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Migraine : quel est le rôle de l'alimentation ?

Dernière mise à jour: septembre 2015 | 17234 visites
Dans cet article
Migraine : quel est le rôle de l'alimentation ?

dossier Les estimations font état de 10% des hommes et 25% des femmes qui souffrent occasionnellement ou régulièrement de migraine. De nombreuses personnes migraineuses sont convaincues que certains aliments peuvent provoquer des crises. Qu'en est-il ?

La migraine se caractérise par des crises qui durent de 4 à 72 heures, marquées par des maux de tête touchant un côté du crâne et qualifiés de pulsatiles (battements réguliers), des nausées et/ou des vomissements, une grande sensibilité à la lumière (photophobie) et au bruit (phonophobie), avec une aggravation à l'effort. Dans un tiers des cas, la migraine est dite avec aura, surtout ophtalmique (apparition de points ou de lignes dans le champ visuel).

La migraine est une maladie à forte composante héréditaire, sachant que de nombreux facteurs peuvent intervenir dans le déclenchement des crises : troubles du sommeil, stress, surmenage, menstruations, exposition à la lumière, au bruit, aux odeurs..., brusque variation de température, effort physique ou intellectuel, ainsi que l'alimentation.

Quels aliments ?

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Une série d'aliments ou de composants sont identifiés par les patients.

• Les aliments qui contiennent des amines vasoactives (tyramine, histamine, phényléthylamine) : le vin rouge, le fromage, le poisson, la viande, le chocolat, la bière, les levures, les crustacés, les choux, les figues, les oignons ou certains haricots.

• Les aliments qui contiennent du glutamate de sodium, un exhausteur de goût utilisé dans la cuisine chinoise, que l’on retrouve également dans la sauce soja, les bouillons, les soupes en conserve et les plats préparés. Les glutamates sont par essence présents dans de nombreux aliments riches en protéines comme les petits pois, les tomates, les champignons, les céréales, la viande et le poisson.

• Les aliments qui contiennent des nitrites, comme de la viande retravaillée (jambon, salami, saucisses, pâté…).

• Les aliments qui contiennent des sulfites, tels que le vin et la viande rouge.

• Les légumes qui contiennent beaucoup de nitrates, comme le céleri rave, l'endive, les épinards, la salade, le fenouil, le chou chinois, ou la betterave rouge.

• Des fruits comme les avocats, les bananes et les agrumes.

• Les noix et les préparations à base de noix.

• Les produits laitiers retravaillés, comme le yaourt.

• L’aspartame, un édulcorant artificiel.

• Les boissons et les aliments contenant de la caféine : le café, le thé, le cola, le cacao, certaines boissons énergétiques et le chocolat. L'association est d'ailleurs paradoxale, puisque selon les personnes, la migraine peut être déclenchée par un excès ou par une insuffisance de caféine.

Quelles explications ?

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Il y a d'abord, bien entendu, celle du lien de cause à effet : un aliment ou un groupe d'aliments contribuent à déclencher une crise. Mais lorsque la situation est beaucoup moins évidente, plusieurs hypothèses sont avancées pour tenter de mieux comprendre l'association que les patients établissent entre la migraine et l'alimentation.

L’œuf et la poule

L’aliment ne provoquerait pas la migraine, mais la phase initiale de la crise (phase dite prodromique), alors que les symptômes ne sont pas encore présents, déclencherait l'envie de manger un aliment particulier, comme du chocolat : avaler du chocolat n'est pas la cause, mais la conséquence.

Le faux coupable

La responsabilité est imputée à l’aliment, qui est en fait incriminé à tort. Par exemple, après une sortie au restaurant entre amis, la migraine est mise sur le compte de la consommation de vin, de telle variété de poisson ou de tel type de fromage, alors qu'elle est en réalité la conséquence d'un état de fatigue, d'un manque de sommeil, du stress... ou de tout cela réuni.

L'intolérance alimentaire

Certaines personnes sont sensibles à des composants alimentaires comme les nitrites ou les sulfites. On parle d’intolérance alimentaire, ou de pseudo-allergie. Cette réaction se traduit notamment par des maux de tête, et par d’autres phénomènes comme des nausées. Il ne faut toutefois pas la confondre avec la migraine.

Quelles solutions ?

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Dans un premier temps, il est utile d'écarter momentanément un aliment ou des aliments considérés comme suspects. Si les crises de migraine s'atténuent, c'est qu'il est possible que ce ou ces aliments soient en cause. L'une des méthodes pour le déterminer avec davantage de précision passe par la réintroduction de l'aliment, et si les maux de tête réapparaissent ou redeviennent plus fréquents, c'est qu'il s'agit en effet d'un aliment à éviter.

Une autre approche consiste à noter tout ce qu'on mange et ce qu'on boit, et à rapprocher ces informations de l'apparition d'une crise dans les vingt-quatre heures qui suivent. Si un aliment revient systématiquement ou fréquemment dans la liste, on procédera comme indiqué précédemment : on l'écarte, et le cas échéant on le réintroduit pour vérifier son effet.

Certains comportements alimentaires peuvent jouer un rôle dans l'apparition de la migraine. Le fait de trop peu manger, de sauter un repas, de jeûner ou de faire régime peut provoquer une baisse de la glycémie (taux de sucre) et une augmentation de la production de sérotonine. Cette libération excessive de sérotonine est associée à une contraction des vaisseaux sanguins du cerveau, avec ensuite une dilatation : ce mécanisme participe aux symptômes de la migraine. Une glycémie trop faible entraîne une augmentation de l’afflux sanguin vers le cerveau, qui doit être nourri en sucre, ce qui peut aussi agir sur le phénomène de contraction / dilatation des vaisseaux. Les fluctuations du taux de sucre dans le sang interviennent dans le même sens : sauter un repas puis manger un en-cas sucré va provoquer une brusque augmentation de la glycémie, et l'effet peut se traduire par une migraine. Il est donc important de ne pas sauter de repas, de manger à heures régulières, et de bien s'hydrater tout au long de la journée.

Afin de cerner au plus près les éventuels effets déclencheurs de la crise de migraine, il est utile de tenir pendant quelques mois un « journal de la migraine », dans lequel les caractéristiques des crises seront notées minutieusement. La tâche peut paraître un peu fastidieuse, mais cette démarche donne d'excellents résultats.

Pour un modèle de journal de la migraine : cliquez ici


publié le : 24/09/2015 , mis à jour le 23/09/2015
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