Médicaments anticholestérol : provoquent-ils vraiment des douleurs musculaires ?

Dernière mise à jour: mai 2021 | 1847 visites
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news On dit souvent que les médicaments hypocholestérolémiants provoquent des douleurs musculaires, et cela inquiète plus d’un patient. Pourtant, des données montrent que ce ne serait pas le cas, ce qui devrait rassurer et lever les réticences.

Les médicaments anticholestérol sont prescrits pour prévenir les accidents cardio (infarctus…) et cérébrovasculaires (AVC) chez les patients à risque. Mais beaucoup refusent de les prendre ou arrêtent le traitement après un certain temps, estimant que le médicament entraîne des douleurs musculaires et des crampes. Ils prennent alors beaucoup de risques.

Médicament ou placebo

Une équipe britannique (London School of Hygiene & Tropical Medicine) a enquêté sur ces rumeurs persistantes. Les chercheurs ont conduit une étude auprès de seniors et de personnes âgées réticents au traitement anticholestérol par peur de souffrir de douleurs musculaires. Ils ont été divisés en différents groupes et ils ont reçu soit un véritable agent hypocholestérolémiant, soit un placebo (substance chimiquement inactive).

Les résultats n’ont montré aucune différence en termes de douleurs musculaires entre les périodes au cours desquelles les participants ont pris un agent hypocholestérolémiant ou un placebo. Les médicaments hypocholestérolémiants n’ont donc aucune influence perceptible.

L'effet nocebo

Les chercheurs soulignent que lorsqu'ils s'en plaignent, les patients ne font pas semblant : ils ressentent vraiment des douleurs musculaires. On ne sait pas exactement ce qui cause ces symptômes, mais les spécialistes soupçonnent qu'il existe simplement un lien avec l'âge avancé des patients et avec leurs affections concomitantes ou sous-jacentes. Il est probable que l’effet nocebo joue également un rôle : les personnes s'attendent à ressentir des douleurs musculaires parce qu’on dit que le médicament qu’ils prennent en provoque.

Les auteurs espèrent qu'avec ces résultats, ils pourront encourager davantage de personnes à suivre ce traitement important. Les deux tiers des participants à cette étude ont d’ores et déjà décidé de reprendre le médicament.

L'étude présente cependant certaines limites. Un seul type de médicament hypocholestérolémiant et une dose (modérée) ont été étudiés. Dans un avenir proche, les scientifiques vont examiner les effets d'autres agents hypocholestérolémiants et à des doses plus élevées.

Voir aussi l'article : Statines : quand sont-elles réellement utiles ?

Source: Andy Furniere - journaliste santé / BMJ (www.bmj.com)
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