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Les mauvais rêves nous préparent-ils à affronter nos peurs ?

Dernière mise à jour: mars 2020 | 3538 visites
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news La peur que l’on ressent dans les rêves pourrait nous préparer à affronter des situations angoissantes vécues en phase d’éveil.

La fonction du rêve reste empreinte d’un grand mystère. Les neurosciences s’intéressent aux zones cérébrales actives lorsqu’on rêve. Des découvertes récentes indiquent que certaines régions du cerveau sont responsables de la genèse des rêves, et qu’en fonction du contenu (perception, pensée, émotions), d’autres régions sont également activées. Une équipe suisse (université de Genève) s’est plus penchée sur la peur : quelles zones de notre cerveau sont sollicitées en cas de mauvais rêve ? Dans un second temps, elle a examiné le lien possible entre la peur ressentie lors d’un rêve et les émotions vécues une fois éveillé.

La peur en rêve. Par électro-encéphalogramme (EEG), les chercheurs ont surveillé l’activité cérébrale d’un groupe de volontaires. Ceux-ci ont été réveillés à intervalles réguliers, et à chaque fois, ils devaient répondre à des questions comme « Avez-vous rêvé ? » et « Si oui, avez-vous ressenti de la peur ? ». L’analyse des données montre que deux régions cérébrales sont responsables de la peur ressentie lors d’un rêve : l’insula et le cortex cingulaire. L’insula est aussi impliquée dans l’évaluation des émotions à l’éveil, et elle s’active systématiquement quand on ressent de la peur. Le cortex cingulaire joue notamment un rôle dans la préparation des réactions motrices et comportementales en cas de danger. Autrement dit, ces régions sont activées lorsque la peur est ressentie à l’éveil ou dans un rêve.

La peur à l’éveil. Dans une deuxième phase, il a été demandé à des volontaires de tenir un « journal des rêves », dans lequel ils devaient décrire chaque matin, pendant une semaine, les rêves de la nuit écoulée, et surtout identifier les émotions ressenties. Ils ont ensuite passé une résonance magnétique (IRM), pendant laquelle des images leur ont été présentées : soit émotionnellement négatives (agression, situation de détresse…), soit neutres. L’intention consistait à déterminer quelles zones cérébrales s’activaient davantage pour la peur, et si cette réaction changeait en fonction des émotions ressenties lors des rêves. Il s’avère que plus une personne a ressenti de la peur dans ses rêves, moins l’insula, le cortex cingulaire et l’amygdale s’activaient lorsqu’elle était confrontée à des images négatives, ce qui renvoie à moins de charge anxieuse.

Les spécialistes en déduisent que « ces résultats soulignent un lien très fort entre les émotions ressenties endormi et éveillé, et ils confortent une théorie neuroscientifique selon laquelle, pendant le rêve, nous simulons des situations effrayantes qui nous préparent à y réagir une fois éveillés ». Ainsi, « les rêves peuvent être considérés comme un véritable entraînement de nos futures réactions, et ils peuvent potentiellement nous préparer à affronter les dangers ».

Si la peur est modérée dans le mauvais rêve, qu’en est-il du cauchemar, caractérisé par une peur intense, qui perturbe le sommeil et qui peut avoir un impact négatif sur la personne éveillée ? Les chercheurs vont approfondir la question, considérant que lorsque la peur en rêve dépasse un certain seuil, elle perd son rôle bénéfique de régulateur émotionnel.

Voir aussi l'article : Cauchemars : de quoi avons-nous peur ?

Source: Human Brain Mapping (https://onlinelibrary.wiley)
publié le : 07/03/2020 , mis à jour le 06/03/2020
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