Un bébé sait lire sur les visages (vidéo)

Dernière mise à jour: janvier 2014

news Dès l’âge de 18 mois, le bébé perçoit les réactions feintes, non justifiées. Il n’est pas dupe et il ne sert à rien de lui jouer la comédie.

C’est une expérience vraiment très intéressante qui a été conduite par une équipe de l’université Concordia (Montréal). Comment ont-ils procédé ? Des enfants âgés de 15 ou de 18 mois ont été sélectionnés pour assister à des petites scènes jouées par une psychologue. Dans l’un des scénarios, celle-ci exprimait une expression de tristesse alors qu’on lui offrait un ballon : une émotion contradictoire, donc. Dans une autre séquence, son visage affichait un rictus de douleur après avoir fait semblant de se blesser au doigt : une émotion normale. Par contre, un sourire dans ces circonstances, cela ne va pas.

Que constate-t-on ?

• Les enfants de 15 mois ont réagi à peu près de la même manière dans un cas comme dans l’autre : cela signifie qu’ils n’ont pas encore développé la compréhension du lien entre l’expérience émotionnelle et l’expression faciale.
• En revanche, ceux de 18 mois se sont montrés clairement sensibles à la discordance dans les scènes ballon-tristesse et douleur-sourire. Ils ont observé plus longuement la psychologue et jeté des coups d’œil appuyés vers un parent présent à leurs côtés dans la pièce, afin de jauger la réaction – tout aussi incrédule ? – de cette personne de confiance. En d’autres termes, ils étaient dubitatifs.

Selon les coordinateurs de cette expérience, cela démontre qu’à partir de cet âge, les enfants ne s’en laissent pas conter : les émotions d’autrui ne sont légitimes que dans un contexte particulier. Ils ajoutent : « Il s’agit d’un comportement d’adaptation. Pour fonctionner efficacement par rapport aux autres, les enfants doivent développer et intégrer leur compréhension des expériences vécues par les personnes de leur entourage ».

Ceci a des implications concrètes, en particulier pour les parents. Ainsi, lors d’une expérience négative comme la douleur, les adultes ont tendance à relativiser – par exemple en forçant un sourire – pour éviter de faire de la peine au jeune enfant. Or, si celui-ci sait que cela n’est pas « normal », il va être inquiet plutôt qu’apaisé. Autrement dit, restons naturels.

Regardez la vidéo (en anglais)

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