Pourquoi est-il parfois si difficile de faire un choix ?

Dernière mise à jour: décembre 2019 | 3824 visites
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news Dans la vie quotidienne, notre cerveau est sans cesse confronté à des choix. Et dans pas mal de cas, l’hésitation est grande et la décision est difficile. Que se passe-t-il ?

Lorsque la différence de qualité entre deux propositions est importante, le choix se fait très rapidement. Mais lorsque cette différence est minime, nous pouvons rester bloqué de longues minutes, voire bien davantage, avant de prendre une décision. Pourquoi devient-il si difficile de trancher entre deux options ou davantage ?

Une équipe suisse (université de Genève) a développé un modèle mathématique représentant la stratégie de choix optimale. Elle démontre que la décision ne repose pas sur la valeur propre de chaque proposition possible, mais sur la différence de valeur entre elles. Et cette stratégie maximise la sensation de récompense. Exemple simple. J’ai un petit creux et je mangerais bien un fruit. Pomme ou poire ? Banane ou raisin ? Si on n’aime pas l’un des deux fruits, la décision est simple. Mais si on apprécie les deux, c’est plus compliqué, alors qu’en fait, il n’y a pas de choix meilleur ou pire que l’autre.

Une évaluation complexe


Comme l’explique l’un des chercheurs, « face à deux propositions équivalentes ou presque, la stratégie optimale consiste à faire la somme des valeurs associées aux souvenirs que l’on a de chaque choix, puis de calculer la différence entre ces deux sommes de valeurs » (ai-je plus de souvenirs positifs, dans telle ou telle circonstance, associés à la pomme ou à la poire ?). « La décision tombe lorsque cette différence atteint une valeur seuil, fixée au préalable, et qui détermine le délai de décision. Ce modèle conduit à une prise de décision rapide lorsque les valeurs des deux possibilités sont très éloignées. Mais lorsque deux choix ont presque la même valeur, il nous faut plus de temps, car il est nécessaire de solliciter davantage de souvenirs pour que cette différence atteigne le seuil de décision ».

L’objectif pour le cerveau consiste en fait à maximiser les gains possibles. Lors d’une étape suivante, les neuroscientifiques vont se concentrer sur la manière dont le cerveau revisite la mémoire pour faire appel aux souvenirs liés à chaque choix possible, et comment il stimule les informations lorsqu’il est face à l’inconnu et qu’il ne peut prendre une décision fondée sur les souvenirs.

Voir aussi l'article : Se laver les mains pour confirmer une décision

Source: Nature Neuroscience (www.nature.com/neuro)
publié le : 08/12/2019 , mis à jour le 07/12/2019
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