Accident vasculaire cérébral (AVC) : causes, symptômes et traitement

Dernière mise à jour: mars 2016 | 21537 visites
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Accident vasculaire cérébral (AVC) : causes, symptômes et traitement

dossier L'accident vasculaire cérébral (ou attaque cérébrale) est un événement d'une très grande gravité, causé par l'obstruction d'une artère irriguant le cerveau (AVC ischémique) ou par la rupture d'un vaisseau sanguin (AVC hémorragique). Les conséquences sont souvent dramatiques.

Quels sont les facteurs de risque d'AVC, les symptômes et les traitements ?

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On distingue donc deux types d'AVC.

L'AVC ischémique

Il représente 80% des accidents vasculaires cérébraux. On parle aussi d'infarctus cérébral, dont le mécanisme s'apparente beaucoup à l'infarctus du myocarde (crise cardiaque).

La thrombose. L'obstruction d'une artère cérébrale ou à destination du cerveau (les carotides, en particulier) empêche le sang de circuler, et donc d'alimenter le cerveau en oxygène et en glucose. La zone desservie par ce vaisseau sanguin est dès lors privée de deux éléments cruciaux et elle dépérit.

L’embolie. Le dépôt obstructif se détache de la paroi du vaisseau sanguin et migre vers un autre endroit, où il va bloquer la circulation sanguine vers le cerveau.

L'AVC hémorragique

Cette hémorragie cérébrale est causée par la rupture d'un vaisseau sanguin dans le cerveau.

Le saignement peut concerner les tissus qui recouvrent le cerveau (hémorragie sous-arachnoïdienne ou méningée) et est souvent associé à une rupture d'anévrisme (une dilatation localisée d'un vaisseau). Il peut aussi toucher des couches plus profondes du cerveau, et on parle alors d'hémorragie intra-cérébrale, fortement associée à l'hypertension artérielle.

L'accident ischémique transitoire (AIT)

L'accident ischémique transitoire (AIT), ou ischémie cérébrale transitoire (ICT), est un sérieux avertissement. Ce déficit neurologique d’origine vasculaire d'apparition soudaine peut durer de quelques minutes à quelques heures. Il s’agit d’une attaque cérébrale passagère et sans séquelles.

Il est difficile d’établir sur le moment même la distinction entre un accident vasculaire cérébral et un accident ischémique transitoire, mais si l’état neurologique de la personne se rétablit complètement dans les 24 heures, on parle alors d’AIT. Cet accident est qualifié de « mini-AVC » et doit être pris très au sérieux, puisque l'AIT annonce un possible AVC : l'AIT est lié à la diminution ou à l'arrêt transitoire - pour cette fois ! - de la circulation sanguine vers le cerveau.

Les symptômes de l'AIT sont variables : perte de vision à un oeil, paralysie ou insensibilité d'un côté du corps, troubles du langage, brève perte de connaissance... Le patient se rétablit, mais à nouveau, c'est un signal d'alerte fort.

Une prise en charge médicale est évidemment indispensable. Le traitement est médicamenteux (anticoagulant, antiagrégant plaquettaire...) ou chirurgical (désobstruction du vaisseau bouché). Les facteurs de risque doivent absolument être maîtrisés (tabac, hypertension, obésité, cholestérol...).

Les symptômes

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Une réaction rapide est vitale lorsque se déclarent les signes de l'AVC. Ceux-ci peuvent parfois sembler anodins, mais il est extrêmement important d'en tenir compte et de se tourner vers un médecin.

• la jambe, le bras ou la main deviennent soudainement très faibles
• perte de sensation ou sensation d’engourdissement d’un côté du corps ou du visage
• perte de vision à un oeil
• troubles du langage : élocution soudainement lente et/ou incohérente
• difficulté subite à comprendre ce que dit un interlocuteur
• vertiges, perte d'équilibre, perte de connaissance
• violent mal de tête

Les facteurs de risque

S'il n'y a aucune prise possible sur certains facteurs de risque, d'autres peuvent par contre être corrigés par une adaptation du mode de vie ou par un traitement médical. Tous n'interviennent pas de la même manière : ainsi, l'hypertension, le tabac et l'alcoolisme sont des facteurs importants, alors que l'impact d'autres risques sont sujets à discussion.

Ce qu'on ne sait pas contrôler

• l'âge : plus on avance en âge, plus le risque est élevé
• le sexe masculin : les hommes sont plus à risque que les femmes
• les antécédents familiaux

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Le mode de vie

• le tabac : deux fois plus de risques d'AVC chez un fumeur
• l’obésité
• le manque d’activité physique
• la consommation excessive d’alcool
• la drogue (la cocaïne, notamment)

Les risques médicaux

• l'hypertension
• le diabète
• l'hypercholestérolémie (excès de cholestérol)
• l'arythmie cardiaque et la fibrillation auriculaire
• la migraine avec aura
• la dépression
• et bien évidemment la détection d'une obstruction artérielle (les carotides, en particulier) ou d'un anévrisme cérébral

Les conséquences

L’accident vasculaire cérébral est la troisième cause de mortalité dans les pays occidentaux après l'infarctus du myocarde et le cancer.

L'âge moyen des victimes d'un AVC se situe vers les 65 ans, mais l'accident peut se produire à tout âge et 10% des patients sont âgés de moins de 55 ans. La taux de décès immédiat et dans le mois qui suit est élevé (20 à 30%), alors qu'il s'agit d'une cause majeure de handicap physique, cognitif et émotionnel (hémiplégie, grande difficulté à parler ou à écrire, troubles de la mémoire, dépression...). Les conséquences sont liées à la zone du cerveau touchée et à l'ampleur de l'AVC.

Le traitement

Une hospitalisation est indispensable.

Une série de médicaments sont indiqués en fonction du type d'AVC et de sa cause : anticoagulant, antiagrégant plaquettaire, antihypertenseur, thrombolytique..., alors qu'une (neuro)chirurgie doit intervenir dans certains cas.

Après la phase aiguë, la prise en charge des facteurs de risque est indispensable (tabac, diabète, cholestérol, hypertension...). L'aspirine faiblement dosée et le clopidogrel ont démontré une certaine efficacité contre le risque de récidive.

La rééducation après l'AVC constitue une partie importante, et même cruciale, du traitement. Elle sera évidemment adaptée aux séquelles : kinésithérapie, ergothérapie, logopédie... Le chemin est souvent long, et le rôle des proches dans le soutien du patient est fondamental.


publié le : 24/03/2016 , mis à jour le 23/03/2016
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