Epilepsie : causes, symptômes, traitements

Dernière mise à jour: mars 2018 | 1573 visites

dossier L'épilepsie fait très souvent l’objet de malentendus et de préjugés, liés à sa méconnaissance. Pour mieux comprendre ce que recouvre cette maladie, voici les explications en dix questions - réponses.

Qu'est-ce que l'épilepsie ?

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L'épilepsie est un trouble chronique du cerveau qui confronte la personne qui en est atteinte à des crises d’épilepsie spontanées et à répétition. Une crise d'épilepsie est un changement temporaire dans la perception, le comportement et / ou la conscience. On parle aussi de convulsions.

Ces crises sont causées par un phénomène électrique anormal, une sorte de « court-circuit » dans le cerveau, avec perte de contrôle du corps. En dehors des crises, le cerveau revient à la normale et on ne remarque rien.

La décharge électrique peut être située dans une certaine partie du cerveau ou être généralisée. Cela a des conséquences sur la nature et l'intensité de la crise. On peut ressentir des chocs dans les bras et les jambes ou des picotements étranges, entendre des voix et maintenir le regard fixe droit devant soi.

La différence entre une crise partielle et une crise généralisée n'est pas toujours très claire. Une crise partielle peut en outre provoquer une crise généralisée. En fait, il existe plusieurs sortes d’épilepsie et le diagnostic repose sur le type et le nombre de crises.

De plus, le pronostic varie d'une personne à l'autre. Beaucoup d'entre nous ont connu une crise d'épilepsie dans leur vie. On ne parle de la maladie « épilepsie » que quand il y a eu au moins deux crises.

Quels sont les types d’épilepsie ?

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La durée et la nature des attaques peuvent être très différentes. Certaines crises durent quelques secondes, d'autres quelques minutes. Certaines attaques sont spectaculaires et font peur à ceux qui n'y sont pas habitués. Cependant, dans la plupart des cas, la personne ne ressent aucune douleur pendant une attaque et parfois, elle ne se souvient de rien ensuite. Cependant, on peut souffrir ensuite de maux de tête ou d'une certaine confusion et avoir besoin de repos.

Il existe deux principaux types d'attaques.

Crise généralisée

Les deux hémisphères cérébraux sont affectés. On distingue deux principales formes de crise généralisée.

Crise tonico-clonique ou majeure. C'est la forme la plus connue et la plus spectaculaire. Pendant la phase tonique, le corps se raidit complètement. Le patient perd conscience et sa respiration s’arrête. La salive s'accumule dans la bouche et une morsure de la langue peut faire sortir du sang de la bouche. Cette phase dure de 10 à 30 secondes. Ensuite commence la phase clonique, durant laquelle le corps fait des mouvements violents et la respiration reprend. Souvent, il y a aussi une perte d'urine. Progressivement, les mouvements brusques s'estompent et le patient se détend. Après un certain temps, il revient à la conscience. Il peut souffrir de maux de tête et se sentir très fatigué.

Absence. Le patient est juste « hors du monde », souvent pendant seulement quelques secondes.

Crise partielle
(attaque focale ou aura)

Seule une zone limitée du cortex cérébral est affectée. Selon l'endroit où l'attaque commence, la personne vivra une expérience différente : mouvements, émotions, taches ou éclairs...

Crise partielle simple. Le patient reste conscient, mais par exemple subit des tremblements dans un bras ou une jambe, ou sent, entend ou voit des choses qui ne sont pas là.

Crise partielle complexe. Le patient est moins conscient et peut être confus. Il est dans un monde différent et n'est pas accessible. Il affiche parfois des automatismes tels que mâcher, avaler, grimacer, répéter des mots ... L'attaque dure généralement quelques minutes. La pleine conscience revient progressivement.

Crise généralisée secondaire partielle. La crise débute dans un hémisphère cérébral, mais se propage ensuite aux deux. Le patient est inconscient et fait des mouvements brusques.

Qu'est-ce que le « mal épileptique »?

Normalement, les crises d'épilepsie s’arrêtent spontanément après quelques secondes à quelques minutes. Quand une attaque dure plus de 20 minutes, et / ou qu'une nouvelle attaque suit directement la précédente, on parle de mal épileptique (ou « status epilepticus »). Un état de mal épileptique peut survenir dans toutes les formes d'épilepsie, mais il est plus fréquent dans certaines que dans d'autres. Une intervention médicale est souvent nécessaire.

L'épilepsie est-elle fréquente ?

L'épilepsie est le trouble neurologique le plus fréquent après la migraine. Environ une personne sur 100 à 200 souffre d'épilepsie et environ une personne sur vingt a connu une crise d'épilepsie durant son existence.

L'épilepsie peut survenir et se développer à tout âge, mais commence généralement pendant l'enfance et l'adolescence. Environ 40% des patients épileptiques ont moins de 16 ans. Vient ensuite une période entre la 20ème et la 60ème année où relativement peu de nouveaux cas se produisent. Après la 60ème année, le risque augmente en raison des atteintes neurologiques : 20% des patients sont âgés de plus 65 ans.

Quelles causes ?

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Chez environ 40% des patients, une cause génétique est à l'origine de l'épilepsie. Chez 60% des patients, il s'agit d'une épilepsie acquise due à une anomalie dans le cerveau. Dans bien des cas, la cause exacte n'est pas connue.

Quelles sont les causes possibles ?

• une pénurie d'oxygène dans le cerveau, par exemple avant ou pendant l'accouchement
• une lésion cérébrale à la suite d'un accident
• des perturbations métaboliques dans les cellules du cerveau, un trouble métabolique ou une inflammation du tissu cérébral
• une infection, telle que la méningite ou un abcès cérébral
• un accident vasculaire cérébral (AVC)
• une hémorragie cérébrale
• des lésions cérébrales dues à une consommation chronique excessive d'alcool et/ou de drogue
• une tumeur cérébrale bénigne ou maligne
• des substances toxiques et certains médicaments

Qu'est-ce qui provoque la crise ?

C’est peu clair. Dans certains cas, il existe un lien évident entre une situation donnée et une crise. Quels sont ces facteurs ?

• manque de sommeil
• consommation excessive d'alcool
• grande tension / émotion forte
• importantes variations de température du corps (comme la fièvre)
• la lumière, en particulier la lumière vacillante (par exemple des écrans et des jeux vidéo, la lumière stroboscopique dans les discothèques et les salles de concert, du soleil sur l'eau ...)
• les fluctuations hormonales (avant et pendant la menstruation)
• certains médicaments, une hypoglycémie ou une infection

Comment l'épilepsie est-elle diagnostiquée ?

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Des symptômes similaires à ceux d'une crise d'épilepsie peuvent être provoqués par une série de facteurs : stress, fièvre, intoxication, médicaments... Cette attaque est habituellement unique. Lorsque des crises se produisent plusieurs fois, on peut commencer à soupçonner une épilepsie, qu'il faut confirmer par des examens neurologiques.

• Un EEG (électroencéphalogramme) mesure l'activité électrique dans le cerveau et permet d'enregistrer les fluctuations.

• La tomodensitométrie et l'imagerie par résonance magnétique (IRM) sont plus affinées et permettent de rechercher dans le cerveau les lésions responsables de l'épilepsie.

• En outre, un test sanguin est effectué pour exclure d'autres causes.

Quel traitement ?

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Le traitement initial consiste presque toujours en un médicament (antiépileptique) pour contrôler les crises. Le choix du médicament dépend du type d'épilepsie, de l'âge, des effets secondaires possibles... Sept patients sur dix n’ont plus de crise grâce aux médicaments, à condition de les prendre tous les jours. Ces personnes ont une grande chance de « guérir » et de pouvoir arrêter les médicaments un jour.

Souvent, le traitement comprend également un ajustement du style de vie.

• manger et dormir à heures régulières
• limiter l'alcool
• éviter les situations de stress

Chez 30% des patients, les médicaments ne permettent pas de contrôler complètement l'épilepsie. On parle alors d’épilepsie réfractaire.

• Lorsque la cause de l'épilepsie peut être localisée et éliminée sans créer de déficit fonctionnel, une intervention chirurgicale peut être envisagée, dans laquelle la zone du cerveau où se produit l'épilepsie (zone épileptogène) est supprimée.

• La stimulation électrique du nerf vague, un nerf crânien, peut être une possibilité de contrôler les crises, de réduire ou de favoriser la récupération.

• La stimulation cérébrale profonde, dans laquelle des électrodes sont insérées dans le cerveau, constituent une option.

Une vie normale ?

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Bien que l'épilepsie puisse entraîner de réels problèmes d'adaptation pour la personne et son entourage, la plupart des patients peuvent mener une vie quasiment normale.

Parfois, l'épilepsie influence certains choix (travail, sport...), surtout si on souffre de crises répétées.

Le logement peut devoir être adaptée et sécurisé (cuisine, salle de bains...).

• La plupart des enfants épileptiques suivent un enseignement classique. Il est indispensable d'informer les enseignants et la direction de l'école.

• En principe, une personne atteinte d'épilepsie peut effectuer tous les métiers. Cependant, certaines professions sont incompatibles avec des attaques récurrentes (travail sur machine dangereuse, pompier...). Certains emplois sont également interdits si vous avez déjà eu une crise d’épilepsie, par exemple pilote d'avion, conducteur de train ou chauffeur de bus. Chaque cas doit être envisagé individuellement.

• La plupart des sports peuvent être pratiqués. Mais tout dépend de la nature et de la fréquence des attaques. Certaines activités, comme la plongée, sont alors interdites. D'autres sports comme l'escalade, l'alpinisme, la spéléologie, la voile, le surf..., peuvent s'avérer trop dangereux.

Conduire un véhicule ?

Les crises d'épilepsie s'accompagnent souvent d'une perte de contrôle des fonctions corporelles et d’une perte de conscience.

Si une personne qui détient un permis de conduire est diagnostiquée épileptique, il lui est interdit de continuer à conduire et le permis doit être retourné. Ceci s'applique également aux personnes qui ont eu une seule crise d'épilepsie. Il s'agit d'une suspension temporaire du permis de conduire.

La délivrance du permis ou la fin de la suspension dépendent de l'évaluation du neurologue : avis favorable du spécialiste, arrêt des crises, supervision médicale régulière, stabilisation confirmée par un examen neurologique approfondi, suivi scrupuleux du traitement antiépileptique.


publié le : 29/03/2018 , mis à jour le 29/03/2018
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