Lire pour le plaisir : 6 effets étonnants sur le cerveau et la santé mentale
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Et si vous déposiez votre téléphone quelques minutes pour lire un livre. Une synthèse de plusieurs années de recherche, menée par des chercheurs de l'université de Cambridge et publiée dans la revue Psychological Medicine, dresse la liste des bienfaits de la lecture pour le plaisir.
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1. Lire pour réduire le stress
C'est l'effet le plus rapide à mesurer. Une enquête britannique menée en 2015 auprès de 4164 adultes a observé qu'après seulement six minutes de lecture, le niveau de stress mesuré diminuait de 68 %. Cette même enquête confirme que la lecture est le moyen de décompresser préféré des adultes : 38 % d'entre eux la choisissent avant toute autre activité pour se détendre, et davantage de personnes se tournent vers un livre en cas de coup dur (35 %) que vers un verre de vin (31 %) ou un bain chaud (10 %).
2. Lire pour davantage de bien-être
3. Lire pour se sentir moins seul
Ce même sondage sur les groupes de lecture partagée montre que 42 % des participants se sont sentis moins seuls pendant le confinement grâce à la lecture, et 41 % plus connectés aux autres. Chez les 18-34 ans, l'effet est encore plus marqué : 56 % se sont sentis moins seuls pendant la pandémie et 59 % plus connectés aux autres grâce à la lecture. Les clubs de lecture amplifient cet effet : une étude portant sur 168 élèves de seconde a relevé que 14,3 % d'entre eux se sentaient moins seuls après avoir participé à un club de lecture, et une revue de 11 études a confirmé que la lecture partagée réduisait la solitude et l'isolement social chez les personnes âgées.
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4. Lire pour devenir plus empathique
La moitié des lecteurs interrogés dans l'enquête de 2015 se disent devenus plus tolérants envers des convictions différentes des leurs après avoir lu, et 17 % affirment rester calmes en cas de désaccord, contre seulement 5 % des non-lecteurs. L'imagerie cérébrale apporte quelques pistes pour comprendre ce phénomène : une étude par IRM fonctionnelle menée auprès de 26 jeunes adultes a montré que la lecture de fiction, en particulier de récits à forte teneur sociale, active des réseaux cérébraux impliqués dans la « théorie de l'esprit », c’est-à-dire la capacité à se représenter les pensées d'autrui. Les lecteurs de fiction les plus assidus obtenaient de meilleurs scores aux tests de cognition sociale.
5. Lire pour de meilleures capacités cognitives
C'est chez l'enfant que cet effet est le mieux documenté. Une étude portant sur plus de 10 000 adolescents américains (cohorte ABCD), suivis entre 9 et 13 ans, montre que ceux qui ont commencé à lire pour le plaisir tôt dans leur enfance présentent à l'adolescence de meilleures performances en attention, mémoire de travail et fonctions exécutives que les autres. La lecture est aussi liée aux performances en mathématiques : une étude ayant suivi 554 enfants pendant douze ans a montré qu'un bon niveau de lecture précoce était associé à une progression plus importante en maths, en particulier chez les enfants initialement en difficulté dans cette matière.
6. Lire contre le déclin cognitif lié à l'âge
C'est l'effet le plus prometteur à long terme, mais aussi le plus prudent à formuler. Une étude ayant suivi 5 437 adultes de 55 ans et plus pendant cinq ans a montré que les lecteurs réguliers étaient significativement moins susceptibles de développer des troubles cognitifs. Une autre, portant sur 801 personnes de 65 ans et plus suivies pendant 4,5 ans, a associé la lecture régulière de journaux, magazines et livres à une réduction de 33 % du risque de maladie d'Alzheimer ; une troisième, chez 469 personnes de 75 ans et plus, a trouvé une réduction de 35 % du risque de démence sur environ cinq ans de suivi. Fait notable : l'association entre lecture et moindre déclin cognitif a également été observée chez les personnes ayant différents niveaux d'éducation.
Une prudence s'impose cependant. Les autrices le rappellent elles-mêmes dans leur conclusion : les mécanismes cérébraux précis par lesquels la lecture produirait ces effets protecteurs ne sont pas encore totalement élucidés, et des recherches supplémentaires, notamment expérimentales, sont nécessaires pour établir un véritable lien de cause à effet. La lecture doit donc être considérée comme une habitude protectrice parmi d'autres, et non comme un moyen de prévention à elle seule.
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Comment profiter des bienfaits de la lecture au quotidien ?
- Quelques minutes suffisent pour l'effet anti-stress immédiat : pas besoin d'y consacrer des heures.
- Pas besoin de lire uniquement des romans : la « lecture plaisir » englobe aussi les livres numériques, magazines, bandes dessinées et romans graphiques. L'essentiel semble être de lire volontairement quelque chose que l'on apprécie.
- Pour un effet social en plus, rejoignez un club de lecture en bibliothèque, en Belgique comme en France.
- Chez l'enfant, partez de ses centres d'intérêt (série, jeu vidéo, BD) : c'est ce qui motive le plus les jeunes à lire, selon les données citées dans l'article.















