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L'électromyographie et les potentiels évoqués

Dernière mise à jour: août 2015 | 40441 visites
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dossier L’électromyographie et les potentiels évoqués sont deux techniques d’exploration du système nerveux. Des examens courants, mais qui recèlent une grande part de mystère pour les patients.

Dans quelles circonstances sont-ils indiqués, que vont-ils évaluer et comment se déroulent-ils ?

L’électromyographie

Le principe


L’électromyographie (EMG) consiste à enregistrer l’activité électrique des nerfs et des muscles, soit au repos, soit lors d’une activation volontaire. Des électrodes vont recueillir ces informations (pour obtenir un électromyogramme).

L’objectif


L’EMG permet de détecter les atteintes nerveuses et musculaires. Elle aide à cerner la gravité et l’étendue des lésions et d’en suivre l’évolution. Son utilité est manifeste tant pour le diagnostic que dans le cadre d’une rééducation. Elle permet d’écarter les douleurs musculaires psychosomatiques et de déterminer si la douleur ou le trouble ont une origine centrale (cerveau ou moelle épinière), nerveuse périphérique (nerf), neuromusculaire (problème de conduction nerveuse) ou musculaire pure. L’EMG est particulièrement indiquée dans le diagnostic de la myasthénie, des douleurs musculaires et des atteintes neurologiques (on pense notamment à la hernie discale).

L'examen dure entre une demi-heure et une heure, en fonction du nombre de muscles concernés. Le patient est installé en position allongée ou assise, les jambes à l’horizontale. Les tests se déroulent généralement en deux temps.

L’examen de stimulation (stimulodétection) mesure la vitesse de transmission nerveuse et la qualité de conduction de l’influx nerveux. Des électrodes de détection sont placées sur la peau, puis des petits chocs électriques sont délivrés par des électrodes de stimulation sur le trajet de différents nerfs. Le muscle se contracte de manière involontaire.
L’examen électromyographique proprement dit étudie l’activité électrique des muscles. De fines aiguilles sont introduites dans le muscle à explorer. Le patient est invité à contracter de plus en plus fort le ou les muscles concernés. L’activité électrique musculaire est traduite par un tracé sur un écran et est également « écoutée » via un haut-parleur.

Les légères stimulations électriques engendrent une sensation désagréable, mais pas vraiment douloureuse.

Les potentiels évoqués

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Les potentiels évoqués (PE) consistent à mesurer la modification de l’activité électrique du système nerveux (dont évidemment le cerveau) en réponse à des stimulations sensorielles extérieures de quatre ordres : visuelles, auditives, sensitives et motrices.

L’objectif vise à évaluer la manière dont se déroule la conduction nerveuse et donc comment fonctionne la voie stimulée. Des anomalies qui n’apparaissent pas forcément lors de l’examen clinique (intégrant l’imagerie médicale) peuvent ainsi être décelées, sachant que ces informations doivent toujours êtres interprétées en fonction du contexte.

Les indications sont très variées : les potentiels évoqués peuvent intervenir dès que le médecin soupçonne un dysfonctionnement d’une voie du système nerveux. Chez les patients en coma, elles aident à formuler un pronostic.

Les potentiels sensitifs

(ou somesthésiques – PES)

Ils sont obtenus en appliquant une stimulation électrique d’intensité variable sur le poignet ou la cheville. L’examen dure environ une à deux heures, selon le nombre de nerfs stimulés, alors que la patient est allongé et en état de relaxation. Les électrodes sont placées en différents endroits des nerfs et permettent d’étudier le fonctionnement des nerfs périphériques, des racines nerveuses, de la moelle épinière, du tronc cérébral, du thalamus et du cortex pariétal. Ils sont le plus souvent indiqués en cas de suspicion de souffrance de la moelle épinière ou pour authentifier un trouble de la sensibilité.

Les potentiels visuels

(PEV)

Ils explorent les voies nerveuses de la vision, depuis la rétine jusqu’au cerveau. L’examen dure environ trois quarts d’heure. Les électrodes sont placées sur le crâne à hauteur des aires visuelles du cerveau (cortex occipital). Le patient est installé dans une pièce sombre et la stimulation intervient par flash ou par damier (dont les carrés bougent périodiquement). Les PEV sont indiqués dans certaines maladies du système nerveux (comme la sclérose en plaques), à la suite d’un traumatisme oculaire, avec atteinte du nerf optique, ou lorsqu’un trouble de l’acuité visuelle ne s’explique pas par les données de l’examen ophtalmologique.

Les potentiels auditifs

(PEA)

Ils explorent les voies auditives depuis l’oreille interne jusqu’au cerveau (électrodes à hauteur du cortex temporal auditif). L’examen dure environ entre une demi-heure et heure : le patient est allongé, yeux fermés, et des sonorités sont diffusées à travers un casque. Indications : la détermination du seuil auditif, une atteinte de la cochlée, des lésions du tronc cérébral, une hypoacousie, des troubles de l’équilibre.

Les potentiels évoqués moteurs

(PEM)

Ils sont obtenus en stimulant le cerveau (cortex moteur frontal) grâce à une bobine magnétique posée sur la tête. La réponse musculaire est enregistrée à l’aide d’électrodes positionnées sur la main ou sur la jambe. L’examen dure environ une demi-heure. Les PEM étudient le fonctionnement de la voie motrice et sont principalement demandés en cas de suspicion de souffrance de la moelle épinière.

On mentionnera enfin les potentiels évoqués laser (PEL) obtenus en appliquant une stimulation calorique (chaleur) sur la peau à l’aide d’un laser. La durée de l’examen est d’une demi-heure. L’intention consiste à mieux comprendre la cause de la douleur quand elle est en rapport avec une atteinte du système nerveux.

Source: Fédération française de neurologie (www.ffn-neurologie.org) et Cliniques universitaires Saint-Luc (www.saintluc.be)
publié le : 22/08/2013 , mis à jour le 08/08/2015
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