Le pontage coronarien

Dernière mise à jour: août 2015

dossier

La chirurgie de pontage coronarien (ou pontage coronaire) vise à améliorer l’apport en sang du muscle cardiaque. L’intégrité des vaisseaux étant compromise, il est nécessaire de les court-circuiter par un pontage des artères coronaires.

Que s’est-il passé ?

Le patient présente un rétrécissement, une obstruction des artères qui alimentent le cœur, en raison de l’accumulation de dépôts (plaques) de lipides. La progression de l’athérosclérose s’accompagne d’une diminution du débit sanguin, avec un risque majeur d’angine de poitrine et d’infarctus du myocarde.

Le pontage n’est pas le recours exclusif : le traitement médicamenteux peut être proposé, ainsi que l’angioplastie (dilatation de l’artère avec un ballonnet). Si ces approches ne donnent pas de résultats satisfaisants, ou si les caractéristiques du patient et les paramètres cliniques l’imposent, le pontage sera envisagé.

Le pontage coronarien ne guérit pas la maladie sous-jacente : il permet de la court-circuiter. Ceci revient à dire qu’après l’intervention, il est important que le patient adopte un mode de vie sain, afin de prévenir l’apparition de nouvelles obstructions.

Le pontage, c’est quoi ?

Le principe consiste à utiliser des greffons, provenant du patient, qui vont apporter du sang à l’artère coronaire au-delà du rétrécissement. Les vaisseaux les plus utilisés pour le pontage sont :

les artères mammaires internes droite et gauche, qui descendent de part et d’autre du sternum et peuvent facilement être détournées vers le cœur
les veines saphènes, avec prélèvement dans les jambes
l’artère radiale, dans l’avant-bras
l’artère gastro-épiploïque, une branche de l’approvisionnement en sang de l’estomac située sous le diaphragme, et susceptible d’être redirigée vers la face inférieure du cœur

Il va de soi que le recours à ces greffons ne pose pas de problème de vascularisation des organes qu’ils irriguent. L’équipe chirurgicale déterminera le type de greffon le plus indiqué en fonction de la localisation de l’obstruction coronaire et de l’état du patient.

Comment se déroule l’intervention ?

L’opération dure généralement entre trois et six heures, selon le nombre de pontages à effectuer.

Le chirurgien doit bénéficier d’un accès aisé au cœur et à ses vaisseaux. Pour cela, il pratique une incision verticale du sternum (sternotomie), afin que le thorax soit largement ouvert. Une approche moins invasive peut être envisagée pour accéder à une partie restreinte du cœur.

Dans la majorité des cas, un arrêt complet des battements cardiaques est nécessaire, afin que le chirurgien puisse procéder dans les meilleures conditions. La machine cœur-poumon va permettre une circulation extracorporelle : ce circuit externe assure la fonction de pompage du cœur et l’oxygénation du sang (dévolue aux poumons), permettant ainsi la circulation du sang dans le reste de l’organisme. L’arrêt du cœur intervient par infusion d’une solution dite de « cardioplégie ». L’équipe effectue alors les pontages (anastomose).

Quand la disposition des lésions le permet et (toujours) en tenant compte des singularités du patient, une chirurgie peut être pratiquée à cœur battant : la fréquence des contractions est ralentie, alors qu’un système de ventouse stabilise la zone des anastomoses.

Lorsque le cœur est remis en marche, le sang passe par le pontage et contourne la section rétrécie de l’artère malade. Le patient est transféré dans une unité de soins intensifs.

Voir aussi l'article : Anesthésie : que faut-il savoir ?

Le retour à la maison

L’hospitalisation dure classiquement d’une semaine à une dizaine de jours. La reprise des activités professionnelles intervient entre deux et trois mois après l’intervention. Une visite annuelle chez le cardiologue est indiquée, tout en maintenant un contact étroit avec le médecin généraliste. Une médication est administrée.

Ce qui est extrêmement important, c’est de garder à l’esprit que si le pontage coronarien est un traitement efficace pour soulager les symptômes, il ne s’agit pas d’un remède. Le patient doit impérativement réduire ses facteurs de risque, et selon les circonstances :

• arrêter de fumer
• traiter l’excès de cholestérol (hypercholestérolémie)
• gérer la pression artérielle et le diabète
• pratiquer une activité physique régulière
• surveiller son poids
• contrôler les situations de stress

Source: Cliniques universitaires Saint-Luc (www.saintluc.be) et Brussels Heart Center (www.brusselsheartcenter.be)
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