Témoignage sur l'hydrops : « Mon oreille s’est bouchée et tout s’est mis à tourner »

Dernière mise à jour: décembre 2021
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témoignage Cet été, j’ai découvert l’existence d’une pathologie dont je n’avais jamais entendu parler. Cette fois, pas en écrivant un article santé, mais de la bouche de mon ORL : la perte d’audition et les vertiges dont j’étais soudainement victime étaient dus à un hydrops labyrinthique. Et si j’en parle, c’est pour rappeler l’importance de consulter sans attendre dans une telle situation. Car plus vite on traite, plus on a de chances de préserver son audition.

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« Enfant, j’ai fait beaucoup d’otites, on m’a mis des yoyos pour rétablir mon audition qui avait temporairement baissé. Je n’ai ensuite jamais été très à l’aise dans les concerts ou en discothèque, la musique trop forte me faisait mal et me laissait les oreilles comme bouchées dans les heures qui suivaient. Ce qui m’est arrivé cet été est-il lié à une fragilité déjà existante ? Difficile à dire d’après les médecins. D’ailleurs, beaucoup d’interrogations demeurent après cet épisode que j’espère unique.

Tout a commencé en début d’après-midi : mon oreille s’est progressivement bouchée jusqu’à ce que je n’entende quasiment plus rien le soir. Je suis allée me coucher en espérant que cela passerait après une bonne nuit de sommeil. Et le lendemain matin, effectivement, j’ai l’impression que cette désagréable impression s’est estompée. Soulagée, je m’apprête à me lever quand la pièce se met soudainement à tourner de façon vertigineuse, c’est le cas de le dire.

J’avais déjà écrit des articles sur le sujet, je savais ce qui m’arrivait, mais jamais je n’aurais soupçonné que des vertiges puissent avoir cette intensité. J’étais incapable de me lever et je souffrais d’une terrible nausée. Mon mari a dû m’aider à sortir du lit et à descendre les escaliers. Je me suis forcée à prendre un léger petit déjeuner malgré les hauts le cœur, pour éviter que l’hypoglycémie accentue mon malaise. J’ai ensuite appelé mon ORL qui, par chance, pouvait me prendre l’après-midi même. Je suis allée à la clinique en taxi, incapable de marcher ou de prendre le bus pour m’y rendre comme je le fais habituellement. »

Cortisone et diurétiques

« Après m’avoir auscultée et avoir vérifié mes réflexes, la jeune médecin a très vite conclu que mes vertiges étaient dus à des cristaux qui s’étaient déplacés dans mon oreille interne. Mais ma sensation persistante d’oreille bouchée l’a intriguée et elle m’a donc fait faire un audiogramme. Verdict : mon audition du côté gauche avait très fortement diminué. Elle en a déduit que je souffrais d’un hydrops labyrinthique.

Mon oreille interne était remplie de liquide, soit parce que sa muqueuse en produisait en excès, soit parce qu’elle ne le réabsorbait pas suffisamment. Dans tous les cas, cet excès produisait une surpression qui expliquait ma sensation d’oreille bouchée ainsi que ma baisse d’audition, et, probablement, la migration de cristaux, d’où les vertiges. Pour régler ce point, elle m’a fait des manœuvres dans son cabinet afin d’essayer de remettre les cristaux en place.

Pour agir sur l’ensemble de mes symptômes, elle m’a prescrit de la cortisone par voie orale, des diurétiques et une molécule appelée Piracétam. En parallèle, elle m’a prescrit des séances de kinésithérapie vestibulaire pour terminer de remettre les cristaux en place et ainsi faire disparaître mes vertiges. Je suis sortie du cabinet à la fois un peu sonnée et soulagée.

Le traitement était costaud, elle s’était montrée honnête en me disant qu’il était trop tôt pour pronostiquer de ma récupération, mais au moins je savais ce que j’avais. Et je me félicitais d’être venue sans tarder : comme elle me l’a expliqué, quand l’audition chute brutalement, quasiment chaque heure compte entre l’apparition des symptômes et la mise en place d’un traitement adapté pour préserver au maximum l’oreille. »

Le stress, l’ennemi numéro 1

« Comme convenu, je suis retournée voir l’ORL cinq jours plus tard. Entre-temps, j’avais fait une première séance de kinésithérapie. Les manœuvres sont désagréables, surtout à cause des nausées qu’elles provoquent, mais c’était finalement moins terrible que dans mon imagination. Et elles avaient déjà apporté une certaine amélioration.

Le nouvel audiogramme a par contre montré que je n’avais rien récupéré côté audition. La médecin m’a alors proposé de passer à la vitesse supérieure en procédant à trois injections de cortisone en l’espace d’une semaine, directement dans le tympan. D’après elle, ce traitement donnait de bons résultats chez certains patients. Je lui faisais confiance, j’ai donc foncé malgré une légère appréhension. Et j’ai bien fait. D’une part c’est indolore, et surtout l’audiogramme suivant a montré que j’avais enfin récupéré un peu sur certaines fréquences.

Trois semaines, trois injections de cortisone et trois séances de kinésithérapie vestibulaire après mes premiers symptômes, je ne souffrais donc plus de vrais vertiges et j’entendais un peu mieux. Mais comme me l’a dit l’ORL à l’occasion d’une nouvelle consultation, il fallait compter six semaines de convalescence, avec le moins de fatigue et de stress possible, pour mettre toutes les chances de mon côté.

Car aussi surprenant que cela puisse paraître, il semblerait que le stress et la fatigue jouent un rôle prépondérant dans le déclenchement et les récidives de cette pathologie. Je ne me rappelais pourtant pas être particulièrement stressée à l’époque, si ce n’est que nous étions en cours d’achat immobilier. Disons en tout cas que j’avais par le passé connu des stress bien plus importants sans pour autant faire d’hydrops. »

Des acouphènes à vie

« Aujourd’hui, quatre mois plus tard, il m’arrive quand je suis fatiguée ou quand j’ai faim d’avoir une très légère sensation de vertige, comme après une coupe de champagne. Le sifflement apparu en même temps que l’hydrops n’a jamais quitté mon oreille gauche mais j’ai la chance de plutôt bien supporter ce nouveau compagnon.

Pour avoir souvent écrit sur les acouphènes, je sais que l’habituation est de toute façon la seule solution. Le plus pesant est la perte d’audition de l’oreille gauche, mais elle ne me handicape pas au quotidien. Elle m’oblige juste à parfois faire répéter mon interlocuteur, voire quand l’environnement est trop bruyant à hocher la tête comme si j’avais tout entendu alors que je n’avais rien suivi ! J’essaie d’en sourire, en me disant que beaucoup de personnes ont des soucis de santé bien plus importants.

Ce qui m’embête le plus, c’est le risque de récidives, qui se solderaient par une perte d’audition chaque fois plus forte. Les médecins parlent alors de maladie de Ménière. Mais comme me l’a répété à plusieurs reprises la médecin, plus je vais m’inquiéter à ce sujet, plus j’augmente mes risques, le stress étant le premier facteur de cette pathologie. J’essaie donc plus que jamais d’appliquer les conseils de relaxation que je donne dans mes articles ! »

auteur : Aurélia Dubuc - journaliste santé
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