Tout ce qu'il faut savoir sur les allergies

Dernière mise à jour: août 2015 | 14305 visites

dossier Dans ce dossier, nous vous proposons un aperçu de quelques formes d'allergie et de leurs principaux symptômes, de sorte que vous puissiez facilement les identifier et adopter les réactions responsables qui s'imposent et/ou consulter un médecin dans les meilleurs délais. En effet, certaines allergies peuvent être soit très invalidantes, soit occasionner des problèmes de santé importants qui peuvent nécessiter une hospitalisation et/ou qui peuvent même entraîner la mort dans les cas les plus sévères !

L'allergie: c'est quoi ?

La réaction allergique est due à une réponse excessive et inadaptée du système immunitaire vis-à-vis d’un hôte, qu’il soit chimique, alimentaire ou aérien. Cette réaction, provoquée par des mécanismes immunologiques, est le plus souvent médiée par des anticorps. Les plus fréquents appartenant à la classe des IgE. Personne n'est à l'abri, en fait.

Selon une croyance populaire, les allergies ne se manifesteraient qu'au printemps, voire en été, durant les beaux jours. C'est exact et erroné à la fois. En effet, c'est le cas des allergies saisonnières qui touchent essentiellement la sphère ORL, mais les allergies cutanées, alimentaires, les intolérances au gluten ou au lactose n'attendent pas que le thermomètre frôle les 20°C pour sévir !

Les allergènes

Un patient peut être allergique à tout et à n’importe quoi. Sa sensibilité à l’allergène peut varier au cours de l'existence. C’est ainsi que des enfants peuvent être allergiques aux poils de lapin ou aux arachides et ne plus l’être à l’âge adulte. Et inversement.

N’oublions pas qu’en cas d’allergie, la réponse donnée nécessite toujours un premier contact avec une substance étrangère responsable de la réaction. C'est l’allergène.

Ce premier contact avec l’allergène doit impérativement être suivi, pour qu’il y ait réaction allergique, de la fabrication d’anticorps contre cet allergène. L’activation entre le premier contact et la manifestation, voire la réaction allergique, peut parfois prendre des années.

Nous sommes donc tous des allergiques en puissance ! Rassurant, non ?

C’est d’autant plus vrai que la capacité de l’organisme à fabriquer tel ou tel anticorps contre tel ou tel allergène est génétiquement prédéterminée. Le terrain atopique, ou ce qu'on qualifie de prédisposition familiale, n’est donc pas à négliger, surtout chez les enfants. Egalement en cas d'asthme !

Sans oublier les modifications des habitudes alimentaires et les changements dans l’environnement, dans l’habitat... C’est ainsi que l’on dira que l’allergie est innée et acquise.

Statistiques

L’allergie est classée par l’OMS au 4e rang des maladies les plus fréquentes dans le monde. Et le problème pourrait s'intensifier. En effet, l’OMS estime que, d’ici peu, 50% de la population pourrait souffrir, à des degrés divers, d’une ou de plusieurs allergies sous des formes de gravité variées.

Toujours selon l’OMS, l’immunothérapie allergique serait le seul traitement qui permet de réorienter le système immunitaire.

Pour en savoir plus, demandez conseil à votre généraliste, allergologue, pneumologue, dermatologue ou au pédiatre.

Quels sont les principaux allergènes ?

Les pollens viennent bien entendu en tête et ils font, avec le retour du printemps, leur apparition musclée ! Il en va ainsi des pollens du bouleau, du saule, du peuplier et du chêne.

Les graminées, quant à elles, sont bien connues des victimes du célèbre "rhume des foins", ou rhinite allergique saisonnière.

N'oublions pas les acariens, les poils de chien, de chat (les squames, en fait) et de lapin, la moquette, la climatisation, le chauffage central, les solvants et les produits d’entretien, les aérosols et autres parfums d’ambiance, les moisissures, le make up, les parfums et certains aliments comme par exemple les fruits oléagineux (noix, arachides), le gluten, le lactose, les champignons, les bananes et l'ananas, les crustacés, les protéines de lait, les œufs, le kiwi, les épices, etc.

Et parmi les "derniers nés", le latex, qui fait de plus en plus de victimes "allergiques" et qui provoque souvent des allergies croisées, notamment avec le kiwi. Etre allergique au latex peut entraver l'exercice de certaines professions. C'est contraignant pour les médecins, les dentistes, qui doivent porter des gants en latex, mais cela peut également perturber le bon déroulement de la sexualité. Car si l'on enregistre de plus en plus d'allergies au sperme (que ce soit dans le chef des femmes mais également des hommes qui sont allergiques à leur propre sperme), il serait de plus en plus fréquent d'être allergique aux préservatifs... en latex !

Les allergies saisonnières

Le "printemps des allergies" est le surnom communément donné, dès l’arrivée des beaux jours, aux allergies saisonnières. La rhinite allergique s’accompagne d’éternuements en salves, d’yeux larmoyants, de rhinorrhée aqueuse, de congestion nasale, d’irritations oculaires avec parfois un asthme associé. Ce qu'on appelle communément le "rhume des foins" est en constante évolution et toucherait près d'une personne sur trois !

La rhinite allergique est clairement invalidante. Elle entraîne une forte altération de la qualité de vie, un taux d’absentéisme professionnel important. Elle est particulièrement pénible pour les étudiants car elle survient souvent en plein blocus.

Des antihistaminiques (sous forme de comprimés) de deuxième génération donnent de bons résultats sans provoquer trop d'effets secondaires (somnolence, nausées, etc. ). Des collyres et des gouttes nasales permettent d'atténuer les manifestations les plus invalidantes, surtout en ce qui concerne les éternuements et les larmoiements. Un spray vasoconstricteur vous soulagera en cas de congestion nasale.

Une désensibilisation sur trois ans donne de très bons résultats (série d'injections qui s'étalent sur une période de deux à trois ans: d'abord toutes les semaines, puis tous les mois, puis tous les trimestres, etc.).

Attention, certains antihistaminiques provoquent de la somnolence et sont à déconseiller avec de l'alcool ou d'autres médications !

Les allergies alimentaires

Le lait de vache

La plus connue. Elle touche le nourrisson via un eczéma atopique au niveau du cuir chevelu, du visage ou encore des plis de flexion. Cet eczéma est imputable aux protéines du lait de vache. L’allergie au lait de vache toucherait environ 10% de la population. Elle apparaît très tôt, souvent avant l’âge de 6 mois. Certains parents parlent d’allergie ou abusivement de "croûte de lait" alors qu’il s’agit le plus souvent d’une intolérance lactée. Même si plus d’une trentaine de protéines de lait de vache peuvent être mises en cause, la caséine et la bêta-lactoglobuline sont les plus souvent incriminées.

Un lait de substitution, avec éviction des protéines bovines, constitue le remède de choix. On optera pour des hydrolysats de protéines de lait de vache ou de soja ou encore pour un lait ne contenant aucune protéine mais bien des acides aminés de synthèse .

L’utilisation du lait maternel peut être préconisée. On pourra également donner un lait hypoallergénique HA pendant au moins quatre mois. Cela devrait diminuer le risque allergique. Une supplémentation calcique peut s’avérer nécessaire dans ce cas-là.

Demandez conseil à votre pédiatre plutôt que d'agir de votre propre initiative ou sur base du bouche-à-oreille. Ce qui convient au bébé de vos amis ne conviendra pas nécessairement à votre enfant !

L’allergie au lait de vache disparaît souvent avant l’âge de 3 ans suite à un renforcement du système immunitaire intestinal du jeune enfant. Mais aussi parce que la perméabilité de la muqueuse digestive de l’enfant diminue au fil du temps. Chez les enfants allergiques au lait de vache, il convient d’éviter d’administrer du lait d’autres mammifères (chèvre, brebis,etc.) car les protéines sont similaires et exposent les bambins aux mêmes réactions.

Le gluten

On parle souvent d’allergie au gluten mais il convient de ne pas la confondre avec la maladie coeliaque qui n’est pas une maladie en soi, mais bien une intolérance aux protéines de gluten d’origine auto-immune.

Certaines fractions de gluten présentes, par exemple, dans le blé, l’orge ou le seigle, provoquent une réaction inflammatoire à l’origine d’une atrophie des villosités intestinales, entraînant une malabsorption. Cette atrophie régresse ou disparaît en cas de régime sans gluten. La maladie coeliaque se caractérise souvent par la présence de diarrhée, de douleurs abdominales, de malabsorption intestinale au niveau de l’intestin grêle suivie d’un amaigrissement, d’une anémie ou d’une aphtose buccale pouvant récidiver.

Un régime sans gluten permet de réduire, voire de faire disparaître les symptômes après quelques semaines. Un tel régime exclut le blé, l’orge, le seigle mais autorise le riz et le maïs. Pas de pâtes, pas de pizza ni de pain donc !

Il est impératif de bien lire les étiquettes des aliments achetés et/ou consommés, mais il est parfois très difficile de connaître la composition exacte des plats préparés ou servis au restaurant voire chez des amis !

L’oeuf

L'allergie à l'oeuf de poule et plus particulièrement au blanc d’œuf est la plus fréquente chez l’enfant de moins de 3 ans. Elle devance, dans cette tranche d'âge, l'allergie à l’arachide et celle au lait de vache.

L’allergie à l’œuf peut survenir très tôt, in utero, ainsi que pendant l'allaitement. Ce type d’allergie se manifeste surtout par des réactions cutanées comme un eczéma, un urticaire, une dermatite atopique, ou respiratoires comme de l’asthme. Cette allergie peut entraîner un choc anaphylactique. Il est recommandé de vous rendre sur-le-champ aux urgences en cas de souci.

En dehors d’un traitement d’urgence, l’éviction de l’allergène est la meilleure solution, certes pas toujours évidente.

Notons que certains vaccins préparés sur œuf embryonné de poule (ex. oreillons, grippe, rougeole, etc.) sont théoriquement contre-indiqués, mais ce serait surtout la gélatine présente dans ces vaccins qui serait, dans ce cas-ci, à mettre en cause. Chez les enfants à risque, la vaccination se fera sous contrôle médical étroit.

Les allergies de contact

Il s’agit, en fait, d’une dermatite d’origine allergique suite au contact d’allergènes avec la peau. Il peut s’agir d’une lésion érythémateuse granitée avec œdème (souvent au niveau des paupières ou du visage), suivie d’une phase vésiculeuse et enfin de la formation de croûtes.

Parmi les principaux allergènes responsables, on dénombre en tête de liste les cosmétiques : conservateurs, pigments, huiles essentielles, parabens, parfums, lanoline, formaldéhyde... Citons aussi les accessoires vestimentaires avec, par exemple, le métal des bijoux de fantaisie mais aussi des boucles de ceinture, des bracelets de montre avec du nickel, etc. Enfin, n’oublions pas les géraniums, la colophane dans les pansements adhésifs, les antiseptiques comme les dérivés mercuriels, les teintures capillaires, le latex, les peintures, vernis et résines, les encres d’imprimerie, etc.

La solution ?

Une suppression totale de l’allergène.

Un antihistaminique en comprimé ou en injection selon la gravité, et certainement en cas de prurit important, une toilette à l'eau claire, tiède avec un pain dermatologique au pH neutre, et l'application d'une crème antiseptique apaisante.

Si les symptômes sont persistants et les démangeaisons pénibles, le médecin pourra vous prescrire une crème à base de cortisone (dermocorticoïde). Vous devrez éventuellement subir des tests épi-cutanés chez le dermatologue pour diagnostiquer avec précision l'origine du problème cutané dont vous souffrez.

Les insectes et le soleil

1. Les réactions allergiques aux piqûres d'insectes

Les piqûres d'abeille, de guêpe, de frelon, etc., sont - le plus souvent - sans gravité malgré la formation d’une papule oedémateuse souvent douloureuse, suivie de démangeaisons. En présence de signes avant-coureurs de choc anaphylactique (urticaire généralisé, prurit, oedème de la langue ou du pharynx, oppression thoracique, sensation de malaise), il convient d'aller sur-le-champ aux urgences. Une injection sous cutanée d’adrénaline sera, entre autres, administrée.

2. Les réactions allergiques au soleil

C’est ce que l’on appelle scientifiquement une lucite estivale. Il s'agit d'une photo-dermatose se produisant 24 à 48h après une première exposition solaire. Elle est également appelée allergie solaire et est due à une sensibilité anormale aux UV. Elle est très fréquente chez les personnes à peau claire - phototype 1-2-3a/b. Caractérisée par une éruption de papules érythémateuses non confluentes et d’un prurit, elle persistera environ huit à dix jours sans laisser de cicatrices à condition d’éviter toute exposition au soleil. La tendance à la récidive sera ensuite plus fréquente avec aggravation des symptômes.

Notez que certains médicaments photo-sensibilisants peuvent aussi être incriminés.

Demandez toujours à votre médecin lorsque vous prenez des médicaments, surtout certains antidépresseurs et certains antibiotiques, si vous pouvez vous exposer au soleil.
Quelques minutes à une terrasse de café ensoleillée peuvent suffire à occasionner de sérieux dégâts !

Et côté traitements ?

Mettez-vous à l’ombre et protégez intégralement les régions de la peau qui seraient déjà touchées ou qui seraient sensibles. Portez des lunettes solaires, un chapeau à larges bords, de longues manches, des vêtements en fibres naturelles comme le lin ou des cotonnades légères. Appliquez un écran total en cas de réexposition solaire progressive. Optez pour des produits hypoallergéniques vendus en officine. Demandez conseil au pharmacien et/ou à un dermatologue.

Un médecin pourra, dans les cas aigus, vous administrer un antihistaminique per os pour calmer le prurit.

Vous pourrez, à titre préventif, prendre des caroténoïdes (évitez le port de lentilles de contact qui risquent de se colorer), à utiliser de concert avec une protection solaire élevée car la pigmentation induite par les caroténoïdes ne protège pas des coups de soleil !


publié le : 21/03/2012 , mis à jour le 08/08/2015
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