Bébés : comment la voix de la maman calme la douleur

Dernière mise à jour: octobre 2021
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news Lorsque sa maman lui parle, un bébé en situation de douleur, en particulier lors d’une procédure médicale, va ressentir un certain soulagement. Ceci s’explique par une production accrue d’ocytocine, l’hormone du bien-être.

Dès leur naissance, avant 37 semaines de gestation, les bébés prématurés sont séparés de leurs parents et placés en couveuse, souvent aux soins intensifs. Ils doivent subir des interventions médicales quotidiennes nécessaires pour les maintenir en vie (intubation, sonde alimentaire, prise de sang…), qui présentent un caractère douloureux et stressant. La difficulté, c’est qu’il n’est pas toujours possible de soulager ces enfants avec des antidouleurs, car ces médicaments analgésiques peuvent entraîner des effets secondaires nuisibles, à court et à long terme, au développement neurologique. D’autres moyens existent : l’enveloppement, la contention, les solutions sucrées ou encore la succion d’une tétine.

La voix et ses modulations émotionnelles

Ces dernières années, plusieurs études ont démontré que la présence maternelle ou paternelle exerçait un véritable pouvoir apaisant sur l’enfant, notamment grâce à la voix et à ses modulations émotionnelles. C’est dans ce contexte qu’une équipe suisse (université de Genève) s’est intéressée aux effets du contact vocal précoce entre la mère et son bébé prématuré, à l’impact de la voix maternelle sur le ressenti de la douleur, et aux mécanismes impliqués dans ces processus.

Les expériences ont concerné vingt bébés prématurés, et il a été demandé aux mamans d’être présentes lors de la prise de sang quotidienne. Celle-ci a consisté en l’extraction de quelques gouttes de sang au talon. Les observations ont été réalisées en trois phases réparties sur trois jours : 1°) prise de sang sans présence de la mère, 2°) avec la maman qui parle au bébé, ou 3°) avec la maman qui chantonne. La mère commençait à parler cinq minutes avant la piqûre, pendant et encore un peu après. La douleur de l’enfant a été évaluée sur base d’une grille spécifique (Preterm Infant Pain Profile), comprise entre 0 et 21, en fonction des expressions du visage et des paramètres physiologiques (rythme cardiaque, oxygénation…).

L'hormone du bien-être

Que constate-t-on ? En moyenne, alors que la douleur se situe à 4,5 lorsque la maman est absente, elle chute à 3 lorsqu’elle parle à son bébé. Quand elle chante, le résultat est de 3,8, sans doute parce qu’en chantant, la mère adapte moins ses intonations par rapport à ce qu’elle perçoit chez son enfant.

Question : comment expliquer ce soulagement ? Les chercheurs ont procédé à un prélèvement (indolore) de salive avant et après la piqûre au talon, et ils ont constaté que le taux d’ocytocine passait de 0,8 à 1,4 picogramme par millilitre lorsque la mère parlait, ce qui est qualifié d’augmentation « significative ». Or, l’ocytocine, appelée aussi l’hormone du bien-être, a été associée au stress et à la douleur. Sa hausse semble attester d’une meilleure gestion de la douleur par le nourrisson.

En tout état de cause, ceci confirme l’influence positive de la présence de la mère lorsque les bébés subissent des pratiques médicales douloureuses, surtout dans le contexte des soins intensifs. De plus, les parents jouent un rôle protecteur, ils peuvent agir et se sentir impliqués pour aider leur enfant à aller le mieux possible, ce qui renforce les liens primordiaux de l’attachement.

Voir aussi l'article : Pourquoi tous les bébés du monde aiment-ils les berceuses ?

Source: Scientific Reports (www.nature.com/srep)
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