La maladie de La Peyronie (déviation du pénis en érection)

Dernière mise à jour: juin 2016 | 21839 visites
Dans cet article
La maladie de La Peyronie (déviation du pénis en érection)

dossier La maladie de La Peyronie est une anomalie du pénis dont le symptôme principal est une déviation de la verge en érection, en raison d'une sclérose des corps caverneux. Dans les cas sévères, le rapport sexuel est rendu impossible. Quelles en sont les causes et de quels traitements dispose-t-on ?

On estime que la maladie affecte 3 à 5 hommes sur 100, sachant qu'elle survient généralement vers la cinquantaine. Deux tiers des patients sont âgés de 40 à 60 ans.

Elle doit son nom à François de La Peyronie, chirurgien et confident du roi Louis XV, qui l’a décrite en 1743.

L’affection est causée par la formation de plaques plus ou moins épaisses sur la paroi des corps caverneux, les structures internes du pénis qui permettent l'érection. On parle de sclérose. Le corps caverneux n'étant plus en mesure de se dilater correctement lors de l'érection, cela va provoquer une déviation de la verge, sous forme de courbure.

La maladie de La Peyronie évolue typiquement en deux phases.

1° - Une inflammation accompagnée de douleurs, avec apparition de la déviation et parfois d'un raccourcissement du pénis. La douleur s'atténue progressivement, alors que la courbure peut s'accentuer ou au contraire s'estomper.

2° - La phase dite stable, avec une courbure permanente (en érection...) et indolore. Il est très improbable que la déviation disparaisse spontanément. Seule une intervention chirurgicale permet de corriger le problème.

Les symptômes

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Quels sont les signes les plus fréquents (variables d'une personne à l'autre) ?

• un durcissement perceptible du pénis même au repos (sensation de plaques)
• une courbure du pénis lors de l’érection
• des douleurs lors de l’érection
• des troubles de l’érection (chez environ la moitié des patients) à la fois en termes de qualité et de durée

Ces symptômes peuvent être la conséquence directe de la déviation (désalignement) du pénis, d’un dérèglement de la circulation sanguine au sein des corps caverneux, ou de problèmes d’ordre psychique (peur de ressentir des douleurs, crainte de ne pas être à la hauteur sur le plan sexuel...).

Les causes

La cause exacte de la maladie de La Peyronie reste inconnue, mais certains éléments explicatifs peuvent être avancés.

• Des micro-traumatismes du pénis, par exemple s’il se retrouve brusquement plié pendant un rapport sexuel.

• Une anomalie des vaisseaux sanguins du pénis suite à de l’artériosclérose (artères durcies et obstruées).

• Une forme de maladie de La Peyronie peut survenir à la suite d’une prostatectomie (ablation de la prostate).

• L’affection a été observée chez les personnes souffrant de la maladie de Dupuytren. Il s’agit d’un problème similaire, mais qui affecte la paume de la main. Environ 3% des patients atteints de la maladie de Dupuytren sont concernés par la maladie de La Peyronie et 20% des patients touchés par la maladie de La Peyronie sont aussi touchés par celle de Dupuytren. Cela évoque un facteur génétique.

• On cite des pathologies associées : hypertension artérielle, diabète, arthrite...

Le diagnostic

Il existe deux moyens d’établir un diagnostic formel de la maladie de La Peyronie.

1° - Lors de la palpation, le médecin détecte un nodule à l’arrière du pénis. Le praticien peut stimuler l'érection en injectant un produit dans le pénis, et vérifier la courbure.

2° - L'écho-Doppler permet de visualiser la présence des plaques et les altérations de la circulation sanguine.

Il faut savoir que la courbure du pénis peut avoir d'autres origines, mais le problème est alors observé à un âge beaucoup plus jeune (frein trop court, courbure congénitale, hypospadias...).

Le traitement

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Les médicaments

Divers médicaments peuvent être prescrits avec plus ou moins de succès pour combattre le processus inflammatoire et ralentir l'évolution de la maladie. Il s’agit de vitamine C ou E, de cortisone (sous forme de comprimés ou d’injections dans le pénis), de colchicine (un médicament utilisé contre les crises de goutte), de carnitine, de vérapamil (inhibiteur calcique), de tamoxifène... L'effet est aléatoire.

Le traitement ESWL

Pour extracorporeal shock wave lithotripsy ou lithotripsie extracorporelle par ondes de choc.

Ce traitement intervient lors de la phase inflammatoire aiguë et est similaire à celui destiné à éliminer les calculs aux reins. L'effet porte essentiellement sur une diminution de la douleur lors de l’érection, mais avec peu d’influence sur la courbure du pénis.

La chirurgie

Lorsque l'affection est stabilisée (après environ un an) et si la courbure et/ou les troubles de l’érection sont invalidants, une intervention chirurgicale sera envisagée. L'opération consiste à corriger la courbure du pénis et obtenir une amélioration de l’érection. Un retour à l’anatomie initiale est généralement impossible.

Le redressement par plicature. Cette technique assez simple et sûre peut être réalisée lorsque la courbure du pénis est relativement limitée et que l'érection est spontanée. Une petite incision cutanée est effectuée du côté opposé de la courbure. Un peu de peau est décollée afin de pouvoir réaliser une ou plusieurs plicatures destinées à redresser la verge (la peau est repliée sur elle-même). L'intervention entraîne un léger raccourcissement du pénis et parfois des troubles de la sensibilité et des problèmes d’érection.

La cavernoplastie. Lorsque la plaque est étendue et/ou que la maladie s’accompagne de troubles de l’érection, l’incision est directement effectuée dans la plaque afin de faire disparaître la tension provoquée par la courbure. Il est possible que la plaque soit complètement retirée et remplacée par un greffon. Le principal inconvénient de cette opération est le risque de perte de la qualité de l’érection et/ou d'endommagement des terminaisons nerveuses du pénis.

L'implant pénien. La pose d'une prothèse est essentiellement indiquée en cas d'impuissance.


publié le : 09/06/2016 , mis à jour le 08/06/2016
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