Mort subite du nourrisson : les conseils et les signes d'alerte

Dernière mise à jour: août 2015
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Mort subite du nourrisson : les conseils et les signes d'alerte

dossier La mort subite du nourrisson qualifie le décès soudain, inopiné, sans cause apparente, d'un bébé âgé de moins d'un an pendant son sommeil. Quels sont les enfants à risque et quelles mesures de prévention peut-on adopter ?

Les spécialistes établissent des distinctions qu'il est important de connaître.

La mort inattendue du nourrisson (MIN) est le décès d'un bébé survenant alors que rien dans ses antécédents connus ne pouvait le laisser prévoir. Dans le langage habituel, que nous utiliserons dans ce dossier, la mort inattendue et la mort subite du nourrisson recouvrent une même réalité.

Le syndrome de mort subite du nourrisson ou mort subite inexpliquée du nourrisson (MSIN) définit le décès d'un bébé qu'aucun examen complémentaire ne parvient à expliquer. Ce diagnostic ne peut être posé qu'après des recherches approfondies (circonstances et autopsie). En d'autres termes, une mort inattendue du nourrisson sera considérée comme une mort subite lorsque toutes les causes possibles auront été explorées, sans parvenir à trouver la cause précise.

Le nourrisson « rescapé » (near miss). La survie de l'enfant, victime d'un malaise grave, est due à une intervention juste avant que la mort survienne.

La mort subite du nourrisson est un phénomène rare, dont l'incidence varie d'un pays à l'autre : en Belgique, elle touche environ 50 bébés par 100.000 naissances, et environ 30 bébés par 100.000 naissances en France. Le nombre de cas est continuellement en baisse grâce aux mesures de prévention (voir ci-dessous), qu'il est important que chaque parent observe scrupuleusement.

Les causes possibles

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Un certain nombre de mécanismes pathologiques ont été identifiés comme des facteurs pouvant contribuer au syndrome de mort subite :

• les troubles du sommeil (respiration anormale)
• les troubles nutritionnels
• l'arythmie cardiaque (irrégularité des battements)
• le reflux gastro-oesophagien (RGO)
• les maladies infectieuses
• les troubles neurologiques
• les troubles du système nerveux autonome (responsable des fonctions « automatiques » : digestion, respiration, coeur...)
• les perturbations de la thermorégulation (régulation de la température corporelle)
• les troubles métaboliques...

Les causes du décès par mort subite du nourrisson peuvent être classées en trois grands groupes.

Les facteurs environnementaux. On mentionnera une température ambiante trop élevée (attention à la tendance à surchauffer la chambre du bébé !), la literie mal adaptée (l'enfant trop couvert), la mauvaise position du bébé lors du couchage (il faut toujours le placer sur le dos), le tabagisme dans l'habitation (surtout dans les pièces où séjourne l'enfant), ainsi que les médicaments (sirops contre la toux, antihistaminiques...).

Les maladies. On pense principalement aux infections bactériennes et virales, bénignes pour l'adulte mais qui peuvent avoir des conséquences gravissimes pour le jeune enfant. La place des maladies métaboliques est importante aussi.

Le processus de maturation. Des anomalies peuvent affecter la maturation des systèmes qui contrôlent les fonctions vitales : respiration, activité cardiaque et système digestif.

Les bébés à risque

Un certain nombre d'enfants sont considérés comme appartenant au groupe à risque de mort subite du nourrisson. C'est le cas notamment :

• d'un bébé prématuré
• d'un enfant de parents qui ont déjà perdu un enfant en raison d'une mort subite du nourrisson
• d'un enfant de mère toxicomane
• d'un nourrisson « rescapé » (near miss)
• d'un bébé qui présente des troubles spécifiques du sommeil : transpiration excessive, ronflements, respiration lente, pâleur, apnées...

Les enfants à risque sont adressés à un centre spécialisé pour y subir des tests approfondis : l'enregistrement d'une série de paramètres vitaux permet de cerner la qualité du sommeil (apnées...) et de recueillir des informations sur la maturation du système cardiaque, respiratoire et nerveux.

S'il s'avère que l'enfant est à risque, il sera placé sous monitoring (un appareil de surveillance cardio-respiratoire constante pendant le sommeil, avec un système d'alarme sonore en cas d'arrêt respiratoire).

Une intervention de l'assurance maladie est prévue sous conditions : informez-vous auprès de votre mutualité ou de l'hôpital où le test du sommeil doit être réalisé.

Les conseils de prévention

Il est important d'assurer à l'enfant un environnement de sommeil sécurisé.

Le berceau

• un matelas ferme, adapté aux dimensions du berceau
• pas d'oreiller, ni de draps, ni de couverture : un sac de couchage est idéal (en cas d'utilisation d'une couverture, il faut bien la caler)
• ne pas mettre d'objets superflus dans le berceau (un nounours, par exemple)
• les barreaux du lit ne doivent pas être espacés de plus de 6,5 cm
• ne pas faire dormir l'enfant dans le lit des parents

La chambre

• aucun animal domestique ne doit y avoir accès, et certainement pas lorsque l'enfant reste seul
• une aération régulière est importante
• ne jamais y fumer (pas plus que dans les autres pièces, d'ailleurs)
• ne pas surchauffer : la température ne doit pas dépasser 20 °C à l'âge de 2 mois et 18 °C par la suite

L'enfant

• toujours le coucher sur le dos pour dormir (pendant ses périodes d'éveil, on le placera en position ventrale plusieurs fois par jour, durant quelques minutes, en restant près de lui ou en le tenant sur les genoux : ceci soulagera la pression exercée sur le crâne par une position dorsale prolongée)
• respecter son rythme de sommeil et ne pas lui donner de médicaments sédatifs (certains sirops contre la toux sont formellement déconseillés : demandez toujours conseil au pédiatre ou au pharmacien)
• bien l'hydrater
• si la maman allaite (l'allaitement maternel est un facteur protecteur contre la mort subite !), il est nécessaire qu'elle reçoive le feu vert de son médecin avant de prendre un médicament, quel qu'il soit ; si elle fume, elle devrait arrêter pendant cette période, et en tout cas s'abstenir au moins une heure avant de donner le sein

Les signes d'alerte

Certains signes doivent inciter à s'adresser sans tarder à un médecin lorsqu'aucune cause apparente (comme une infection) ne peut les expliquer. Ils ne sont pas forcément des indicateurs d'un risque imminent de mort subite, mais seule une évaluation médicale permettra de déterminer la nature du problème.

• un changement récent de comportement du bébé, trop calme ou trop agité, par exemple
• des gémissements pendant le sommeil et lorsque l'enfant est réveillé
• il vomit ou refuse de s'alimenter
• des difficultés respiratoires
• une température rectale supérieure à 38 °C ou inférieure à 36 °C chez un nourrisson de moins de six mois
• une pâleur inhabituelle
• ses mains ou ses lèvres deviennent bleues (alors qu'il ne semble pas avoir froid)
• une transpiration excessive pendant le sommeil (les vêtements sont mouillés)

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