Une coccinelle vivante dans le côlon : la surprenante découverte lors d’une coloscopie

Dernière mise à jour: octobre 2021
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news Le corps humain recèle bien des mystères. Parmi eux, celui de retrouver des petits animaux et insectes - le plus souvent morts mais parfois vivants - dans le côlon, lors d’examens de dépistage. C’est le cas d’une coccinelle, découverte lors d’une coloscopie, se baladant tranquillement le long du côlon d’un homme de 59 ans.

Le cas a été rapporté par une équipe américaine (université du Missouri) dans un article de l’ACG Case Reports en 2019. La coccinelle a été découverte dans le côlon transversal d’un patient de 59 ans, lors d’une coloscopie de routine.

Comment la coccinelle a-t-elle survécu à la digestion?

Si ce n’est pas la première fois qu’un insecte est retrouvé dans le corps d’un être humain, observer sur un écran un animal vivant, se déplaçant le long du côlon de son patient, a de quoi décontenancer. Comment l’insecte a-t-il bien pu survivre au processus de digestion ? « Les ingestions d'insectes sont rarement signalées, mais peuvent se produire même pendant le sommeil », explique l’article. « La préparation du patient pour la coloscopie était un gallon de polyéthylène glycol le soir avant la coloscopie, et l'examen de coloscopie était par ailleurs normal. La préparation pour la coloscopie peut avoir aidé l'insecte à échapper aux enzymes digestives de l'estomac et de la partie supérieure de l'intestin grêle. »

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Lors d’une coloscopie, l’intestin doit être le plus « propre » possible pour une meilleure visualisation des parois intestinales, et permettre ainsi le dépistage d’éventuelles lésions, inflammations ou excroissances (polypes ou tumeurs). Pour ce faire, un régime spécifique est prescrit quelques jours avant l’intervention, parallèlement à la prise, la veille de l’examen, d’un laxatif sous forme liquide, pour vider les intestins. Dans notre histoire de coccinelle, il semble donc qu'elle ait été comme emportée par ce produit laxatif, échappant ainsi aux enzymes et sucs digestifs qui, en principe, sont censés décomposer les aliments.

Cette petite coccinelle, une Harmonia axyridis, espèce multicolore de type asiatique, a été importée en Amérique du Nord au début des années 1900, selon l’article de l’ACG Case Reports. Selon le médecin gastro-entérolgue Keith Siau, qui s’est amusé à rapporter plusieurs cas similaires sur Twitter, l’insecte n’a pas pu pénétrer dans le côlon via l’anus. « Pour ceux qui se demandent s'ils sont montés par le bas, la pression de repos du sphincter anal est d'environ 40 - 50 mmHg, ce qui correspond à peu près à la compression d'un bas de contention. La coccinelle ou le cafard ne vont pas pouvoir monter là-haut ! »

D’autres cas d’animaux retrouvés dans le côlon humain

Si la coccinelle est, dans l’imaginaire collectif, un petit insecte plutôt aimable, il arrive que les gastro-entérologues trouvent d’autres petites bêtes que l'on est moins enclin à imaginer dans son intestin, vivantes qui plus est. C’est ainsi que récemment, on a retiré une anguille vivante de 20 cm du côlon d’un Chinois de la province du Jiangsu. L’homme avait utilisé un remède de grand-mère bien connu dans cette région de Chine qui consiste à introduire une anguille dans l’anus pour soigner la constipation. Sauf que l’anguille glissante s’est, dans ce cas, frayé un chemin du rectum au côlon du malheureux qui a dû être opéré en urgence. 

Côté insectes, la revue Endoscopy a rapporté en 2010 le cas d’une femme de 52 ans dont le dépistage du cancer colorectal par coloscopie avait révélé la présence d’un cafard (mort) dans le côlon transversal. Les auteurs de l’article expliquent : « Les fourmis, les guêpes, les coccinelles, les abeilles et les guêpes jaunes sont parmi les autres insectes ingérés accidentellement et retrouvés à l'endoscopie, rapporte la littérature médicale. (...) Les insectes sont très probablement transportés dans le tractus gastro-intestinal par l'ingestion accidentelle d'aliments infestés ou contaminés qui servent de vecteur inanimé. Dans de nombreuses régions du monde, cependant, les blattes et autres insectes sous leurs diverses formes sont considérés comme un mets délicat »

C’est ainsi qu’en 2009, la revue Gastrointestinal Endoscopy avait fait état de la trouvaille d’une fourmi, intacte et décédée, dans le côlon d’un patient de 66 ans, toujours lors d’une coloscopie. L’homme avait expliqué que deux jours avant l’intervention, il avait pique-niqué dans un parc. Les aliments ingérés auraient donc très probablement servi de vecteur inanimé à la « fourmi malchanceuse ». 

auteur : Amélie Micoud - journaliste santé
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