Le secret du panda : la paresse

Dernière mise à jour: octobre 2015 | 5551 visites
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news Le panda ne se nourrit pas correctement, loin s’en faut. Son alimentation lui fournit a priori trop peu d’énergie, ce qu’il compense par des dépenses particulièrement faibles.

« Le panda géant est une véritable énigme biologique », explique Le Figaro. « Il était fait pour être carnivore et pourtant, s’il grignote à l’occasion un œuf, un insecte ou un peu de viande, son régime est constitué à 99% de végétaux et il peut avaler jusqu’à 20 kilos de bambou par jour ». Le problème, c’est qu’il en tire très peu d’énergie : doté d’un unique estomac et d’un intestin court, sa digestion est trop rapide pour assimiler correctement les végétaux. Et en plus, sa flore intestinale est dominée par des bactéries spécifiques aux carnivores et ne contient que relativement peu d’enzymes nécessaires à la dégradation de la cellulose.

Quand le panda ne mange pas, il ne fait pas grand-chose


Au regard de la théorie de l’évolution, le panda est un mystère. « Mais le panda géant a une tactique secrète pour survivre malgré ce régime particulièrement inadapté », poursuit Le Figaro. « Et ce secret, c’est qu’il dépense très peu d’énergie ». C’est ce que vient de démontrer une équipe de l’Académie chinoise des sciences. Ces chercheurs ont en effet établi, en étudiant des pandas en captivité et en liberté, que les dépenses caloriques – et donc les besoins - étaient beaucoup moins importantes que ce que l’on pouvait logiquement supposer. A titre de comparaison, elles sont moitié moins élevées que pour un être humain de même poids.

« Trois éléments lui permettent de dépenser si peu. D’abord, son cerveau, son foie et ses reins, des organes vitaux parmi les plus énergivores, sont plus petits qu’attendu. Ensuite, quand il ne mange pas, le panda ne fait pas grand-chose : les pandas captifs et sauvages ne consacrent respectivement que 33% et 49% de leur temps à bouger, avec une vitesse de déplacement d’à peine 27 mètres à l’heure. Enfin, le panda géant présente des taux d’hormones thyroïdiennes particulièrement bas, avec une mutation sur le gène qui pilote la synthèse de ces hormones ordinairement chargées de booster le métabolisme ». Et à partir de là, « c’est une combinaison d’adaptations morphologiques, comportementales, physiologiques et génétiques, qui entraînent une dépense énergétique basse, qui semble permettre aux pandas de survivre à un régime composé de bambou ».

Source: Science (www.sciencemag.org)
publié le : 14/10/2015
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