Dents de sagesse : les problèmes et l'opération

Dernière mise à jour: août 2015 | 107344 visites
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Dents de sagesse : les problèmes et l'opération

dossier Les dents de sagesse sont une cause fréquente de problèmes et de douleurs en raison d'une mauvaise disposition. Il est alors nécessaire de procéder à une extraction. Comment se déroule cette intervention ?

Les dents de sagesse sont les dernières dents à pousser. On les appelle les troisièmes molaires (M3) et elles se situent complètement à l'arrière de la bouche.

Elles se développent généralement entre 16 et 25 ans. On en compte quatre, sachant que certaines personnes peuvent en avoir trois, deux ou aucune.

Quels problèmes ?

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Le fait qu'elles soient les dernières molaires à apparaître signifie, logiquement, que d'autres ont déjà poussé et ont trouvé leur place. C'est le noeud du problème : la dent de sagesse est bloquée par une autre molaire et ne peut pas sortir. Quand la dent est prise entièrement dans la gencive, on parle de dent incluse. Quand on en voit une partie, elle est dite semi-incluse. Il est possible aussi que la dent ait assez d'espace mais qu'elle soit positionnée dans un angle qui rend son éruption impossible (elle est trop inclinée).

Ces situations peuvent provoquer de sérieux soucis.

La douleur. Un symptôme classique, mais pas systématique : cela dépend de la nature du souci.

L'inflammation. Aiguë ou chronique, elle affecte le tissu de la gencive autour et au-dessus de la dent de sagesse. C'est la péricoronarite, un processus infectieux qui risque de se propager au reste de la bouche.

La mastication. La mauvaise position des molaires gêne la fermeture des mâchoires et empêche de mâcher correctement.

La deuxième molaire, celle qui se trouve à côté de la dent de sagesse qui a poussé bizarrement (très inclinée), peut être fortement endommagée.

Les caries. Les dents semi-incluses sont difficiles d'accès et compliquées à nettoyer convenablement. Les bactéries et les débris alimentaires trouvent un terrain d'action favorable.

Les kystes. Les dents incluses augmentent le risque.

Extraire ou pas ?

L'extraction préventive ne se justifie pas si la dent de sagesse ne pose pas de problème. Attention : l'absence de symptômes ne signifie pas que tout va bien. Après un contrôle radiographique, le dentiste peut en effet considérer que des soucis menacent.

La question consiste à déterminer si l'extraction doit avoir lieu rapidement, et on élimine alors le risque d'évolution défavorable, ou s'il convient d'attendre tout en surveillant la situation. En cas de problème manifeste (douleurs, gencive fragilisée, manque d'espace évident...), c'est la première option qui sera choisie. L'extraction à l'adolescence (12 - 18 ans) présente une série d'avantages : les racines sont peu ou pas formées, l'acte est plus simple, la cicatrisation plus rapide, et les complications sont rares.

Un élément important lors de la décision concerne la proximité entre la dent de sagesse et un nerf extrêmement important (le nerf alvéolaire inférieur), qui chemine dans la mandibule. La prudence est de mise : si l'extraction expose à un danger de dommages au nerf, elle ne sera pratiquée qu'en cas de plaintes récurrentes.

Quelle intervention ?

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L'extraction d'une dent sagesse bien visible et bien positionnée est réalisée par un dentiste (extraction simple). Lorsque la situation est plus délicate - inclusion, mauvais positionnement, inclination... -, l'opération est alors du ressort d'un spécialiste en stomatologie et/ou chirurgie maxillo-faciale (extraction complexe). Selon les cas, l'opération sera réalisée en cabinet privé ou en milieu hospitalier.

L'extraction est généralement pratiquée sous anesthésie locale. Certains critères peuvent cependant exiger une anesthésie générale.

Lorsque la dent est incluse ou semi-incluse, l'extraction complexe (ou extraction chirurgicale) consiste à inciser la gencive et à tailler (fraiser) l'os de la mâchoire pour libérer la dent. L'incision est ensuite refermée avec des points de suture (fil résorbable). Parfois, il peut être nécessaire de sectionner la dent en plusieurs morceaux pour pouvoir la retirer (c'est notamment le cas si elle empiète sur la molaire voisine).

En cas d'anesthésie locale, le patient peut rentrer chez lui dès après l'intervention. Si c'est une anesthésie générale, il sera libéré en fin de journée ou le lendemain.

Après l'opération

Les quelques jours qui suivent l'intervention seront assez désagréables. Il est recommandé de rester chez soi et de se reposer pendant trois jours, ou davantage en fonction de l'activité professionnelle. La reprise du sport n'interviendra qu'après deux ou trois semaines. Il est important de faire preuve de prudence.

La douleur. D'intensité variable, elle sera soulagée par des antidouleurs - uniquement ceux qui ont été prescrits ! - et disparaît spontanément (entre quelques heures et quelques jours).
Les saignements. Pour limiter les risques, une compresse stérile est appliquée sur la zone de l'extraction et le patient doit bien mordre pendant une petite demi-heure, afin de faciliter la formation d'un caillot sanguin. La cicatrisation totale prend entre six et huit semaines.
L'oedème. Un gonflement des joues apparaît habituellement endéans les vingt-quatre heures, puis s'estompe progressivement. Une poche froide appliquée sur la joue soulage.
La mastication. L'ouverture de la bouche est (fortement) gênée pendant une semaine environ, surtout si l'extraction a concerné les dents de sagesse inférieures. S'alimenter est difficile pendant cette période.

Ce qu'il faut faire


• Après 24 h, se rincer la bouche avec de l'eau tiède salée ou un bain de bouche recommandé par le médecin (il ne faut pas utiliser son bain de bouche habituel pendant quelques jours).
• Prendre les antidouleurs prescrits à un rythme régulier, sans attendre le pic de douleur.
• Se brosser les dents normalement, éventuellement avec une brosse pour enfants, et en évitant la zone opérée.
• Bien respecter le traitement antibiotique.

Ce qu'il ne faut pas faire


• Se rincer la bouche le premier jour et solliciter la plaie (aspiration, succion, passage de la langue...).
• Fumer, au moins pendant la première semaine. Le tabac interfère avec le processus de cicatrisation et peut contribuer à la survenue d'une hémorragie.
• Boire du café ou du thé chaud (bannis pendant vingt-quatre à quarante-huit heures après la chirurgie).
• Consommer de l'alcool, dans la mesure où il augmente les risques de saignement.

Les risques de complications

Un certain nombre de complications - rares - peuvent apparaître, surtout en cas de dent incluse.

• L'atteinte d'une molaire voisine.
• Une hémorragie.
• Une blessure accidentelle
• Une infection : en particulier l'alvéolite, qui peut survenir lorsque le caillot de sang est délogé de l'alvéole, le trou laissé dans l'os suite à l'extraction.
• Une fracture de la mâchoire.
• Une atteinte des sinus lors de l'extraction de dents de sagesse supérieures (avec notamment la formation d'une communication entre le sinus et la bouche).
• La lésion d'un nerf (dents de sagesse inférieures) : avec un perte de sensibilité de la langue, de la lèvre inférieure, une impression de fourmillement, d'engourdissement.

En règle générale, ces signes sont passagers. Ils peuvent cependant persister et nécessiter une prise en charge médicale ou chirurgicale (nouvelle intervention).

En cas de doute, il ne faut pas hésiter à contacter son dentiste ou son médecin. Ceci est particulièrement vrai :

• si les saignements, même modérés, persistent après vingt-quatre heures malgré l'utilisation d'une compresse
• si la douleur et/ou le gonflement ne s'améliorent pas après trois jours
• en cas d'apparition d'une fièvre élevée (supérieure à 39 °C)


publié le : 29/01/2015 , mis à jour le 08/08/2015
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