Comment bien utiliser les anti-moustiques ?

Dernière mise à jour: août 2016 | 9123 visites
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news Les moustiques ne sont pas seulement agaçants. Dans les régions à risque, ils peuvent transmettre des maladies graves comme le paludisme, la fièvre jaune, la dengue, le virus du Nil occidental, le chikungunya et le virus zika. Vous devrez donc prendre des précautions.

Il existe de nombreux produits sur le marché, mais certains suffisent à peine ou pas du tout.

Les répulsifs à appliquer sur la peau


Dans les régions où l’on trouve des moustiques dangereux, il est très important de protéger régulièrement toutes les zones non couvertes de la peau (visage, mains, chevilles…) avec un produit insectifuge. Il en existe un large éventail. Les produits suivants ont prouvé leur efficacité.

DEET

Le DEET (N,N-diéthyl-3-méthylbenzamide) reste le répulsif le plus efficace et le plus utilisé. Il est aussi, selon de nombreuses études, le choix le plus sûr pour les voyageurs (enfants compris).

Il protège à long terme contre les moustiques et dans une moindre mesure contre les tiques et autres insectes potentiellement pathogènes. On le trouve en lotions, sticks, laits, sprays et vaporisateurs. Les aérosols et sprays sont plus pratiques pour les vêtements. Ils peuvent également être utilisés pour la peau, mais ils doivent être étalés avec la main après pulvérisation pour bien couvrir toute la surface.

La concentration optimale est comprise entre 20 et 50%. Plus elle est élevée dans cette tranche, plus son action dure.

Pour les enfants et les femmes enceintes, les concentrations seront de 20 à 30%, ce qui devrait leur fournir une protection de 2 à 5 heures. Pour la nuit, il existe des produits à libération retardée qui sont actifs plus de 12 heures.

• Les produits avec une concentration de DEET de 40 à 50% sont efficaces maximum 10 heures.

• Une plus grande concentration ne fournit aucune protection supplémentaire et peut être dangereuse pour la santé.

Lisez attentivement la notice et suivez toujours les conseils d’utilisation.

• Les répulsifs à base de DEET (avec une concentration de maximum 30%) peuvent être utilisés dès l’âge de deux mois, selon notamment l'Institut belge de médecine tropicale. Chez les enfants de moins de deux mois, le produit peut être pulvérisé sur les vêtements, mais son efficacité sera beaucoup plus faible.

• Le DEET pouvant être absorbé par la peau, il est déconseillé de l’utiliser fréquemment sur le long terme. N’en utilisez que quand c’est nécessaire. Les moustiques qui transmettent la dengue, le virus du Nil occidental et le chikungunya piquent le jour, ceux qui transmettent la malaria sévissent dès la tombée de la nuit.

Informez-vous pour savoir à quel moment de la journée et de la soirée vous êtes particulièrement exposé et devez utiliser du DEET. D’autres moyens de protection (comme des moustiquaires) sont alors absolument nécessaires.

Ne frottez pas de façon excessive et évitez tout contact avec les lèvres, la bouche, les muqueuses et les yeux. Ne laissez pas des enfants de moins de 12 ans appliquer eux-mêmes le produit.

• Évitez également les parties de la peau blessées ou irritées (plaie, eczéma, fort coup de soleil...). Si du produit a été appliqué sur ces zones, rincez-les immédiatement à l’eau.

• Il est recommandé de toujours se laver pour enlever le produit quand celui-ci n’est plus nécessaire.

• Il semblerait que combinés avec du DEET (ou autres répulsifs), le produits solaires perdent de leur efficacité. Il est donc recommandé d’utiliser un indice de protection plus élevé que d’habitude lorsqu’on les combine avec un répulsif.

À des concentrations allant jusqu’à 50%, le DEET ne provoque pas d’effets indésirables tant qu’il est utilisé de manière conforme à ce que prescrit la notice.

Le très faible risque d’effets secondaires ne l’emporte certainement pas sur la protection essentielle contre les maladies transmises par certains moustiques.

• Le DEET peut irriter la peau et les yeux, surtout en cas d’utilisation prolongée ou d’utilisation à forte concentration (plus de 50%). Les symptômes disparaissent vite en lavant la peau et en rinçant les yeux.
• Très exceptionnellement, des effets secondaires plus graves peuvent survenir : les problèmes rapportés ont toujours été déclenchés par une mauvaise utilisation (trop fréquente, trop longue, trop concentrée – par exemple 95%) ou par une ingestion accidentelle.
• Le DEET peut endommager des matières comme le plastique, le cuir et les produits synthétiques. Attention donc à vos montres et lunettes.

IR35/35

L’IR35/35 (éthyle-butylacétylaminopropionate) protège moins bien et moins longtemps (10 fois moins selon certaines études) que le DEET. Il peut provoquer des irritations aux yeux s’il entre en contact avec eux. Il n’y a pas d’autre effet indésirable connu, même en cas d’inhalation ou d’ingestion. Son innocuité chez les enfants et les femmes enceintes a été moins étudiée qu’avec le DEET, mais il n’y a pas d’indications de dangerosité.

Tout comme le DEET, l’IR35/35 peut endommager les matières plastiques et synthétiques.

Picaridine / Icaridine

La picaridine, ou icaridine, ou encore KBR 3023, protège à peu près aussi longtemps que le DEET. Avec une concentration de 20%, la protection serait de 8 à 14 heures, avec une concentration de 10%, elle serait de 3 à 8 heures. Il n’y a actuellement aucun risque connu pour la santé avec ce produit, même si en contact avec les yeux, il peut provoquer une irritation.

L’avantage par rapport au DEET, c’est qu’il est sans odeur et qu’il peut être utilisé sur des matières synthétiques.

La picaridine est souvent recommandée à partir de l’âge de 2 ans mais il semblerait qu'elle puisse être appliquée en toute sécurité sur des enfants plus jeunes.

Huile d’eucalyptus

L’huile d’eucalyptus ou PMD (synthétique) est sensiblement aussi efficace et protège presque aussi longtemps que le DEET. Elle peut en être une alternative, mais elle est déconseillée aux enfants de moins de 3 ans. Elle est dangereuse quand elle est ingérée ou mal diluée : elle peut provoquer des irritations et des réactions allergiques.

Perméthrine

Les produits à base de perméthrine peuvent être appliqués uniquement sur les vêtements, tentes, moustiquaires, etc. et pas sur la peau. Même après des lavages répétés, le produit reste actif. L’utilisation de ce produit est déconseillée pour les enfants de moins de 2 ans.

Quels produits ne fonctionnent pas et sont à éviter ?


• Il existe beaucoup de gadgets soi-disant répulsifs comme des bracelets, des porte-clés à ultrasons et même des applications pour smartphone. Ceux qui sont basés sur les ultrasons sont totalement dénués de sens. Ne gaspillez pas votre argent.

• Citronnelle (mélisse), armoise et autres soi-disant plantes anti-moustiques sont sans doute auto-protectrices mais certainement pas assez puissantes pour éloigner les moustiques.

• Les produits répulsifs à base de substances végétales comme la citronnelle, la lavande, le romarin, le géranium, etc., sont actifs très peu de temps (environ 20 minutes) et peuvent provoquer des réactions allergiques. Ils ne sont donc pas conseillés.

• L’effet d’un apport quotidien en vitamine B1 et ou en ail n’a jamais été démontré.

Les autres moyens de protection


• Le soir et la nuit, restez dans des pièces dont les fenêtres et les aérations, y compris les systèmes d’air conditionné, sont protégés par de la gaze.

• Si vous ne pouvez pas rester dans un tel espace, utilisez une moustiquaire en bon état et bien ajustée. De préférence, imprégnez-la de produit à base de perméthrine ou de deltaméthrine. Ces produits sont sans danger, y compris pour les jeunes enfants. Il faut juste veiller à ce que la moustiquaire ne puisse pas être attrapée et mâchouillée par les bébés.

• Il est également nécessaire d’utiliser une moustiquaire sur le berceau, le relax, etc.

Couvrez la peau autant que possible (pantalon long, longues manches). Si le tissu est trop fin, les moustiques peuvent facilement piquer à travers.

• Appliquez un répulsif sur les vêtements et moustiquaires.

• Diffusez éventuellement un insecticide dans l’air. Une alternative est la diffusion en posant des liquides ou de plaques imprégnées sur un chauffage électrique. Ces produits peuvent être utilisés pendant la journée dans une chambre isolée ou la nuit durant le sommeil s’il y a une bonne ventilation. Un serpentin collant ne doit pas être utilisé dans des locaux fermés mais bien comme mesure supplémentaire par exemple sur une terrasse en soirée.

Source: Barbara Simon
publié le : 10/07/2016 , mis à jour le 11/08/2016
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