Appuyer sur le bouton snooze de son réveil, bonne ou mauvaise idée ?

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Nous sommes nombreux à repousser notre alarme pour grappiller quelques minutes de sommeil chaque matin. Selon les croyances populaires, cette habitude aurait des effets néfastes sur notre réveil. Une étude suédoise, publiée dans le Journal of Sleep Research et menée en laboratoire, a pourtant conclu qu'une demi-heure de « snoozing » ne dégradait ni la nuit ni les capacités au réveil. Depuis, une analyse portant sur plus de 3 millions de nuits est venue tempérer ces résultats. Alors faut-il appuyer sur le bouton snooze ou non ?

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Le snooze est une habitude très répandue

Dans une première étude menée à Stockholm auprès de 1.732 personnes, près de sept participants sur dix (69 %) déclaraient utiliser au moins occasionnellement la fonction snooze ou programmer plusieurs alarmes. Chez ceux qui snoozent, la durée moyenne avoisine 22 minutes par matin.

Les principales raisons évoquées étaient simples :

  • se sentir trop fatigué pour se lever à la première sonnerie,
  • apprécier ce réveil progressif,
  • préférer émerger plus lentement du sommeil.

Le profil du snoozeur est assez net : il est en moyenne plus jeune que les autres et se décrit plus volontiers comme un « couche-tard ».

https://www.nature.com/articles/s41598-025-99563-y" target="_blank">Une autre étude, beaucoup plus vaste, confirme que cette habitude est loin d'être marginale. En analysant plus de 3 millions de nuits enregistrées par 21.000 utilisateurs d'une application de suivi du sommeil, les chercheurs ont constaté que :

  • 56 % des réveils se terminaient par au moins un snooze,
  • les utilisateurs appuyaient en moyenne 2,4 fois sur le bouton,
  • et repoussaient ainsi leur lever d'environ 11 minutes.

Voir aussi l'article : Coucher décalé et réveil difficile : le syndrome de retard du sommeil

Quelques minutes de plus : pas forcément un problème

L'étude expérimentale menée à Stockholm a observé 31 jeunes adultes habitués à utiliser le snooze pendant deux nuits en laboratoire. Un matin, ils étaient autorisés à utiliser la fonction snooze de leur alarme durant 30 minutes. Le jour suivant, ils devaient se lever dès que leur réveil sonnait. Chaque matin, les chercheurs ont évalué leur mémoire, leur rapidité de raisonnement, leur humeur et leur taux de cortisol salivaire, l'hormone qui participe à la mise en route de l'organisme.

Résultat : sur la demi-heure de snooze, les participants n'ont perdu qu'environ 6 minutes de sommeil réel. Autrement dit, la durée totale de leur nuit a été à peine affectée, malgré la fragmentation.

Surtout, le snooze leur a évité d'être arrachés au sommeil lent profond, la phase dont le réveil est le plus pénible : aucun des participants n'était en sommeil profond lors du lever après snooze, contre près d'un tiers dans l'autre condition. C'est probablement ce qui explique le second résultat : sur les tests cognitifs réalisés immédiatement après le réveil, les performances étaient équivalentes, voire légèrement meilleures, après avoir snoozé.

Les chercheurs n'ont en revanche observé aucun effet net du snooze sur la réponse du cortisol au réveil, ni sur l'humeur, ni sur l'architecture du sommeil de la nuit. Et, chose étonnante, les participants ne se sentaient pas subjectivement moins somnolents dans l'un ou l'autre cas : le bénéfice était mesurable, mais pas ressenti.

Voir aussi l'article : Quelle est la température idéale pour dormir ?

La réserve apportée par les données plus récentes

L'étude de 2025 ne mesurait ni les stades de sommeil ni les performances cognitives : elle se fonde sur les pressions du bouton enregistrées par l'application. Ses auteurs apportent néanmoins un éclairage différent, en s'appuyant sur ce que l'on sait par ailleurs du sommeil de fin de nuit.

Cette période est en effet particulièrement riche en sommeil paradoxal (REM), une phase qui joue un rôle important dans :

  • la consolidation de la mémoire,
  • le traitement des émotions,
  • les capacités d'apprentissage.

Le sommeil obtenu entre deux sonneries serait surtout un sommeil léger et fragmenté. C'est pourquoi plusieurs spécialistes recommandent de régler son réveil à l'heure la plus tardive possible et de se lever dès la première alarme.

Les chercheurs soulignent également que les gros utilisateurs du snooze (environ 45 % de l'échantillon, qui y recourent plus de huit matins sur dix) présentent des horaires de sommeil nettement plus irréguliers. Le snooze serait donc plutôt le marqueur d'une hygiène de sommeil dégradée qu'une cause directe de fatigue.

Ce n'est d'ailleurs pas le seul travail à tempérer les conclusions suédoises. Une petite étude japonaise menée en laboratoire aboutissait, elle, au constat inverse : le recours au snooze prolongerait l'inertie du sommeil, cette sensation de brouillard au réveil, en provoquant des réveils forcés à répétition.

Des résultats à interpréter avec prudence

Aucune de ces recherches ne permet de trancher définitivement.

Les participants de l'étude de Stockholm étaient jeunes (27 ans en moyenne), en bonne santé et déjà habitués à utiliser le snooze ; les mauvais dormeurs en étaient explicitement exclus. Les résultats ne s'appliquent donc pas nécessairement aux personnes souffrant d'insomnie, d'apnée du sommeil ou de privation chronique de sommeil. L'échantillon reste par ailleurs limité, et une seule durée de snooze a été testée : 30 minutes.

L'étude de 2025, elle, est observationnelle : elle décrit des associations dans la vie réelle, sans permettre d'établir un lien de cause à effet. Elle repose en outre sur des utilisateurs volontaires d'une application de suivi du sommeil, un public qui n'est pas représentatif de la population générale.

Conclusion : faut-il arrêter d'utiliser le snooze ?

L'état des données actuelles apportent une réponse nuancée : 

Si vous dormez suffisamment et que vous utilisez occasionnellement le snooze pendant une dizaine ou une vingtaine de minutes, rien n'indique que cette habitude soit réellement néfaste. Elle semble même faciliter le réveil des couche-tard et des personnes sujettes à la somnolence matinale.

En revanche, si vous repoussez systématiquement votre réveil plusieurs fois chaque matin, cela peut traduire un manque de sommeil, des horaires irréguliers ou un sommeil de moins bonne qualité. Dans ce cas, il est probablement plus bénéfique de gagner ces quelques minutes… en se couchant un peu plus tôt plutôt qu'en les récupérant entre deux sonneries.

Voir aussi l'article : Comment se lever plus facilement le matin ?

Voir aussi l'article : Sleep syncing : synchroniser son sommeil pour mieux dormir

Sources

https://www.eurekalert.org
https://www.healthline.com
https://onlinelibrary.wiley.com
https://news.nd.edu
https://www.nature.com

auteur : Olivia Regout - journaliste santé

Dernière mise à jour: août 2026

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