Pipi au lit : les solutions pour votre enfant

Dernière mise à jour: août 2015
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Pipi au lit : les solutions pour votre enfant

dossier Votre enfant fait pipi au lit : est-ce normal ou préoccupant ? A partir de quel âge faut-il vraiment s’inquiéter et consulter un pédiatre ? Quelles sont les causes de l’énurésie nocturne ? A quelles méthodes et à quels traitements peut-on faire appel ?

L’énurésie nocturne se définit comme une perte involontaire d’urine chez l’enfant durant son sommeil, et ce à un âge où le développement neurologique est tel que cela ne devrait plus se produire. En règle générale, les enfants ne font plus pipi au lit lorsqu'ils atteignent 3 à 5 ans, mais c’est très variable d’un bambin à un autre.

En fait, le monde médical considère que l’énurésie nocturne devient réellement problématique lorsqu'elle survient régulièrement chez un enfant âgé de plus de 7 ans. Il conviendra alors de consulter un pédiatre.

On estime qu’environ 10% des enfants entre 6 et 7 ans sont concernés par une énurésie. Cela revient donc à dire qu’en première et deuxième année primaire, deux à trois enfants par classe doivent y faire face. L’énurésie touche davantage les petits garçons que les fillettes.

Le bambin souffrant d’énurésie nocturne fait pipi au lit sans s’en rendre compte. Il ne peut rien y faire. Les parents veilleront à ne pas se fâcher, à ne pas réprimander l’enfant. Cela ne ferait qu’accroître son sentiment de malaise et de culpabilité et diminuer encore sa confiance en lui.

Quelles causes ?

Trois facteurs peuvent - isolément ou ensemble - entraîner une énurésie nocturne.

Une production très élevée d’urine durant la nuit, en raison d'une sécrétion insuffisante d’hormone antidiurétique (ADH ou vasopressine).

Le seuil d’alerte. L'enfant ne se réveille pas lorsque sa vessie est pleine.

Une capacité fonctionnelle de la vessie assez réduite en combinaison avec une vessie dont l’activité est qualifiée d’instable.

Les enfants présentant une énurésie nocturne forment en fait un groupe assez hétérogène au sein duquel il convient de différencier les enfants qui affichent une importante production nocturne d’urine et ceux qui semblent avoir une vessie particulièrement active la nuit.

L'hérédité intervient également. Les enfants dont l’un des parents a été affecté par ce type de problème présentent davantage de risques que les autres. Une récente étude scientifique a permis d’identifier trois gènes en lien avec l’énurésie, mais d'autres recherches sont nécessaires pour en établir le rôle précis.

Quand faut-il traiter ?

Indépendamment de l’âge, le problème se résout spontanément chez 15% des enfants d'une année à l'autre.

Tant que l’énurésie n'engendre pas un impact négatif sur l’image de soi et sur le fonctionnement psychosocial de l'enfant, que ni lui ni ses parents ne la considèrent comme un réel problème (par exemple lorsque l’enfant souhaite aller dormir chez un copain), il est recommandé d’attendre qu’elle se résolve d'elle-même. A contrario, si l’énurésie est mal vécue, un traitement sera envisagé, mais seulement à partir de l’âge de 7 ans.

L'examen médical accordera une attention particulière à la fréquence des selles, aux habitudes alimentaires, aux mictions en journée, ainsi encore qu'aux éventuels antécédents familiaux.

Cette évaluation clinique suffira généralement pour poser le diagnostic. Des tests urinaires ou sanguins pourront être pratiqués afin d‘exclure une pathologie sous-jacente (diabète, infection urinaire...).

Quelle prise en charge ?

1°- Les mesures générales

Parlez-en avec votre enfant. Il est possible qu'il se réveille la nuit et n'ose pas s'aventurer dans le noir jusqu’aux toilettes. Si tel est le cas, prévoyez une source lumineuse.

Il n'est pas nécessaire d'interdire à l'enfant de boire avant d'aller se coucher, mais il est utile de limiter les quantités et de prévoir un détour par les toilettes.

Changez son lit en sa présence, de manière à davantage l'impliquer sans pour autant le brusquer.

2°- La méthode du calendrier

Il s’agit d’un système de récompense qui semble donner de bons résultats chez les enfants de 4 à 8 ans.

Dessinez une grille-calendrier avec l'enfant, en réservant une case par jour. Lorsque votre enfant n’a pas fait pipi au lit, il colorie une case, qui reste vide si ses draps ont été mouillés. Une dizaine de jours consécutifs avec des cases coloriées donneront droit à un cadeau convenu avec l'enfant (une demi-heure en plus de dessins animés, par exemple). Si cette méthode ne donne pas de résultat, n'insistez pas car elle pourrait au fil du temps décourager l'enfant.

3°- L’alarme-pipi

Ce petit appareil sonne dès que le pantalon de pyjama, la culotte, le caleçon ou les draps sont mouillés. L’enfant est alors réveillé et arrête d’uriner. Il coupe l’alarme et peut se rendre rapidement aux toilettes. Ce système est très sensible et réagit en présence de la moindre goutte d’urine. Il sera nécessaire d'attendre quelques semaines pour que l'enfant s'habitue et réagisse au mieux. Cette méthode donne des résultats positifs dans 70% cas, en sachant qu'elle s'adresse aux plus de 8 ans.

4°- Les traitements médicamenteux

Le dernier recours, lorsque les approches comportementales ont échoué.

La desmopressine

La desmopressine est un médicament de synthèse qui mime l'action de l'hormone antidiurétique. Le taux de réussite de ce traitement varie de 40% à 80%. Les rechutes sont fréquentes dès l’arrêt de la médication. Le médicament est administré sous forme de pulvérisation nasale au moment où l’enfant va dormir. Si l'énurésie survient dès les premières heures de sommeil, il conviendra d’administrer le traitement quelques heures avant que le coucher.

Le traitement ne doit pas être poursuivi s'il n'a donné aucun résultat après deux semaines. En cas d'effets positifs, le pédiatre laissera aux parents le choix entre une administration quotidienne ou occasionnelle (week-end chez un ami, voyage scolaire...).

Le traitement sera interrompu tous les trois mois pendant une semaine afin de vérifier si l’énurésie nocturne est encore présente. Les effets secondaires sont assez rares.

L’imipramine

Plusieurs études scientifiques ont montré l’efficacité de l’imipramine chez environ 50% des enfants. Néanmoins, les cas de récidive sont nombreux dès l’arrêt du traitement. L’imipramine constitue un choix possible lorsque les autres options thérapeutiques ont échoué, mais son administration doit impérativement se faire sous suivi médical strict.

Les anticholinergiques

L’oxybutynine est efficace chez les enfants qui souffrent d’hyperactivité urinaire et chez ceux qui n’ont pas répondu favorablement à la desmopressine. Parmi les effets indésirables, on identifie une sécheresse buccale, de la constipation, des troubles du comportement, une sensation de malaise, des étourdissements et/ou des vertiges. En cas de traitement prolongé, des analyses d'urine détecteront la présence éventuelle de résidus médicamenteux, avec risques d’infection urinaire.

Combiner la desmopressine et l’oxybutynine semble donner des résultats encourageants.

Chez les enfants qui rechutent après une longue période sans énurésie nocturne (plus de six mois), il faudrait avant tout déterminer si un événement stressant n’est pas à incriminer. Une maladie sous-jacente doit être recherchée.

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