La dépendance au sucre est-elle génétiquement déterminée ?

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Presque tout le monde connaît cette envie irrésistible de sucré : un soda, un biscuit ou un morceau de chocolat. Certains ressentent ce besoin plus fréquemment, plus intensément, parfois même tout au long de la journée. Est-ce une question d’habitude ou notre corps, voire même notre ADN, jouent-ils également un rôle ? Des études montrent que des mécanismes cérébraux, l’environnement et les facteurs génétiques peuvent influencer notre besoin de sucre.

Qu’est-ce que l’addiction au sucre ?

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© Getty Images

L’addiction au sucre se caractérise par un besoin irrépressible et persistant d'aliments sucrés, parfois accompagné d'une perte de contrôle sur la consommation. Bien qu'elle ne soit pas reconnue comme une dépendance au même titre que l'alcool ou les drogues, elle présente des similitudes évidentes au niveau du système de récompense cérébral.

Notre goût pour le sucré remonte aux débuts de l'évolution humaine. Pour nos ancêtres, les sources de sucre comme les fruits, le miel et certaines racines constituaient d'importantes sources d'énergie. Le sucre était rare mais précieux : il fournissait rapidement et pouvait être stocké sous forme de graisse en prévision des périodes de disette.

Au cours de cette évolution, l'être humain a développé une préférence innée pour les saveurs sucrées. Notre cerveau est en plus programmé de telle sorte que la consommation de glucides est considérée comme une récompense. Malheureusement, le sucre est omniprésent dans notre environnement alimentaire actuel et ce mécanisme se retourne contre nous.

Quel est l’effet du sucre sur le cerveau ?

Lorsque vous consommez du sucre, cela active le système de récompense du cerveau. Ce système libère notamment de la dopamine, un neurotransmetteur qui procure une sensation de plaisir et de motivation.

La dopamine joue un rôle important dans la répétition des comportements perçus comme gratifiants. Lorsque vous mangez quelque chose de savoureux, votre cerveau se souvient de cette sensation agréable et est incité à reproduire ce comportement.

Une consommation régulière et élevée de sucre peut entraîner une adaptation du cerveau à ces stimuli. Cela peut engendrer une tolérance : il faut alors consommer des quantités de plus en plus importantes de sucre pour ressentir le même effet agréable. Ce phénomène peut intensifier l’envie de sucreries.

Symptômes de l’addiction au sucre

Les signes possibles d'une forte dépendance au sucre sont :

  • Une envie intense d'aliments ou de boissons sucrés
  • Difficulté à limiter sa consommation de sucre, malgré les tentatives pour y parvenir
  • Continuez à consommer du sucre, même si cela a des conséquences négatives sur votre santé
  • Des symptômes semblables à ceux du sevrage, tels que l'irritabilité, la fatigue ou des envies irrésistibles, peuvent apparaître en cas de réduction de la consommation de sucre
  • Préférer le sucre à des activités ou à des responsabilités

Toutes les personnes qui consomment du sucre ne développent pas ces symptômes. La sensibilité varie considérablement d'une personne à l'autre.

Causes de l’addiction au sucre

Les envies de sucre et la consommation excessive de sucre résultent généralement d'une combinaison de facteurs :

  • Facteurs neurobiologiques : activation du système de récompense dans le cerveau
  • Habitudes et comportements : grignotage régulier ou se récompenser en mangeant du sucre
  • Stress et émotions : le sucre est souvent utilisé comme une « solution réconfortante » rapide
  • Le manque de sommeil peut perturber les hormones de la faim et de la satiété
  • Régime alimentaire : de longues périodes sans manger ou une consommation des plats ultra-transformés
  • Fluctuations de la glycémie : des pics et des chutes rapides peuvent déclencher de nouvelles envies
  • Environnement : le sucre est facilement disponible partout

La génétique intervient-elle dans la dépendance au sucre ?

Des recherches suggèrent que la génétique pourrait jouer un rôle dans l'intensité des envies de sucre ou dans la sensibilité du système de récompense aux saveurs sucrées.

Plusieurs gènes potentiellement impliqués dans nos préférences et notre comportement alimentaire ont été identifiés : 

  • TAS1R2 et TAS1R3 : ils sont impliqués dans la perception des goûts sucrés. Les individus porteurs de certains variants peuvent présenter une sensibilité gustative au sucre altérée.
  • TAS2R38 : il influence la sensibilité à l’amertume et peut indirectement entraîner une préférence plus marquée pour le sucré.
  • FGF21 : joue un rôle dans le comportement alimentaire et la récompense. Certains variants sont liés à une consommation de sucre plus élevée.
  • Gène FTO : il est associé à la régulation de l’appétit et à la préférence pour des aliments caloriques
  • APOE et RARB : influence possible sur les choix alimentaires, bien que le rapport n’ait pas encore été approfondi

Peut-on hériter d’une addiction au sucre ?

Oui, c’est possible. Bien que l’hérédité en matière d’addiction au sucre n’ait pas encore été totalement éclairée, certains indices suggèrent que des gènes héréditaires y contribuent. Des études sur les jumeaux ont montré que cette dépendance présente une composante héréditaire significative. Les vrais jumeaux, qui partagent exactement le même patrimoine génétique, présentent généralement des habitudes de consommation de sucre similaires, contrairement aux faux jumeaux, qui partagent environ la moitié de leurs gènes et ne présentent pas toujours cette même caractéristique

La génétique ne constitue pas le seul facteur d’addiction au sucre. Celle-ci résulte d'une combinaison de facteurs neurochimiques, psychologiques et environnementaux, principalement via la libération de dopamine dans le système de récompense du cerveau. Ce phénomène est comparable à celui qui est provoqué par des substances addictives. Une forte consommation chronique de sucre, le stress, le manque de sommeil et un accès aisé à des aliments ultra-transformés, qui contiennent souvent beaucoup de sucre, constituent les principaux facteurs déclencheurs. Les pics et chutes rapides de la glycémie provoquent une forte envie de sucre. Ce phénomène perturbe également les hormones régulatrices de la faim, comme l'insuline et la leptine, ce qui peut favoriser la surconsommation. Le sucre est souvent un moyen de gérer le stress et d’améliorer l’humeur.  

Que faire face aux envies irrésistibles (cravings) ?

Même si la génétique et les mécanismes cérébraux jouent un rôle, vous pouvez limiter votre consommation de sucre et vos envies.

  1. Identifiez vos déclencheurs : demandez-vous si vous avez réellement faim ou si vous ressentez plutôt du stress, de la fatigue ou de l’ennui.
  2. Optez pour des alternatives : les fruits peuvent souvent satisfaire une envie de sucré de manière plus saine.
  3. Mangez plus régulièrement : des repas plus équilibrés et plus légers contribuent à stabiliser la glycémie.
  4. Privilégiez la satiété : choisissez des aliments riches en protéines et en fibres, comme les noix, les légumes, les légumineuses et les produits laitiers.
  5. Limitez les aliments ultra-transformés : ils provoquent souvent des pics rapides de glycémie et une augmentation des envies de grignotage.
  6. Remplacez les boissons sucrées par de l’eau, du thé ou des alternatives sans sucre
  7. En appliquant ces habitudes de manière constante, vous parviendrez à diminuer progressivement le nombre de fringales.

FAQ

La dépendance au sucre est-elle vraiment une addiction ?
Elle n'est pas officiellement reconnue comme une addiction classique, mais le sucre active des mécanismes de récompense similaires dans le cerveau.
 
Puis-je hériter d’une addiction au sucre ?
On ne peut pas «hériter» d’une dépendance, mais on peut hériter d’une sensibilité génétique aux saveurs sucrées et aux réactions de récompense.
 
Pourquoi ai-je davantage envie de sucre quand je suis fatigué ?
Le manque de sommeil perturbe les hormones qui régulent la faim et la satiété, ce qui vous pousse à vous tourner plus rapidement vers des sources d'énergie rapide comme le sucre.
 
Comment puis-je diminuer mes envies de sucre ?
Manger plus régulièrement, réduire le stress et choisir des alternatives nutritives peuvent souvent diminuer les envies de sucre.

Sources :
https://onlinelibrary.wiley.com
Di Qin, Jiayu Qi, Fuqiang Shi, Zhihua Guo, Hongwu Li (2025). Sugar Addiction: Neural Mechanisms and Health Implications. Brain and Behavior, Open Access, 14 july.https://herseninstituut.nl
https://adntro.com
Jorien L Treur, Dorret I Boomsma, Lannie Ligthart, Gonneke Willemsen, Jacqueline M Vink (2016). Heritability of high sugar consumption through drinks and the genetic correlation with substance use. Am J Clin Nutr.; Oct;104(4):1144-1150.
https://hw.qld.gov.au
https://healthyliferecovery.com

Source: Dr.ir. Eric De Maerteleire auteur : Hilde Deweer - journaliste lifestyle

Dernière mise à jour: juin 2026

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