avoir peur d’une petite piqûre. Pourtant, la phobie des aiguilles est bien plus courante qu’on ne le pense, puisqu’elle toucherait environ 10% de la population, adultes compris. 

Peur des aiguilles vs phobie

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Il faut différencier phobie et peur. Sans aller jusqu’à la phobie, il est très courant et en fait plutôt « normal » d’appréhender les aiguilles, avec un besoin de mettre en place des stratégies simples (regarder ailleurs, se distraire...) pour pouvoir subir une simple prise de sang. Dans ce cas, la peur ou appréhension n’empêche pas l’individu de se faire vacciner ou de suivre un traitement qui nécessite des injections. 

Mais dans le cas d’une phobie, la peur est excessive, irrationnelle et incontrôlable. Elle va se traduire par des manifestations physiques : augmentation puis chute du rythme cardiaque et de la pression artérielle, pouvant conduire à l’évanouissement, suées, pleurs, raideur, tremblements... L’individu qui souffre de bélonéphobie va alors faire comme tout phobique : éviter l’objet de la phobie, et donc tout faire pour repousser un vaccin ou une prise de sang.

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Le système CARD pour surmonter la peur des aiguilles

Des médecins canadiens, menés par le Dr Anna Taddio, ont mis en place un système de gestion de la douleur et de la peur dans le cadre de la vaccination appelé CARD, pour Confort, Aide, Relaxation et Distraction. Cette méthode semble avoir fait ses preuves, et fonctionne pour tous, enfants et adultes. L’idée ? Agir avant, pendant et après la vaccination, pour transformer l’expérience pendant l’injection, mais aussi par la suite. Seule contrainte et pas des moindres : le système CARD suppose un travail en équipe, avec un personnel formé à la méthode. Cependant, certains points du système CARD peuvent aisément être repris et utilisés par tous, comme ceux-ci :  

  • Choisissez une tenue qui rendra le site d’injection facile d’accès.
  • Préparez l’attente avant l’injection, pour diminuer l’anxiété. Vous pouvez, par exemple, demander à quelqu’un de vous accompagner, préparer une série à regarder sur votre téléphone, écouter une application de méditation...
  • Informez la personne qui pique de votre phobie au préalable, et mettez-vous d'accord sur la façon dont elle va vous prévenir du moment précis de la piqûre : qu’elle compte jusqu’à 3, qu’elle vous dise « voilà je pique », ou autre.
  • Posez des questions : comment le vaccin est-il mis dans la seringue ? Est-ce que ça fait mal ? Et ensuite ?
  • Pendant l’injection : distrayez-vous en discutant avec la personne qui pique, en scrollant votre téléphone, en écoutant un podcast, une méditation ou votre musique préférée au casque, etc.
  • Relaxez-vous avec une respiration lente et profonde, fermez les yeux si vous en ressentez l’envie, visualisez quelque chose d’agréable.
  • Après l’injection, le réconfort ! Offrez-vous un petit plaisir, une séance de cinéma, de shopping, une bonne collation... Au final, c’est ce souvenir qui restera, rendant l’expérience presque positive. 

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Hypnose, EMDR, thérapies... Quelles techniques pour soigner la bélonéphobie ?

Pour les phobies envahissantes, une méthode comme le système CARD risque d’avoir ses limites. L’idéal reste alors de travailler en amont, sur la phobie :

  • L’hypnose a prouvé son efficacité dans ce type de situation. Vous devrez cependant travailler sur quelques séances avant l’injection, car il n’est pas toujours possible de bénéficier d’une hypnose le jour J. Vous pourrez cependant vous mettre en auto-hypnose lors de la piqûre, parlez-en avec votre hypno-thérapeute. 
  • Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) donnent également de bons résultats. Le principe : exposer progressivement la personne à l’objet de sa phobie. D’abord par des images mentales, puis réelles, puis en réalité virtuelle. Enfin, en lui faisant, par exemple, manipuler une seringue. Petit à petit, elle va s’habituer à l’objet, et le dédramatiser. 
  • L’EMDR, sorte de stimulation neurologique qui traite le stress post-traumatique peut grandement aider à surmonter des phobies. Le praticien vous fera raconter un événement pénible lié aux aiguilles, en effectuant des mouvements des yeux de gauche à droite (stimulation bilatérale sensorielle alternée). A ce sujet, lisez notre article : L’EMDR : une thérapie efficace et rapide pour soulager les traumatismes
  • Pas le temps avant votre prochain vaccin / prise de sang / traitement ? Dans ce cas une sédation peut aider, en dernier recours. Parlez-en à votre médecin. Pensez aussi aux crèmes anesthésiantes, type EMLA. Même si la plupart du temps, ça n’est pas la douleur qui effraie le plus les bélonéphobes, l’idée d’avoir quelque chose qui vous permettra de presque « rien sentir » peut rassurer. 

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auteur : Amélie Micoud - journaliste santé
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