Scène de crime : l’ADN est-il vraiment la preuve absolue ?

Dernière mise à jour: janvier 2016 | 5479 visites
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news Dans l’écrasante majorité des cas, l’analyse d’ADN permet de soutenir la culpabilité ou l’innocence d’un suspect. Mais, mais…

S’il était nécessaire, naguère, de disposer d’une quantité relativement importante de sang ou de fluides corporels pour procéder à une analyse d’ADN fiable, la sensibilité des techniques actuelles permet de procéder sur des prélèvements beaucoup plus réduits que par le passé. Dans ce contexte, et connaissant le caractère déterminant de l’ADN dans une procédure judiciaire, les spécialistes s’interrogent sur le risque de faire condamner un innocent en raison de ce qu’on appelle « le transfert secondaire » d’ADN.

Quel est le principe ? Monsieur X a un contact avec monsieur Y, avec transfert d’ADN. Monsieur Y commet un crime et dépose de l’ADN de monsieur X sur les lieux. Les experts prélèvent cet ADN, et considèrent monsieur X comme un suspect, alors qu’il n’y est pour rien. Evidemment, l’ADN n’est pas le seul élément de preuve dans une affaire criminelle, mais on ne peut pas écarter un risque – même infime - d’erreur.

Une équipe américaine (université d’Indianapolis) a réalisé une expérience qui confirme que le transfert secondaire d’ADN est théoriquement possible. Des volontaires se sont serrés la main pendant un long moment (deux minutes, quand même…), puis ont tenu chacun un couteau.
Que constate-t-on ? Dans neuf cas sur dix, l’ADN de la personne qui n’a pas tenu le couteau a été transféré en quantité suffisante pour obtenir un profil ADN. Et parfois (une situation rarissime, mais réelle), seul l’ADN de la personne qui n’a pas tenu le couteau – « l’innocent » - a été identifié, ou alors son ADN était plus présent que celui du « coupable ».

Ce risque est évoqué depuis quelques années, mais semble se préciser au fur et à mesure que les expériences s’accumulent. Et certains évoquent d’ailleurs une hypothèse encore plus incroyable : le « transfert tertiaire ». Exemple. Monsieur X dépose son ADN sur une serviette de bain, que son épouse, madame Y, utilise un peu plus tard pour se sécher le visage. Les mains gantées, le cambrioleur Z agresse madame, lui touche le visage, puis l’étrangle. Le meurtrier jette les gants… sur lesquels on retrouve l’ADN de monsieur X. Farfelu ? Sans doute, mais...

Source: Journal of Forensic Sciences (http://onlinelibrary.wiley.) via Futura Sciences
publié le : 20/01/2016 , mis à jour le 19/01/2016
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