Le cancer colorectal (cancer du côlon) : symptômes, dépistage, stades, traitement, survie

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Le cancer colorectal ne provoque pas toujours de symptômes visibles, ce qui rend le dépistage essentiel pour un diagnostic précoce. Plus le cancer du côlon est détecté tôt, meilleures sont les chances de survie. Quels sont les stades de la maladie, les traitements disponibles, et quels facteurs de risque faut-il connaître ?

Qu'est-ce qu'un cancer colorectal ?

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Le cancer du côlon se développe généralement à partir d'un polype bénin.

Le cancer colorectal, également appelé cancer du côlon ou cancer de l’intestin, se développe à partir des cellules qui tapissent la paroi interne du gros intestin. La grande majorité des cancers colorectaux, environ 95%, sont des adénocarcinomes, qui prennent naissance à partir de polypes bénins. Ces polypes peuvent évoluer lentement sur plusieurs années, généralement 5 à 10 ans, avant de devenir cancéreux si aucun traitement ou dépistage n’est réalisé.

La maladie progresse de manière graduelle. Dans un premier temps, le cancer colorectal touche une zone limitée de la muqueuse (la première couche de la paroi interne du côlon). Si elle n’est pas traitée, elle peut s’étendre aux couches plus profondes, devenant alors invasive. À un stade avancé, les cellules cancéreuses peuvent atteindre les ganglions lymphatiques puis se propager à d’autres organes, formant des métastases.

Chaque année, plus de 7000 Belges sont diagnostiqués avec un cancer colorectal, ce qui en fait le quatrième cancer le plus fréquent dans le pays. Il touche hommes et femmes à parts égales, et le risque augmente nettement après 50 ans.

Voir aussi l'article : Des polypes au cancer du côlon : l’importance du dépistage

Stades du cancer colorectal et survie

Le pronostic dépend fortement du stade au moment du diagnostic :

StadeÉtendueSurvie à 5 ans
0Cancer très précoce limité à la muqueuseprès de 100 %
ITumeur limitée à la paroi du côlon, sans ganglionsenviron 90 %
IITumeur profonde, ganglions non atteints70-85 %
IIIAtteinte des ganglions régionaux50-70 %
IVMétastases à distance (foie, poumons…)10-15 %, mais les traitements modernes peuvent améliorer le pronostic

Ces chiffres montrent l’importance du dépistage précoce et d'une surveillance régulière après ablation de polypes.

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Les différents stades du cancer colorectal

Facteurs de risque du cancer colorectal

Dans environ 75 % des cas, aucun facteur particulier n’est identifié. Pour les cas restants,plusieurs éléments peuvent augmenter le risque :

  • Hygiène de vie : certaines habitudes (alimentaires notamment) constituent des facteurs aggravants : la consommation d’alcool et de tabac, le surpoids et le manque d'activités physiques ainsi que la consommation excessive de viande rouge et de charcuteries.
  • Antécédents familiaux et hérédité : le risque de développer un cancer colorectal est environ doublé lorsqu’un parent proche (parents, frères ou sœurs) a déjà été atteint. Ce risque peut être lié à des gènes hérités ou à des facteurs environnementaux communs dans la famille.
  • Syndromes génétiques rares : deux syndromes génétiques rares, le syndrome de Lynch et la polypose adénomateuse familiale (PAF), augmentent fortement le risque de cancer colorectal. Ils représentent environ 5% des cas. Les membres de la famille peuvent bénéficier d’un dépistage génétique et d’une surveillance préventive si nécessaire.
  • Âge : la plupart des patients atteints du cancer du côlon ont plus de 50 ans. Néanmoins, la maladie peut survenir à tout âge. L'âge moyen est plus élevé chez les femmes (72 ans) que chez les hommes (69 ans).
  • Présence de polypes : les excroissances malignes dans le côlon se développent presque toujours à partir de polypes bénins. Environ 5 % des polypes deviennent malins. Un quart de la population développe des polypes intestinaux à l'âge de 50 ans. Enlever ces polypes réduit considérablement le risque de développer un cancer colorectal.
  • Récidive de cancer : il existe un risque accru de développer une deuxième tumeur du côlon chez un patient qui a déjà eu un cancer colorectal.
  • Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) : les patients atteints de rectocolite active de longue durée (plus de 10 ans) ou de la maladie de Crohn avec atteinte du côlon présentent un risque accru de cancer colorectal.

Voir aussi l'article : Cause du cancer du côlon : génétique ou mode de vie ?

Symptômes du cancer colorectal

Un cancer colorectal est souvent asymptomatique à un stade précoce. Certains signes ou changements doivent toutefois vous pousser à consulter un médecin sans tarder :

  • Changement persistant de la fréquence ou de la consistance des selles (diarrhée ou constipation)
  • Présence de sang dans les selles
  • Douleurs abdominales ou crampes répétitives
  • Perte de poids inexpliquée
  • Fatigue persistante

Même si ces signes peuvent avoir d’autres causes, il est important de consulter un médecin rapidement.

Voir aussi l'article : Sang dans les selles : les causes et quand s’inquiéter

Dépistage du cancer colorectal

Le cancer colorectal est l'un des cancers les mieux soignés s'il est diagnostiqué à un stade précoce. Une tumeur du côlon se forme toujours à partir d’un polype bénin. Ainsi, en détectant et en retirant les polypes à ce stade, le cancer du côlon peut être évité chez de nombreuses personnes. 

Rappelons que les polypes ou les tumeurs à un stade précoce ne présentent que peu de symptômes. Le dépistage de polypes est donc recommandé à partir de 50 ans ou plus tôt chez les personnes avec des facteurs de risque accrus. 

Les groupes à risque nécessitent une coloscopie précoce et un suivi spécifique : les personnes ayant des antécédents familiaux ou personnels (polypes, cancers), souffrant de maladies inflammatoires de l'intestin (MICI) ou avec des prédispositions génétiques. 

Il existe différents moyens pour détecter des polypes ou tumeurs malignes.

Test iFOBT : dépistage organisé en Wallonie et à Bruxelles

Le test iFOBT (test immunologique de recherche de sang occulte dans les selles) doit être réalisé tous les deux ans entre 50 et 74 ans. Il permet de détecter la présence de sang invisible à l'oeil nu dans les selles.

  • En Wallonie, vous vous pouvez commander votre kit de dépistage sur le site www.depistagecancer.be. Le kit vous sera ensuite envoyé par la poste. Il vous sera ensuite envoyé automatiquement tous les 2 ans.
  • À Bruxelles, vous pouvez vous procurer le kit gratuitement en pharmacie. Après un premier dépistage, vous recevrez automatiquement un nouveau test par la poste tous les 2 ans.

Si le test est positif, cela signifie que du sang a été détecté dans les selles à un taux supérieur à la limite établie. C'est peut être un signe de lésion ou de polype sur la muqueuse intestinale. Un examen exploratoire s'impose afin de vérifier d’où vient le saignement : un coloscopie vous sera prescrite par votre médecin.

Si vous présentez des symptômes ou des facteurs de risque, une colonoscopie sera requise sans passer par un test iFOBT.

Voir aussi l'article : Dépistage du cancer du côlon organisé en Wallonie et à Bruxelles : mode d'emploi

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© Getty Images - Un auto-test pour le cancer du côlon peut servir de premier signal d'alerte.

Auto-test du cancer du côlon

Si vous avez moins de 50 ans ou plus de 74 ans, vous ne pouvez pas bénéficier du kit de dépistage du cancer du côlon gratuit. Si vous souhaitez vous faire tester, vous pouvez acheter un autotest à faire à la maison. Celui-ci peut servir de premier signal d’alerte, mais en l’absence de contrôle qualité et de suivi médical, sa fiabilité reste limitée. Consultez toujours votre médecin en cas de symptômes ou de doute, quel que soit votre âge.

Voir aussi l'article : L'autotest pour le dépistage du cancer du côlon est-il fiable ?

La coloscopie ou colonoscopie

Le gastro-entérologue examine l’intérieur du côlon à l’aide d’un long tube flexible (coloscope). L’examen est réalisé en hôpital de jour, éventuellement sous anesthésie générale, et dure environ 20 à 30 minutes. Il permet de détecter la présence de polypes précancéreux avant leur évolution en un cancer du côlon.

  • Soit aucun polype n'est trouvé : dans ce cas, il n'y a pas de cancer du côlon. Un nouvel examen endoscopique n'est pas nécessaire pendant les 10 prochaines années.
  • Si des polypes sont trouvés, ils seront retirés directement lors de cet examen et analysés en laboratoire. Trois semaines plus tard, votre médecin traitant recevra les résultats. Si les polypes sont bénins, une nouvelle coloscopie ne sera pas nécessaire pendant les 5 prochaines années. Si les polypes sont malins, le diagnostic est un cancer du côlon. Votre médecin traitant discutera alors avec vous des traitements possibles.

Voir aussi l'article : Coloscopie ou colonoscopie: préparation, régime, anesthésie, procédure

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© Getty Images - Si des polypes sont trouvés lors de la coloscopie, ils seront directement retirés et analysés en laboratoire pour vérifier la présence d'éventuelles cellules cancéreuses.

La coloscopie virtuelle (CT colon)

Pour les personnes souhaitant une alternative moins invasive à la coloscopie classique, il existe la coloscopie virtuelle, également appelée CT colonography. Cette technique utilise un scanner pour obtenir des images détaillées du côlon et du rectum, sans insertion d’endoscope. Le but est de détecter les polypes précancéreux ou les tumeurs à un stade précoce, tout en limitant l’inconfort lié à l’examen traditionnel.

La coloscopie virtuelle est particulièrement indiquée lorsque la coloscopie classique est contre-indiquée ou risquée. En Belgique, cette pratique est moins courante que la coloscopie traditionnelle, qui reste l’examen de référence. La coloscopie virtuelle ne remplace pas entièrement la coloscopie classique : si des anomalies sont détectées, une coloscopie standard reste nécessaire pour retirer les polypes ou réaliser une biopsie.

Voir aussi l'article : Recherche : le cancer du côlon bientôt dépisté grâce à une simple prise de sang ?

Traitement du cancer colorectal

Le traitement du cancer colorectal dépend principalement de la taille de la tumeur, de sa localisation et de son stade. Dans la majorité des cas, il combine plusieurs approches afin d’optimiser les chances de guérison et de réduire le risque de récidive.

Chirurgie

La chirurgie est le traitement central pour la plupart des cancers du côlon. Elle consiste à retirer la tumeur ainsi qu’une partie de l’intestin, avec parfois l’ablation des ganglions lymphatiques voisins pour éviter la propagation du cancer.

elon la localisation de la tumeur, le patient peut avoir besoin d’une stomie temporaire (une poche extérieure pour évaucer les selles) pour permettre à l’intestin de cicatriser après l'opération, ou dans de rares cas, d’une stomie permanente.

Les techniques chirurgicales ont beaucoup évolué : la chirurgie mini-invasive ou robotisée réduit les douleurs, raccourcit le temps de récupération et diminue les complications post-opératoires.

Pour certaines tumeurs du rectum, la TEM (microchirurgie endoscopique transanale) permet de retirer de petites tumeurs directement par l’anus, évitant une intervention plus lourde sur l’abdomen.

Chimiothérapie

La chimiothérapie est souvent utilisée en complément de la chirurgie, surtout lorsque la tumeur est avancée ou présente un risque de récidive. Elle peut aussi être indiquée pour traiter des cancers métastatiques, parfois en association avec des thérapies ciblées comme les traitements anti-VEGF ou anti-EGFR, qui agissent spécifiquement sur certaines caractéristiques des cellules cancéreuses.

Immunothérapie

Dans certains cas, l’immunothérapie peut être proposée, notamment pour les cancers présentant une instabilité des microsatellites (MSI-H). Ce type de traitement aide le système immunitaire à mieux reconnaître et attaquer les cellules cancéreuses, offrant une option supplémentaire lorsque les traitements classiques sont insuffisants.

Suivi après le traitement

Après le traitement, un suivi régulier est indispensable. Il inclut des coloscopies de contrôle pour vérifier l’absence de nouvelles lésions, ainsi que des examens d’imagerie afin de détecter d’éventuelles métastases. La fréquence et la nature du suivi dépendent du stade initial du cancer et du profil de risque de chaque patient, mais il est essentiel pour maximiser les chances de détection précoce d’une éventuelle récidive.

Prévenir le cancer colorectal

La prévention du cancer colorectal repose sur deux axes principaux : soigner son hygiène de vie d'une part et, d'autre part, détecter les lésions précoces et les soigner.

Adopter une bonne hygiène de vie

Adopter un mode de vie sain peut réduire significativement le risque de développer la maladie. Il est recommandé de :

  • limiter la consommation d’alcool à un verre par jour au maximum, en incluant quelques jours par semaine sans alcool. Ne pas boire du tout reste évidemment l’option la plus saine.
  • éviter le surpoids, car l’obésité augmente le risque de cancer colorectal.
  • pratiquer une activité physique régulière : viser 30 à 60 minutes d’exercice d’intensité modérée à élevée chaque jour contribue à la prévention.
  • soigner son alimentation : privilégier les fruits, légumes et fibres, limiter les graisses animales et les aliments ultra-transformés, et réduire la consommation de viande rouge et de charcuteries.
  • ne pas fumer ou arrêter de fumer est un facteur important pour diminuer le risque.

Dépistage précoce

En parallèle, la détection précoce des polypes est cruciale. Les polypes précancéreux peuvent être retirés avant de devenir cancéreux, ce qui permet de prévenir efficacement l’apparition du cancer. Le dépistage est recommandé à partir de 50 ans, ou plus tôt pour les personnes présentant des facteurs de risque.

Voir aussi l'article : 15 conseils pour réduire votre risque de cancer

Voir aussi l'article : Calculez votre risque de cancer avec l'application gratuite du CHU de Liège

Résumé : cancer colorectal 

  • Le cancer colorectal peut évoluer lentement à partir de polypes bénins, ce qui permet une prévention efficace.
  • Le dépistage à partir de 50 ans (ou plus tôt pour certaines personnes à risque) augmente considérablement les chances de guérison.
  • Le pronostic dépend du stade : plus le diagnostic est précoce, meilleures sont les chances de survie.
  • Les traitements combinent chirurgie, chimiothérapie, immunothérapie et thérapies ciblées, adaptés à chaque patient.
  • Une hygiène de vie saine réduit le risque de développer la maladie.

Sources :
https://www.cancer.be
https://www.e-cancer.fr
https://www.msdmanuals.com



Dernière mise à jour: février 2026

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