Coup sur la tête : il faut faire très attention au risque d’AVC

Dernière mise à jour: mai 2021
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news Le risque de souffrir d’un accident vasculaire cérébral (AVC) après un traumatisme crânien augmente dans des proportions impressionnantes dans les mois qui suivent la blessure. Il est essentiel de suivre ces patients de près.

Le traumatisme crânien, ou traumatisme cranio-cérébral, est défini par un choc reçu sur la tête, et plus précisément ce qu’on appelle le neurocrâne, c’est-à-dire la partie haute contenant le cerveau. Schématiquement, on en distingue trois types : léger (sans perte de connaissance ni fracture du crâne), modéré (perte de connaissance ou fracture) et grave (coma immédiat, avec ou sans fracture).

Les causes peuvent être multiples puisque chaque situation où un coup peut être porté au crâne présente un risque. On constate néanmoins une augmentation du nombre de cas en association avec les chutes (en particulier chez les personnes âgées), la pratique sportive et les accidents de la route. D’importants progrès ont été réalisés dans la prise en charge en urgence des victimes, et ceci est notamment lié aux avancées de l’imagerie médicale qui permet d’identifier les lésions avec une grande précision (fracture, hématome, œdème, atteintes cérébrales…). Le pronostic reste cependant réservé dans les cas très sévères.

Même les traumatismes légers

Concernant les traumatismes légers à modérés, ils ne doivent certainement pas être considérés comme bénins, ni sur le moment, ni sur le long terme. Ainsi, plusieurs études ont mis en évidence une association avec le risque de développer des maladies neurologiques, dont la démence, la maladie de Parkinson et l’épilepsie. Tous les traumatismes crâniens avec troubles de la conscience, même transitoires, devraient faire l’objet d’une prise en charge immédiate et idéalement d’une surveillance pendant 24 heures. Les personnes qui subissent ce type d’accident, surtout avec perte de connaissance, ne doivent pas hésiter à contacter un médecin ou un service d’urgence.

Une équipe britannique (université de Birmingham) rappelle que le traumatisme crânien a aussi été évoqué comme facteur de risque indépendant d’accident vasculaire cérébral (AVC). Afin de cerner davantage ce lien possible, elle a croisé les résultats d’une vingtaine d’études internationales portant sur le risque d’AVC post-traumatique. Constat majeur : le traumatisme crânien, quel qu’en soit le sous-type ou la sévérité, est associé à une hausse très nette (jusqu’à 86%) du risque d’AVC dans les quatre mois qui suivent, sachant que la menace reste significative jusqu’à cinq ans plus tard.

Un problème chronique de santé

Les auteurs indiquent que « le traumatisme crânien doit être considéré comme un problème chronique de santé même s’il était de gravité modérée et si le patient a bien récupéré », ce qui correspond à l’écrasante majorité des cas. Les chercheurs indiquent que l’administration de certains médicaments (statines, antagonistes de la vitamine K) pourrait réduire le risque, encore que cette approche doit être considérée avec une grande prudence sachant que des travaux approfondis sont nécessaires pour évaluer son efficacité et le rapport risque - bénéfice.

Ce qui paraît crucial, c’est d’informer les patients sur les symptômes de l’AVC, afin qu’ils puissent réagir au plus vite, et de leur fournir des conseils sur le mode de vie (alimentation, tabac, alcool…) pour réduire autant que possible le sur-risque associé au traumatisme crânien.

Voir aussi l'article : Secouer violemment la tête : un risque pour le cerveau

Source: International Journal of Stroke (https://journals.sagepub.co)
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