Apnées du sommeil : causes, symptômes, traitements
- Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?
- Causes du syndrome d'apnée du sommeil
- Facteurs de risque d'apnée du sommeil
- Symptômes de l'apnée du sommeil
- Symptômes de l'apnée du sommeil chez la femme
- Risques pour la santé de l’apnée du sommeil
- Prévenir l’apnée du sommeil
- Diagnostic de l’apnée du sommeil
- Traitement de l'apnée du sommeil
- Remboursements par l'INAMI
dossier Le syndrome d’apnées du sommeil se manifeste par des arrêts répétés de la respiration pendant la nuit. Ces interruptions perturbent le sommeil profond et peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé, notamment sur le cœur, le cerveau et la vigilance pendant la journée.
Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?
© Getty Images
L’apnée du sommeil correspond à un arrêt de la respiration d’au moins 10 secondes pendant le sommeil. Une hypopnée est une respiration fortement réduite pendant au moins 10 secondes.
Pendant ces pauses respiratoires, le taux d’oxygène dans le sang peut chuter, ce qui oblige le cerveau à réveiller brièvement le corps pour relancer la respiration. Ces micro-réveils, le plus souvent imperceptibles, parfois brutaux, se répètent tout au long de la nuit et empêchent un sommeil réparateur.
Tout le monde peut parfois avoir une pause respiratoire pendant la nuit. On parle de syndrome d’apnées du sommeil à partir de 5 apnées ou hypopnées par heure de sommeil accompagnées de symptômes, ou à partir de 15 par heure, même sans symptôme.
Pour évaluer la gravité des apnées, on mesure le nombre de pauses respiratoires par heure à l’aide de l’Index Apnée-Hypopnée (IAH) :
- IAH de 5 à 14 : apnée du sommeil légère
- IAH de 15 à 29 : apnée du sommeil modérée
- IAH de 30 ou plus : apnée du sommeil sévère
Causes du syndrome d'apnée du sommeil
On distingue trois formes principales d’apnée du sommeil :
- Syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS)
C’est de loin la forme la plus fréquente. Pendant le sommeil, les muscles de la gorge se relâchent. Le voile du palais, la langue ou d’autres tissus mous bloquent alors partiellement ou complètement le passage de l’air. Ce rétrécissement provoque souvent des ronflements. Quand l’air ne passe presque plus, il se produit une hypopnée. Quand il ne passe plus du tout, c’est une apnée. - Syndrome d’apnée centrale du sommeil (SCAS)
Ici, les voies respiratoires restent ouvertes, mais le cerveau n’envoie pas correctement aux muscles respiratoires le signal de respirer. Cette forme est plus rare. Elle s’observe surtout en cas d’insuffisance cardiaque, après un AVC, chez les personnes qui prennent des médicaments opioïdes ou lors de séjours en haute altitude. - Forme mixte
Elle associe une obstruction des voies respiratoires et un défaut de commande respiratoire par le cerveau. Elle nécessite une prise en charge individualisée.
Facteurs de risque d'apnée du sommeil
Certains facteurs augmentent le risque d’apnée du sommeil :
- Surpoids et obésité, en particulier au niveau du cou
- Tour de cou large (plus de 43 cm chez l’homme, plus de 40 cm environ chez la femme)
- Âge avancé
- Sexe masculin, mais aussi la ménopause chez la femme
- Prédisposition familiale
- Consommation d’alcool, de somnifères ou de sédatifs le soir
- Tabagisme
- Nez bouché de façon chronique
- Grosses amygdales, luette volumineuse, mâchoire en retrait
- Sommeil sur le dos
- Hypothyroïdie
- Ronflement : à la fois symptôme et facteur de risque
Voir aussi l'article : Pourquoi ces ronflements ?
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Apnée du sommeil chez les enfantsBien que l'apnée du sommeil survienne principalement chez l'adulte, elle peut également toucher les enfants. Chez eux, l’apnée est souvent liée à une hypertrophie des amygdales et peut nécessiter une ablation. Les végétations peuvent également être en cause. |
Symptômes de l'apnée du sommeil
Les symptômes évocateurs d'un syndrome de l'apnée du sommeil comprennent :
- des ronflements importants,
- des arrêts respiratoires pendant le sommeil, parfois suivi de ronflements bruyants et/ou d'une agitation nocturne,
- des réveils en sursaut avec la sensation de s'étouffer,
- une somnolence diurne excessive,
- une irritabilité et des troubles de la concentration,
- des maux de tête au réveil,
- des sueurs nocturnes,
- une bouche sèche ou une gorge douloureuse au réveil,
- des mictions fréquentes la nuit.
Voir aussi l'article : Nycturie ou pollakiurie nocturne : pourquoi j’urine beaucoup la nuit ?
Symptômes de l'apnée du sommeil chez la femme
Chez la femme, l’apnée du sommeil se manifeste souvent moins par des ronflements que par :
Ces signes sont facilement attribués au stress ou à la ménopause, ce qui retarde le diagnostic. Le risque augmente pourtant nettement après la ménopause. En cas de doute, parlez-en à votre médecin, même si vous ne ronflez pas. Voir aussi l'article : Symptômes de l'apnée du sommeil chez la femme : quand consulter ? |
Risques pour la santé de l’apnée du sommeil
L'apnée du sommeil peut avoir des conséquences importantes sur la santé :
Somnolence et troubles cognitifs
Les apnées du sommeil perturbent le cycle normal du sommeil, en particulier les phases de sommeil profond et paradoxal, qui sont essentielles pour la récupération physique et mentale. Cette perturbation peut provoquer :
- Somnolence diurne : les personnes se sentent constamment fatiguées, même après une nuit complète, ce qui peut augmenter le risque d’accidents au travail ou sur la route.
- Difficultés de concentration et perte de mémoire : le cerveau ne bénéficie pas d’un sommeil réparateur, ce qui peut affecter la mémoire, la prise de décision et la capacité d’attention.
- Irritabilité et changements d’humeur : la fatigue chronique peut rendre plus sensible au stress et aux émotions négatives, impactant la vie personnelle et professionnelle.
Maladies cardiovasculaires et métaboliques
Le manque d’oxygène causé par les apnées répétées met le cœur et les vaisseaux sous pression. Cela augmente le risque de développer diverses maladies cardiovasculaires :
- Hypertension : la tension artérielle peut monter, surtout la nuit, ce qui fatigue le cœur sur le long terme.
- Arythmies nocturnes : des irrégularités du rythme cardiaque peuvent survenir pendant le sommeil, parfois sans symptômes apparents.
- Insuffisance cardiaque : le cœur peut s’affaiblir, notamment chez les personnes déjà fragilisées par d’autres maladies cardiaques.
- Infarctus ou AVC : le risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral augmente, surtout en présence d’athérosclérose ou d’autres facteurs de risque cardiovasculaires,
- Diabète de type 2.
Voir aussi l'article : Pourquoi je me réveille toutes les nuits à 3 ou 4 heures du matin ?
Prévenir l’apnée du sommeil
On peut réduire le risque d'apnée du sommeil et atténuer ses symptômes en adoptant un mode de vie sain :
- en maintenant un poids santé,
- en arrêtant de fumer,
- en évitant l'alcool avant d'aller dormir,
- en évitant les somnifères et les tranquillisants,
- en maintenant une bonne hygiène de sommeil,
- en pratiquant une activité physique régulière.
Diagnostic de l’apnée du sommeil
Si votre médecin suspecte un syndrome d'apnée du sommeil, il vous prescrira souvent un premier test du sommeil à effectuer à domicile (test ambulatoire).
L'appareil portable enregistrera vos données durant la nuit. Il se compose généralement de plusieurs capteurs que vous placez sur le corps. L’appareil enregistre pendant la nuit :
- la respiration, grâce à une petite canule placée sous le nez,
- les mouvements du thorax et du ventre, grâce à des ceintures,
- le taux d’oxygène dans le sang, grâce à un capteur placé au doigt,
- et selon les modèles, le rythme cardiaque et la position de sommeil.
En Belgique, pour que le traitement soit remboursé, le diagnostic doit être confirmé par une polysomnographie réalisée lors d’une nuit d’hospitalisation dans un centre du sommeil conventionné.
Cet examen mesurera plusieurs données :
- l’activité du cerveau (EEG),
- les mouvements des yeux (EOG),
- l’activité des muscles (EMG),
- le flux d’air par le nez et la bouche,
- les mouvements du thorax et du ventre,
- le taux d’oxygène dans le sang,
- les ronflements,
- la position de sommeil,
- le rythme cardiaque (ECG).
Des examens supplémentaires peuvent être réalisés pour évaluer la fonction pulmonaire ou rechercher des obstructions nasales ou pharyngées.
Traitement de l'apnée du sommeil
Mesures générales
Elles sont recommandées dans tous les cas :
- perdre du poids si nécessaire,
- éviter l’alcool et les sédatifs le soir,
- arrêter de fumer.
Si les apnées surviennent surtout sur le dos, un dispositif qui empêche de dormir dans cette position peut aider.
Chez les personnes obèses, la perte de poids peut nettement réduire les apnées. L’Agence européenne du médicament reconnaît d’ailleurs que le tirzépatide (Mounjaro), un médicament contre l’obésité, améliore l’apnée du sommeil.
Appareil à pression positive continue (CPAP)
Le CPAP reste le traitement de référence de l’apnée modérée à sévère. Cet appareil, relié par un tuyau à un masque nasal ou facial, envoie de l’air sous légère pression pour maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. Pour être efficace, il doit être porté toutes les nuits, idéalement pendant toute la durée du sommeil.
Orthèse d’avancée mandibulaire (gouttière ODA)
Cette gouttière sur mesure maintient la mâchoire inférieure en position avancée pendant la nuit, ce qui libère le passage de l’air. Elle est surtout indiquée en cas d’apnée légère à modérée, ou lorsque le CPAP n’est pas toléré.
Traitement chirurgical
La chirurgie est envisagée dans des cas sélectionnés : anomalie anatomique (grosses amygdales, mâchoire en retrait) ou échec du CPAP et de l’orthèse. Les principales techniques sont :
- l’uvulo-palato-pharyngoplastie (UPPP) : intervention chirurgicale visant à réduire la quantité de tissu dans la gorge (luette et des tissus du pharynx).
- Avancement maxillo-mandibulaire (MMA) : avancement des mâchoires pour élargir les voies respiratoires.
- Avancement du génioglosse (GGA) : qui avance le point d’attache du muscle de la langue sur la mâchoire.
- Neurostimulation du nerf hypoglosse : un petit appareil implanté stimule le muscle de la langue pendant le sommeil pour l’empêcher de basculer vers l’arrière. Elle est réservée aux personnes chez qui les autres traitements ont échoué.
Remboursements par l'INAMI
En Belgique, le traitement par CPAP ou par orthèse est remboursé lorsqu’il est mis en place par un centre spécialisé ayant conclu une convention avec l’INAMI. Votre médecin traitant peut vous y orienter.
Les conditions sont les suivantes :
- le diagnostic doit être confirmé par une polysomnographie réalisée lors d’une hospitalisation,
- un second examen du sommeil, au centre ou à domicile, doit montrer que le traitement améliore la respiration,
- l’appareil doit être réellement utilisé : en dessous de 4 heures par nuit en moyenne, le traitement est arrêté après un avertissement.
Ce qui reste à votre charge :
- CPAP : 0,25 € par jour de traitement. Les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM) ne paient rien.
- Orthèse : 0,50 € par jour pendant 6 mois, soit environ 90 €. Les BIM ne paient rien.













