Pendant une anesthésie générale, 1 personne sur 10 resterait (en partie) consciente

Dernière mise à jour: juin 2022
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Une « conscience connectée », c’est-à-dire des réactions à son environnement général, subsisterait chez une part non négligeable de personnes sous anesthésie générale. C’est le résultat d’une étude récente visant à mieux comprendre le fonctionnement de l’anesthésie.

Comment l’anesthésie générale (AG) agit-elle en fonction de certaines différences biologiques, notamment le sexe et l’âge ? C’est ce qu’a cherché à savoir une étude internationale qui a observé 338 jeunes adultes (âge moyen de 30 ans) en utilisant la technique de l’avant-bras isolé : peu après l’intubation trachéale, les sujets devaient serrer la main une fois s’ils comprenaient ce qu’on leur disait, et deux fois s’ils souffraient. Le but premier de l’étude ? Établir l’incidence de ce qu’on appelle la « conscience connectée ». On parle de conscience connectée pour décrire la réaction d’un individu à certains stimuli, mais dans la conscience connectée, les personnes ne se souviennent pas de ce qui s’est passé par la suite. Elles ont donc une certaine forme d’attention mais ne sont (heureusement) pas pleinement conscientes.

Voir aussi l'article : Anesthésie : que faut-il savoir ?

Des sensations pendant l’anesthésie générale

Ce que les chercheurs ont constaté : la conscience connectée est intervenue chez 11% des jeunes adultes intubés. Environ la moitié de ces personnes ont indiqué souffrir, ce qui a été rapidement corrigé en ajustant la dose de produit anesthésiant. Par ailleurs, le niveau de conscience connectée était plus faible lorsqu’une dose continue d’anesthésiant était maintenue après l’intubation. 

Les scientifiques ont également constaté que les femmes étaient plus susceptibles de faire l’expérience d’une conscience connectée que les hommes : elles sont 13% à avoir répondu aux commandes sous anesthésie contre 6% d’hommes. La raison pour laquelle elles réagissent davantage reste à ce jour inconnue. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour comprendre les différences liées au sexe, mais aussi à l’âge, puisque selon les précédentes études, les jeunes adultes seraient plus enclins à faire l’expérience de la conscience connectée sous anesthésie générale. 

"Les patients s'attendent à être inconscients sous anesthésie et à ne pas souffrir, et cela montre pourquoi la recherche sur l'anesthésie est si importante", a déclaré Robert Sanders, co-auteur de l’étude.

Voir aussi l'article : Quels sont les différents types d’anesthésie ?

Les anesthésiques restent très sûrs

Lors de l’étude, seule une personne se souvenait de l’expérience de la chirurgie, ce qui se rapproche du 0,1% des personnes qui, selon l’état actuel des connaissances, aurait une prise de conscience involontaire lors de l’anesthésie. En résumé, un très faible pourcentage de personnes seraient vraiment conscientes lors d’une AG.

Rassurez-vous donc, si vous devez subir une anesthésie générale : "Il est très important de noter que les patients ne se souviennent pas d'avoir répondu aux commandes", explique encore le Dr. Sanders, notant que dans l'ensemble, les anesthésiques généraux sont très sûrs. Il ajoute enfin que si les médicaments anesthésiques sont administrés en continu entre le début de l’anesthésie et l’intubation, le risque de conscience connectée est considérablement réduit.

Voir aussi l'article : Anesthésie : le cerveau mémorise-t-il les odeurs ?

Sources : 
www.bjanaesthesia.org
www.sciencealert.com
www.pnas.org

auteur : Amélie Micoud - journaliste santé
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