HPV : la vaccination malgré une infection ?

Dernière mise à jour: mai 2019 | 1390 visites
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news La vaccination contre le papillomvirus (HPV) est-elle à envisager même si la femme a déjà été infectée ? Si le vaccin ne permet pas de soigner l'infection, il présente néanmoins un intérêt majeur. Que faut-il savoir ?

Les recommandations précisent que la vaccination de rattrapage des femmes et des hommes âgés de 15 à 26 ans peut être proposée sur une base individuelle, selon un calendrier de trois doses (0, 1 ou 2 mois et 6 mois). Les personnes sexuellement actives qui ont peut-être déjà été infectées par un ou plusieurs types de HPV peuvent encore être vaccinées.

Il est important de savoir que le vaccin contre le HPV n'a aucun effet sur les lésions existantes, ni sur leur progression. S’il y a une infection latente et donc pas encore détectée, la vaccination ne sera d'aucune utilité non plus. Par contre, la vaccination empêche l’auto-inoculation, c’est-à-dire la formation et la propagation de nouvelles lésions, notamment dans des endroits où ces lésions sont à l'origine de cancers.

De plus, le vaccin anti-HPV protège non seulement contre les types de HPV avec lesquels on n'a pas encore été en contact, mais également contre la réinfection par un type déjà contracté. Les anticorps générés par une infection naturelle ne fournissent pas forcément cette protection.

Que sait-on de la vaccination contre le HPV chez les femmes qui ont des lésions ? Deux études cliniques ont observé la diminution du nombre de récidives après le traitement (chirurgical) de condylomes ou de dysplasie cervicale, vaginale ou vulvaire de haut grade. Dans une de ces études, la vaccination était intervenue avant l'apparition des lésions, dans l'autre après le traitement.

• Dans la première étude, les jeunes filles ont reçu un vaccin quadrivalent ou un placebo et elles ont ensuite été traitées pour une dysplasie cervicale de haut grade ou pour des condylomes, ou une dysplasie vulvaire ou vaginale de haut grade. Dans le groupe vacciné, le nombre de récidives deux ans après le traitement était 65% plus faible pour les lésions cervicales et 35% pour les autres lésions (condylomes, dysplasie vulvaire ou vaginale) par rapport aux femmes ayant reçu un placebo.

• La deuxième étude a suivi 737 femmes après la conisation (extraction) de dysplasie cervicale de haut grade. Une vaccination systématique avec le vaccin quadrivalent leur a été proposée. Après deux ans, le risque de récidive chez les patientes ayant refusé le vaccin était de 7,2%, contre 2,5% chez les femmes qui avaient opté pour la vaccination.

Les résultats ci-dessus ont récemment été confirmés par une étude prospective comparant le nombre de récidives chez 248 femmes vaccinées ou non contre le HPV. La vaccination après un traitement chirurgical pour dysplasie cervicale a réduit la rechute de 7% à 1%.

Conclusion ? La vaccination contre le HPV de femmes déjà infectées est utile et elle doit donc certainement être envisagée.


publié le : 17/05/2019 , mis à jour le 16/05/2019
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