Troubles de la parole (aphasie) après un AVC : la récupération est-elle possible ?

Dernière mise à jour: avril 2022
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Troubles de la parole (aphasie) après un AVC : la récupération est-elle possible ?

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Lors d'une attaque ou d'un AVC, une partie du cerveau est endommagée. Les conséquences varient en fonction de la localisation et de la gravité de la lésion. Environ un quart des patients victimes d'un AVC développent une aphasie, un trouble du langage dans lequel la parole, la compréhension, la lecture et l'écriture sont perturbées. Si la lésion est située dans l'hémisphère gauche du cerveau, l'aphasie peut survenir. 

Les aires du langage sont situées dans l'hémisphère gauche chez environ 99% des droitiers et 65% des gauchers. Chez environ 1% des droitiers et 15% des gauchers, les aires du langage se trouvent dans l'hémisphère droit. Chez 20% des gauchers, les aires du langage sont réparties dans les deux hémisphères. L'aphasie après une lésion de l'hémisphère droit est donc plus rare, mais pas impossible. 

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Quelles sont les caractéristiques de l'aphasie ?

L'aphasie est un trouble du langage, pas un trouble de la mémoire. La personne a des difficultés à accéder au langage, mais ne l'a pas oublié. L'aphasie est différente chez chacun, en fonction de la localisation et de la gravité de la lésion cérébrale. Elles peuvent aller du mutisme complet à une cascade de mots inintelligibles. 

Les symptômes possibles sont :

  • Parfois, ne pas être capable de trouver un mot. Difficulté à organiser les pensées.
  • Ne pas parler de manière fluide, parler en style télégraphique avec des phrases courtes, omettre des mots, ne pas conjuguer les verbes, changer les syllabes... Les mêmes problèmes se posent à l'écrit. La compréhension peut être raisonnablement bonne, mais des problèmes surviennent avec des phrases plus longues et complexes. La lecture à voix haute est également difficile. 
  • Parler rapidement et de manière incompréhensible, inventer des mots, utiliser les mauvais mots (par exemple, pomme au lieu de poire), répéter le même mot plusieurs fois, etc. Ces problèmes se manifestent également lors de l'écriture et de la lecture à haute voix.
  • Ne (presque) rien pouvoir dire, à l'exception de quelques mots ou syllabes. De même, il devient presque impossible de lire et d'écrire. 

L'aphasie post-AVC peut s'accompagner d'autres troubles qui rendent la parole difficile :

  • Dysarthrie : il s'agit d'un trouble de la parole (et non d'un trouble du langage). Le contenu de ce qui est dit est normal, mais la prononciation n'est pas claire. La déglutition et la mastication peuvent également être perturbées en cas de dysarthrie. 
  • Apraxie : trouble de l'exécution de mouvements volontaires, tels que les mouvements de la bouche et de la langue. 
  • Troubles de la concentration et de la mémoire.
  • Persévération : Ce terme fait référence au fait que de nombreuses personnes ayant subi une lésion cérébrale sont parfois incapables de se défaire d'une réaction antérieure. Ils répètent sans cesse un mot qu'ils viennent d'utiliser alors qu'ils veulent en fait dire autre chose, par exemple "donne-moi du poivre (au lieu du papier), non pas du poivre mais du poivre".

L'aphasie a des conséquences sur la vie quotidienne : irritabilité, peur, isolement, honte, frustration, peu d'estime de soi, réactions émotionnelles inhabituelles, incertitude dans des circonstances imprévues, perte du sens de l'humour, etc. 

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La récupération de l'aphasie est-elle possible ?

Presque toujours, après l'apparition de l'aphasie, il y a une certaine récupération spontanée du langage. Rarement, voire jamais, cette guérison n'est complète. Pourtant, avec beaucoup de pratique, d'essais répétés et de persévérance, on constate souvent une amélioration. 

Le résultat diffère d'une personne à l'autre. Cela prend souvent des mois à des années, avec des périodes où les progrès sont perceptibles et d'autres où le patient semble stagner.  La stimulation est importante pour ne pas perdre ce qui a déjà été obtenu par la réhabilitation. 

Réhabilitation logopédique/orthophonique

Même si une guérison spontanée ne peut être exclue, il est toujours bon de consulter un logopède/orthophoniste. Parfois, les soins peuvent commencer immédiatement après l'attaque, mais parfois ils doivent être reportés pendant un certain temps, par exemple parce que le patient n'est pas encore capable de suivre un programme de rééducation orthophonique. 

Une rééducation orthophonique/logopédique tentera en premier lieu de rétablir la communication de base sur les besoins quotidiens (faim, froid, fatigue, etc.). Cela permettra au patient de retrouver sa confiance en lui et son indépendance. Ensuite, les soins nécessaires varient en fonction des problèmes réels. 

Les soins sont toujours personnalisés et adaptés aux besoins et aux intérêts du patient (une personne qui n'aime pas lire n'a pas nécessairement besoin de travailler sur cette compétence). Le chant peut aider à réapprendre à parler. Le logopède s'appuie sur les compétences que le patient possède encore. Si le patient a surtout des problèmes oraux, l'écriture, par exemple, peut l'aider. 

Le logopède décide de la fréquence des séances. Elles peuvent avoir lieu à l'hôpital, dans un cabinet privé ou même à domicile, bien que cela soit moins fréquent. La mutuelle peut rembourser les frais de traitement après en avoir fait la demande auprès du médecin-conseil. 

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Conseils lors de la communication

1. Un patient aphasique a besoin de temps. Soyez patient et restez amical. Sous pression, le patient aura encore plus de mal à s'exprimer.

2. Adressez-vous à la personne aphasique comme à un adulte. Utilisez un langage simple mais pas enfantin. Ne vous mettez pas à crier ou à parler plus fort. 

3. Avant de commencer à parler, attirez l'attention de la personne aphasique en la touchant, en l'appelant par son nom, etc.

4. Regardez-la tout en faisant cela, assurez-vous qu'il y ait un contact visuel continu : voir les mouvements de la bouche, les expressions du visage, les gestes... stimule la compréhension. Observez attentivement l'expression de son visage, car les gens l'utilisent souvent pour montrer s'ils ont compris ce qui a été dit. 

5. Menez la conversation dans un environnement calme. Le bruit, les foules ou les nombreuses personnes qui parlent en même temps apportent une confusion inutile et réduisent la compréhension. Pour une personne aphasique, il est plus facile d'écouter une seule personne. 

6. Parlez calmement et en phrases courtes, mettez l'accent sur les mots les plus importants d'une phrase. Mettez les mots les plus importants à la fin de la phrase, ils sont alors plus faciles à retenir. Si "demain" est le mot le plus important de la communication, ne dites pas : "Demain Annie arrive", mais dites : "Annie arrive demain". 
Évitez les descriptions élaborées, mais n'utilisez qu'une seule idée par phrase. Ne dites pas : "Pendant que tu regardes la télévision, je lis le journal". Mais dites : "Tu regardes la télévision. Je lis le journal." 

7. Attendez chaque fois une réponse avant de poursuivre la conversation. Observez attentivement les réactions et l'expression du visage. Donnez à la personne aphasique tout le temps nécessaire pour traiter la phrase. Vérifiez s'il/elle a compris. 

8. Laissez la personne répondre aux questions par oui ou par non, éventuellement en hochant ou en secouant la tête. Pas : "Dis-moi comment tu te sens ?" Mais : "Tu te sens bien ?" "Tu te sens mal ?" 
Remarque : certaines personnes aphasiques confondent le oui et le non. Vérifiez toujours si elles ont vraiment voulu dire oui ou non. 

9. Ne forcez pas la personne aphasique à parler. Encouragez ses tentatives. Acceptez les silences qui n'existaient peut-être pas avant l'attaque.

10. Ne pas sur-améliorer la personne aphasique. Ne parlez pas à sa place. Donnez-lui l'occasion et le temps de parler. Attendez tranquillement qu'elle ait terminé. Ne posez pas de questions auxquelles il/elle peut répondre lui-même(e). Evitez de parler par-dessus son épaule à d'autres personnes. 

11. Utilisez des gestes ou des images pour favoriser la compréhension. Montrez les choses du doigt si possible. Demandez également aux gens de montrer des choses ou de les représenter (expressions faciales et gestes). Utilisez un cahier ou un tableau de communication si nécessaire. Il contient des images d'objets du quotidien. Laissez la personne aphasique dessiner ou écrire elle-même. Il s'agit souvent d'une aide pour mieux s'exprimer. 

12. Une personne aphasique ne peut souvent pas lire et/ou écrire, il est donc préférable de ne pas lui demander d'écrire quoi que ce soit.

13. Concentrez-vous sur les progrès du patient, et non sur le chemin qu'il lui reste à parcourir. Félicitez-le régulièrement.

14. Essayez de maintenir le contact avec votre famille, vos amis et vos connaissances. Informez-les également des problèmes. 

15. Discutez avec le logopède/l'orthophonie des méthodes de communication qui conviendraient le mieux à votre proche. 

Source :
afasie.be

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