Témoignage sur le psoriasis génital : « Au début, je n’en ai parlé à personne... »

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Démangeaisons, rougeurs, brûlures… Jusqu'à 63 % des personnes atteintes de psoriasis connaîtront un jour une atteinte génitale (vulve, pénis, scrotum, sillon interfessier…). Par honte ou par peur du regard de l’autre, près de la moitié n'en parlent jamais à leur médecin. 

Or, un traitement adapté peut apporter un réel soulagement aux patients. Témoignage de Laura (prénom d’emprunt), 32 ans.

« Au début, j'ai pensé à une mycose »

Elle connaissait déjà le psoriasis. Depuis plusieurs années, Laura, 32 ans, vivait avec des plaques sur les coudes et les genoux. Elle avait appris à composer avec la maladie. Mais lorsque des démangeaisons et des rougeurs sont apparues autour de ses parties génitales, elle s’est retrouvée face à une difficulté inattendue : en parler lui semblait presque impossible.

« Au début, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une mycose. J’ai acheté un produit en pharmacie, mais les symptômes ne disparaissaient pas vraiment », raconte-t-elle.

Les symptômes revenaient par périodes, notamment après le sport ou lorsqu’elle transpirait beaucoup. Pourtant, elle n’en parlait à personne, pas même à son partenaire.

« Je pense que j’avais surtout honte, parce que j’avais déjà du psoriasis et que je me disais : pourquoi faut-il que j’en aie aussi à un endroit pareil ? »

Dans l’intimité : « J'avais peur que mon partenaire pense à une IST »

À cette gêne s’ajoutait la peur d'être mal comprise : « j’avais également peur que mon partenaire pense que cela avait un rapport avec le sexe, ou qu’il imagine que j’avais une IST. Pourtant, je savais que le psoriasis n’était pas contagieux. Mais dans ces moments-là, on finit quand même par douter. »

Les symptômes ne se limitaient pas à une gêne physique. Pendant les rapports sexuels, Laura ressentait parfois des brûlures. Peu à peu, elle a commencé à éviter certains moments d’intimité, non par manque d’envie, mais par crainte d’avoir mal.

Son partenaire ne comprenait pas nécessairement ce qui se passait. Elle avait du mal à lui expliquer que ses réticences étaient liées à la douleur et non à un manque de désir.

Un malentendu que connaît bien Laurane Wattecamps, sexologue : « J'observe que la honte fait souvent plus de dégâts que la douleur elle-même. » 

Psoriasis génital, un sujet encore tabou

Selon différentes études, jusqu’à 63 % des personnes atteintes de psoriasis présenteraient des symptômes génitaux à un moment de leur vie. Près de la moitié des patients n’en auraient jamais parlé à leur médecin. En Belgique, le délai moyen de diagnostic serait de deux ans et demi. Deux ans et demi de silence, de gêne et, trop souvent, de solitude.

« J'ai alors pensé : d’accord, maintenant, il faut simplement que je le dise. »

Lorsqu’une affection touche une zone aussi intime, il peut être difficile de trouver les mots pour décrire ses symptômes, même à une personne de confiance.

Laura avait déjà envisagé plusieurs fois d’aborder ses symptômes génitaux avec son dermatologue, sans y parvenir. Le déclic est finalement venu grâce à une question de son médecin, qui lui a lui-même demandé si elle avait également du psoriasis dans les zones intimes.

« Je me suis alors dit : d’accord, maintenant, il faut simplement que je le dise. »

Et tout s’est enchaîné très naturellement. « La conversation n’a pas du tout été gênante. Le dermatologue a réagi tout à fait normalement et m’a expliqué que le psoriasis génital était plus fréquent qu’on ne le pensait. »

Elle a alors reçu un traitement adapté et, au fil du temps, ses symptômes se sont nettement améliorés. Mais le soulagement ne tenait pas uniquement à l’évolution de sa peau.

« Le plus important n’était peut-être même pas le traitement en lui-même. C’était surtout le fait de savoir enfin de quoi il s’agissait. Je ne me sentais plus sale ni complexée. Je savais que c’était simplement du psoriasis. »

Elle a ensuite pu en parler à son partenaire. Une discussion qui, selon elle, a fait une différence bien plus grande qu’elle ne l’imaginait.

Voir aussi l'article : Psoriasis génital : symptômes, causes et traitements

« Pour un dermatologue, il s’agit simplement de peau »

Avec le recul, Laura se demande pourquoi elle a attendu aussi longtemps avant d’aborder le sujet. Son message à celles et ceux qui vivent une situation similaire est simple :

« N’ayez pas honte d’en parler. Pour vous, cela peut sembler être une question extrêmement gênante, mais pour un dermatologue, il s’agit simplement de peau. »

Elle insiste également sur l’importance de décrire à son médecin les douleurs ou les symptômes ressentis pendant les rapports sexuels. Ceux-ci peuvent avoir des répercussions sur l’intimité et ne doivent pas être passés sous silence.

Le conseil à retenir ?

Si des symptômes intimes persistent, reviennent régulièrement ou perturbent la vie quotidienne ou sexuelle, mieux vaut en parler à un médecin plutôt que de multiplier les traitements sans diagnostic. 

Pour aller plus loin : écoutez le podcast Parlons-en

Pour encourager les patients à aborder leurs symptômes intimes avec leur médecin et leur partenaire, AbbVie et l’association Psoriasis-Contact ont lancé une campagne de sensibilisation consacrée au psoriasis génital.

Dans ce cadre, un épisode spécial de la série de podcasts Parlons-en, intitulé « C’est la gêne » aborde le psoriasis génital. Dermatologues, sexologues et patients y échangent sur le vécu de la maladie, l’image de soi, la sexualité, les relations de couple et les difficultés à parler du psoriasis génital avec un professionnel de santé.

À écouter sur toutes les plateformes, notamment sur Spotify : « C’est la gêne », l’épisode spécial du podcast Parlons-en.

Sources
Témoignage fourni par la société pharmaceutique AbbVie et l’association de patients francophones Psoriasis-Contact à l’occasion de la Journée mondiale du psoriasis.

Meeuwis KAP et al. Prevalence of genital psoriasis in patients with psoriasis. J Dermatolog Treat, 2018.
Meeuwis KAP et al. Patients' experience of psoriasis in the genital area. Dermatology, 2012.
Hong JJ et al. Genital and Inverse/Intertriginous Psoriasis: An Updated Review of Therapies. Dermatol Ther (Heidelb), 2021.
Kelly A, Ryan C. Genital Psoriasis: Impact on Quality of Life and Treatment Options. Am J Clin Dermatol, 2019.

auteur : Olivia Regout - journaliste santé

Dernière mise à jour: octobre 2026

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