Les meurtriers ont-ils un cerveau différent ?

Dernière mise à jour: octobre 2019 | 4308 visites
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news Le cerveau des meurtriers présente-t-il des différences (et si oui lesquelles) par rapport à celui des criminels qui n’ont pas commis d’homicide ? Et quelles conclusions peut-on en tirer ?

Cette équipe américaine (université du Nouveau-Mexique) n’est pas la première à explorer les caractéristiques neurologiques des meurtriers. D’autres travaux avaient ainsi mis en évidence des singularités (perturbation de l’activité neuronale) dans des zones comme le cortex préfrontal (prise de décision, humeur, inhibition, comportement social…) et l’amygdale (perception et gestion des émotions « primaires »). Ici, les neuroscientifiques ont réalisé une résonance magnétique (IRM) du cerveau d’un millier de détenus, séparés en deux grands groupes selon qu'ils avaient ou pas commis un meurtre. Une série de paramètres ont été pris en considération (toxicomanie, durée d’incarcération, maladie mentale, blessure à la tête…).

Le résultat montre, chez les auteurs d’un homicide, une réduction « significative » de la matière grise dans des aires « critiques » pour le contrôle du comportement et la cognition sociale (processus impliqués dans les interactions entre les individus), par rapport aux autres condamnés (violents ou non). Les auteurs expliquent que « ceci démontre pour la première fois que des anomalies cérébrales uniques pourraient permettre de distinguer les criminels susceptibles de tuer ».

Question : que fait-on avec cela, pour autant que cette hypothèse se confirme (des recherches bien plus approfondies sont évidemment nécessaires) ? Les chercheurs soulignent eux-mêmes que l’existence de ces singularités ne signifie pas que l’individu passera forcément à l’acte, et qu’elles sont insuffisantes pour évaluer la dangerosité d’une personne. Et puis aussi, fondamentalement, et à nouveau si elles se confirment, comment expliquer le développement de ces particularités cérébrales, et serait-il envisageable de les prévenir ou de les corriger ?

Source: Brain Imaging and Behavior (https://link.springer.com/j)
publié le : 22/10/2019 , mis à jour le 21/10/2019
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