Aquarium : attention aux bactéries

Dernière mise à jour: août 2015
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Aquarium : attention aux bactéries

dossier Des milliards de bactéries évoluent dans un aquarium et participent à son équilibre biologique. Elles sont indispensables à la survie des poissons, mais peuvent parfois causer leur perte.

Les bactéries jouent un rôle crucial par leur faculté à dégrader l’ammoniac, et ensuite les nitrites, qui se forment à partir des déjections des poissons et de la nourriture non consommée. Eau, sol, filtre… : ces organismes sont présents absolument partout. Tant que des conditions optimales sont assurées (propreté, température, pH, alimentation, filtration…), les poissons n’ont pas grand-chose à craindre. Dans certaines circonstances, cependant, les bactéries deviennent pathogènes et potentiellement mortelles.

Comment identifier les plus importantes maladies bactériennes qui peuvent ravager la population de l'aquarium et comment y faire face ?

La pourriture des nageoires

Divers types de bactéries peuvent en être à l’origine, mais dans la majorité des cas, elle est causée par Flavobacterium columnare ou par Pseudomonas fluorescens.

La maladie débute par l’apparition de points ou de lignes blanchâtres sur les nageoires, qui vont progressivement s’effilocher, se désagréger. Lorsque les tissus internes sont touchés, le poisson est condamné.

Il s’agit d'identifier rapidement les facteurs déclencheurs et de corriger la situation. Le plus souvent, ils sont liés à une mauvaise hygiène du bac, à un stress ou à une surpopulation. Dans un premier temps, il convient d'effectuer un changement d'eau partiel, d'entretenir le bac plus fréquemment et de veiller à ne pas suralimenter les poissons, afin de ne pas polluer inutilement l'eau.

L’administration d’un antiseptique doit impérativement intervenir avant que les muscles soient touchés. Les animaux très atteints seront séparés et traités dans un bac de quarantaine.

La furonculose

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La maladie est essentiellement causée par des germes du genre Aeromonas.

Des nodules remplis de sang et de pus se forment dans les muscles et sont visibles à travers la peau, sous forme de rougeurs. Quand les furoncles éclatent, ils peuvent occasionner des ulcères qui s'infectent. La furonculose peut toucher les organes internes (dont le foie et les intestins). Les yeux peuvent être concernés et les nageoires sérieusement endommagées. La contagiosité est très élevée.

Un aquarium dont l’eau est sale et mal oxygénée constitue un environnement à haut risque. Il faut le nettoyer à fond et rétablir une aération convenable, afin de corriger les déséquilibres du milieu ambiant. Les poissons malades seront isolés. Le traitement repose sur les antibiotiques.

La myxobactériose

Elle est fréquente chez les poissons tropicaux d’eau douce. En cause : Flexibacter columnaris. Une température trop élevée (au-delà de 18°C) favorise son développement.

La myxobactériose se manifeste par des zones blanchâtres sur la tête et sur les lèvres et peut s’étendre ensuite sur tout le corps et envahir massivement les organes internes. Elle est extrêmement contagieuse car les poissons malades éliminent une grande quantité de germes, qui colonisent les autres poissons affaiblis. Une surpopulation, une mauvaise hygiène et une température trop élevée exposent à un risque majeur de développement bactérien.

Les animaux atteints doivent être isolés très rapidement et traités par antibactériens. L’aquarium doit être vidé et désinfecté, les paramètres de l’eau seront constamment optimalisés et la température maintenue aussi bas que possible en tenant compte évidemment du bien-être des poissons.

La mycobactériose

On parle aussi de pseudo-tuberculose ou de tuberculose piscicole.

Le principal symptôme se traduit par un amaigrissement très progressif du poisson, dont la tête peut alors paraître exagérément grosse par rapport au reste du corps. On peut aussi observer une décoloration, un ventre creusé, un dos déformé, une manière étranger de nager, des yeux exorbités, une nécrose de la peau.

Le diagnostic est délicat à poser (l’intervention du vétérinaire est quasi indispensable). Une mauvaise qualité de l’eau et/ou de l’alimentation est en cause, ce qui déclenche un phénomène de stress qui va fragiliser le poisson face à l’activité bactérienne.

L’animal malade doit être isolé et le traitement – extrêmement difficile – consiste en l’administration d’antibiotiques. Il est important de noter que la mycobactériose est l’une des rares maladies du poisson qui peut se transmettre à l’homme, avec la formation de nodules douloureux. Porter des gants est une précaution indispensable, surtout en présence de petites coupures sur les mains ou sur toute autre partie du bras qui pourrait entrer en contact avec l’eau de l’aquarium.

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