La maladie de La Peyronie : verge qui se courbe en érection

dossier La maladie de La Peyronie est une anomalie du pénis dont le symptôme principal est une courbure anormale de la verge lors de l'érection. Dans les cas de déviations sévères, le rapport sexuel devient impossible. Quels sont les risques de la maladie ? Comment la traiter ?

Qu'est-ce que la maladie de La Peyronie ?

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La formation d'une plaque fibreuse rigide empêche l'érection complète de la verge et provoque une courbure.

La maladie de La Peyronie est une affection bénigne du pénis qui provoque une courbure anormale de la verge lors de l'érection. Cette déformation résulte de la formation d'une plaque fibreuse au niveau de l'enveloppe des corps caverneux, les structures qui se remplissent de sang pendant l'érection.

Lorsque cette plaque se développe, certaines zones du pénis perdent leur élasticité. Lors de l'érection, la verge ne peut alors plus se dilater de manière uniforme, ce qui entraîne :

  • une courbure parfois importante de la verge,
  • un raccourcissement du pénis en érection,
  • dans certains cas, des difficultés lors des rapports sexuels.

La maladie doit son nom à François Gigot de La Peyronie, chirurgien du roi Louis XV, qui l'a décrite pour la première fois en 1743.

On estime qu'elle touche entre 3 et 9 % des hommes adultes, principalement après l'âge de 50 ans, même si elle peut survenir plus tôt.

La maladie de La Peyronie évolue en 2 phases

La maladie de La Peyronie évolue généralement en deux étapes.

La phase active ou inflammatoire

Cette première phase dure habituellement entre 6 et 18 mois.

Elle se caractérise par :

  • l'apparition progressive d'une courbure,
  • des douleurs lors des érections,
  • parfois un raccourcissement du pénis,
  • l'apparition d'une plaque palpable sous la peau.

Durant cette période, la courbure peut s'aggraver, rester stable ou, plus rarement, s'améliorer spontanément.

2. La phase stable

La douleur disparaît généralement, mais la courbure persiste. À ce stade, la déformation est considérée comme stabilisée. Une amélioration spontanée reste possible, mais la disparition complète de la courbure est rare.

Voir aussi l'article : Perte de sensibilité du gland : pourquoi mon pénis est engourdi ?

Symptômes de la maladie de La Peyronie

Les manifestations varient fortement d'un homme à l'autre. Les symptômes les plus fréquents sont :

  • une plaque ou un durcissement perceptible dans le pénis,
  • une courbure du pénis en érection,
  • une diminution de la longueur du pénis,
  • des douleurs lors de l'érection, surtout au début de la maladie,
  • des difficultés à avoir ou à maintenir une érection,
  • une gêne ou une impossibilité des rapports sexuels dans les formes sévères.

La dysfonction érectile concerne environ 30 à 60 % des patients. Elle peut être liée à la maladie elle-même, à une altération de la circulation sanguine dans le pénis ou à des facteurs psychologiques comme l'anxiété et la peur de l'échec sexuel.

Voir aussi l'article : Douleurs au pénis : 11 causes possibles

Causes de la maladie de La Peyronie

La cause exacte de la maladie de La Peyronie n'est pas encore totalement comprise. La théorie la plus admise aujourd'hui est celle d'une réaction anormale de cicatrisation après de petits traumatismes répétés du pénis, parfois même inaperçus. Chez certaines personnes prédisposées, cette cicatrisation excessive entraîne la formation d'un tissu fibreux anormal appelé plaque de La Peyronie.

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs semblent augmenter le risque de développer la maladie :

  • les microtraumatismes survenant lors des rapports sexuels,
  • l'âge,
  • des prédispositions génétiques,
  • certaines maladies du tissu conjonctif,
  • le diabète,
  • l'hypertension artérielle,
  • le tabagisme,
  • certains antécédents chirurgicaux, notamment après une prostatectomie.

Un lien avec la maladie de Dupuytren

La maladie de La Peyronie est plus fréquente chez les personnes atteintes de la maladie de Dupuytren, une affection qui provoque un épaississement de la paume de la main et une rétraction progressive des doigts. Cette association suggère l'existence de mécanismes biologiques communs.

Voir aussi l'article : Maladie de Dupuytren : boule dure dans la paume de la main et doigt qui se rétracte

Diagnostic de la maladie de La Peyronie

Le diagnostic repose avant tout sur l'interrogatoire et l'examen clinique.

Examen clinique

Le médecin recherche notamment :

  • une plaque fibreuse palpable,
  • l'existence d'une courbure,
  • la présence de douleurs,
  • d'éventuels troubles de l'érection.

Pour évaluer précisément la déformation, il peut demander au patient de fournir des photographies du pénis en érection prises à domicile ou provoquer une érection lors de la consultation grâce à une injection médicamenteuse.

L'écho-Doppler

Une échographie Doppler du pénis peut être réalisée afin de :

  • visualiser les plaques,
  • mesurer leur étendue,
  • analyser la circulation sanguine,
  • évaluer une éventuelle dysfonction érectile associée.

Il est important de noter qu'une courbure de la verge n'est pas toujours liée à la maladie de La Peyronie. Certaines courbures sont présentes depuis la naissance ou résultent d'autres

Voir aussi l'article : Fracture du pénis : causes, symptômes, traitement

Traitement de la maladie de La Peyronie

Le choix du traitement dépend du stade de la maladie, de l'importance de la courbure, de l'impact sur la vie sexuelle ou encore de la présence ou non de troubles de l'érection.

Les traitements médicamenteux

À l'heure actuelle, aucun médicament oral n'a démontré de manière convaincante sa capacité à corriger la courbure du pénis. Des traitements autrefois utilisés, comme la vitamine E, la colchicine ou le tamoxifène, ne sont plus recommandés par les sociétés scientifiques européennes en raison d'un manque de preuves d'efficacité.

Dans certains cas particuliers, des injections directement dans la plaque peuvent être proposées par des centres spécialisés : principalement, des injections de Plasma Riche en Plaquettes (PRP), d'acide hyaluronique ou d'inhibiteur calcique (vérapamil). Le médicament enzymatique Xiapex (collagénase) a été retiré du marché européen par le laboratoire

Les dispositifs de traction pénienne

Les dispositifs de traction (extenseurs péniens) consistent à exercer une tension progressive sur le pénis pendant plusieurs heures par jour.

Ils peuvent contribuer à réduire modérément la courbure, à limiter le raccourcissement du pénis et à préserver ou améliorer la longueur pénienne. Leur efficacité dépend fortement de la régularité de leur utilisation.

Les ondes de choc

Les ondes de choc extracorporelles peuvent être utilisées pendant la phase active de la maladie. Leur principal intérêt est de diminuer la douleur. En revanche, elles n'ont pas démontré d'efficacité significative pour corriger la courbure ou faire disparaître la plaque.

La chirurgie

La chirurgie est généralement envisagée lorsque :

  • la maladie est stable depuis plusieurs mois,
  • la courbure empêche ou complique fortement les rapports sexuels,
  • les autres traitements se sont révélés insuffisants.

L'objectif est d'obtenir un pénis suffisamment droit pour permettre des rapports satisfaisants.

  1. La plastie de raccourcissement. Cette intervention est surtout proposée lorsque la courbure est modérée et que la fonction érectile est conservée. Le chirurgien raccourcit légèrement le côté opposé à la courbure afin de redresser le pénis. Cette technique est relativement simple mais peut entraîner une légère perte de longueur.
  2. L'incision ou l'excision de plaque avec greffe (allogreffe). Cette intervention est réservée aux déformations plus importantes. Le chirurgien incise ou retire une partie de la plaque avant de reconstruire la zone à l'aide d'un greffon. Elle permet de mieux préserver la longueur du pénis mais expose davantage à un risque de troubles de l'érection.
  3. L'implant pénien. Chez les hommes souffrant à la fois d'une maladie de La Peyronie sévère et d'une dysfonction érectile importante, la mise en place d'une prothèse pénienne peut être proposée. Cette solution permet à la fois de restaurer l'érection et de corriger la déformation.

Un impact psychologique souvent sous-estimé

La maladie de La Peyronie ne se limite pas à une déformation physique.

De nombreux patients souffrent également :

  • d'une baisse de l'estime de soi,
  • d'anxiété,
  • de difficultés relationnelles,
  • d'une diminution de la satisfaction sexuelle,
  • parfois de symptômes dépressifs.

Une prise en charge psychologique ou sexologique peut être utile lorsque la maladie a un retentissement important sur la qualité de vie.

Sources : 

https://www.urofrance.org
https://www.msdmanuals.com
https://www.coloplast.be/fr-be
https://www.uzleuven.be



Dernière mise à jour: juin 2026

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