Chien - homme : comment expliquer cette relation exceptionnelle ?

Dernière mise à jour: juillet 2021
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news Les liens qui unissent le chien et l’être humain sont uniques. Au fil des millénaires, une complicité d’une qualité exceptionnelle s’est créée entre eux. Et il s’avère que dès la naissance, le chiot présente des facultés étonnantes d’échange avec l’homme.

Le bébé humain développe très tôt des capacités d’interaction coopérative, notamment indispensables pour nouer des relations sociales. Ainsi, on estime qu’à 2,5 ans, un enfant présente déjà des capacités de communication coopérative bien supérieures à celles des autres primates, c’est-à-dire qu’il envoie et qu’il est capable d’interpréter des messages permettant un échange d’informations explicites dans un but coopératif. Une série d’études indiquent que le chiot bénéficie lui aussi très tôt de certaines de ces compétences, et l’une des questions consiste à déterminer les bases biologiques de ces facultés.

La part de l'apprentissage et de la génétique

Une équipe américaine (université de l’Arizona) apporte de nouveaux éléments. Ces chercheurs travaillent depuis de longues années à la compréhension de la manière dont les chiens pensent et résolvent des problèmes. Ils s’attellent aussi à cerner la manière dont ces habiletés se développent et évoluent, et dans quelle mesure l’expérience et la génétique interviennent dans ce processus.

On sait que les chiens adultes portent une grande attention à la posture de leur maître, à ses gestes et à son regard, et qu’ils interprètent ces signaux en fonction du contexte. C’est moins le cas des jeunes chiots. Néanmoins, on a observé qu’avant même d’être séparés de leur mère et de la portée, et donc de rejoindre leur nouvelle famille, ils sont capables de trouver un aliment caché (par exemple sous un gobelet opaque) en suivant la direction désignée par un être humain. Quelle est la part de l’apprentissage et de l’inné (génétique) dans cette capacité ?

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Les spécialistes américains ont réalisé des expériences impliquant quelque 400 chiots âgés de huit semaines. Ils ont effectué les mêmes tâches, permettant de déterminer leur habileté à répondre correctement à un signe humain, ici un doigt pointé dans une direction donnée. La particularité, c’est que l’arbre généalogique de tous ces chiots était connu, ce qui a permis d’établir un modèle statistique comparant les paramètres génétiques et environnementaux (apprentissage).

Dans la population des loups

Après analyse de ces données, il s’avère que leur propension à communiquer avec l’humain est déterminée à 40% par la génétique, ce qui est considérable. « Dès le jeune âge, les chiens affichent des compétences sociales similaires à l’être humain, et qui reposent sur une forte composante génétique », indiquent les auteurs. « Ceci pourrait renvoyer à un élément important de la domestication du chien, en considérant que les animaux avec une propension à communiquer avec notre propre espèce pourraient avoir été sélectionnés dans la population de loups ».

Il faut ajouter que la réactivité des chiots lors de ces expériences est fortement influencée par le fait que l’humain initie et stimule l’interaction, en particulier en adoptant ce ton caractéristique d’une voix haut perchée, avec un débit très rythmé. Les spécialistes poursuivent leurs recherches afin d’identifier les gènes spécifiques qui contribuent à ce comportement précoce, alors qu’ils explorent les différents aspects de l’environnement d’un chien susceptibles d’influencer ses habiletés sociales et cognitives.

Voir aussi l'article : Pourquoi parlons-nous « bébé » à un chien ?

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