Infarctus chez la femme : les 8 symptômes qui doivent alerter

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Chez la femme, l'infarctus ne se manifeste pas toujours par la douleur violente dans la poitrine que l'on imagine. Il peut aussi se traduire par un essoufflement, une grande fatigue, des nausées ou une douleur dans le dos. Plus discrets, ces signes retardent souvent l'appel aux secours, voire la prise en charge. Voici comment les reconnaître et comment réagir.

Quelles différences de symptômes pour un infarctus chez l’homme et chez la femme ?

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La majorité des hommes et des femmes partagent le même principal symptôme de l'infarctus du myocarde : une douleur ou une gêne dans la poitrine. Mais les femmes présentent plus souvent d'autres signes, moins connus : essoufflement, nausées, douleur dans le dos ou la mâchoire. Il arrive même que la douleur thoracique soit absente : c'était le cas chez 43 % des femmes interrogées dans une grande enquête américaine.

Or, face à un infarctus, chaque minute compte. L'infarctus survient lorsque le sang n'arrive plus suffisamment jusqu'au muscle cardiaque. Plus cette interruption se prolonge, plus les lésions risquent d'être irréversibles.

Voir aussi l'article : Infarctus du myocarde : que se passe-t-il pendant une crise cardiaque et après ?

Quels sont les 8 symptômes d'un infarctus chez la femme ?

Chez les femmes, la crise cardiaque se manifeste le plus souvent par les symptômes suivants. Ces signes peuvent apparaître seuls ou associés, brutalement ou plus progressivement.

  1. Une douleur ou une gêne dans la poitrine. Oppression, serrement, sensation de poids ou de brûlure au milieu du thorax, qui dure plus de quelques minutes ou disparaît puis revient.
  2. Une douleur dans le haut du corps. Elle peut toucher un bras ou les deux, le dos (souvent entre les omoplates), le cou, la mâchoire ou l'épaule, même en l'absence de douleur dans la poitrine.
  3. Un essoufflement inhabituel. Vous manquez d'air au repos ou au moindre effort. C'est le symptôme que les femmes décrivent le plus souvent au moment de l'infarctus.
  4. Une fatigue intense ou une faiblesse soudaine. Sans commune mesure avec votre fatigue habituelle, elle peut empêcher les gestes les plus simples.
  5. Des sueurs froides. Une transpiration abondante, sans effort ni chaleur, avec une peau froide et moite.
  6. Des troubles digestifs. Nausées, vomissements ou douleur au creux de l'estomac, facilement confondus avec une indigestion.
  7. Des vertiges ou un malaise. Tête qui tourne, sensation d'évanouissement, voire perte de connaissance.
  8. Une angoisse inexpliquée. L'impression d'un danger imminent, sans raison apparente.

Voir aussi l'article : Douleur thoracique : 14 causes possibles et symptômes d'alerte

Voir aussi l'article : Essoufflement : les causes possibles

Les signes avant-coureurs de l'infractus chez la femme

De nombreuses femmes présentent des signes avant-coureurs plusieurs semaines avant l’infarctus. Dans la grande enquête américaine citée plus haut, 95 % des participantes disaient avoir remarqué des symptômes inhabituels plus d'un mois avant leur infarctus. Les plus fréquents : une fatigue anormale (70 %), des troubles du sommeil (48 %) et un essoufflement (42 %). Une revue récente des études sur le sujet confirme ces observations et y ajoute l'anxiété.

Prudence toutefois : ces symptômes sont aussi très fréquents en dehors de tout problème cardiaque et ne permettent pas, à eux seuls, de prédire un infarctus. Le bon réflexe : en parler à votre médecin s'ils sont nouveaux, s'ils persistent ou s'ils s'aggravent, surtout si vous avez des facteurs de risque.

Voir aussi l'article : Quels sont les signes avant-coureurs d’une crise cardiaque ?

Face à leurs symptômes, les femmes tardent à appeler les secours

Fatigue, essoufflement, nausées… Ces signes peu évocateurs, les femmes les mettent volontiers sur le compte du stress, du surmenage ou d’un souci digestif. Elles attendent donc plus longtemps avant d’appeler les secours et arrivent plus tard à l’hôpital. Sur place, le diagnostic peut encore tarder, car les soignants eux-mêmes pensent moins vite au cœur chez une femme.

Ce retard pèse lourd. Selon des données françaises, la mortalité à l’hôpital après un infarctus est 38 % plus élevée chez les femmes. Le retard n’explique toutefois pas tout : elles font aussi leur infarctus en moyenne dix ans plus tard que les hommes, souvent avec d’autres problèmes de santé (diabète, hypertension) qui alourdissent le pronostic. Les plus jeunes ne sont pas épargnées pour autant : avant 55 ans, elles décèdent plus souvent à l’hôpital que les hommes du même âge.

Que faire si vous pensez faire un infarctus ?

Au moindre doute, considérez qu'il s'agit d'une urgence.

  • Appelez immédiatement le 112. N'attendez pas que la douleur passe.
  • Ne prenez pas le volant et ne vous faites pas conduire aux urgences : les secours peuvent commencer le traitement dès leur arrivée.
  • Ne restez pas seule : prévenez un proche et déverrouillez la porte d'entrée.
  • Suivez les consignes de l’opérateur téléphonique des urgences. 
  • Si la personne perd connaissance et ne respire plus normalement, commencez sans attendre le massage cardiaque et faites apporter un défibrillateur.

Quelles femmes sont les plus à risque d’infarctus ?

Les facteurs de risque classiques concernent tout le monde : tabac, hypertension, diabète, excès de cholestérol, surpoids et sédentarité. Chez les femmes, le tabac et le diabète pèsent même plus lourd. D'autres facteurs leur sont propres :

  • Les complications de grossesse : prééclampsie, hypertension ou diabète gestationnel. Une prééclampsie multiplie environ par deux le risque de maladie coronarienne au cours de la vie.
  • La ménopause, a fortiori lorsqu'elle survient tôt (avant 40 à 45 ans).
  • La pilule œstroprogestative associée au tabac, surtout après 35 ans.
  • Le syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SOMP, anciennement SOPK), souvent associé à une résistance à l'insuline.
  • Les maladies auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus.

Le bon réflexe : si vous avez eu une prééclampsie ou un diabète gestationnel, signalez-le à votre médecin traitant, même des années après. Il pourra ainsi surveiller de plus près votre tension, votre glycémie et votre cholestérol.

Enfin, certains infarctus frappent des femmes jeunes et en bonne santé. C'est le cas de la dissection spontanée d'une artère coronaire (SCAD), une déchirure de la paroi de l'artère. Neuf fois sur dix, elle touche une femme, souvent autour de la quarantaine, parfois peu après un accouchement.

FAQ : Infarctus du myocarde chez la femme

Un infarctus peut-il passer inaperçu ?
Oui. Certains infarctus, dits « silencieux », ne provoquent que des signes discrets (fatigue, gêne digestive) et ne sont découverts que plus tard, par exemple lors d'un électrocardiogramme.

Douleur dans le dos et le bras gauche : faut-il penser au cœur ?
Pas forcément. Mais si cette douleur apparaît brutalement, dure plusieurs minutes ou s'accompagne d'essoufflement, de sueurs ou de nausées, appelez le 112

Faut-il consulter pour une fatigue inhabituelle ?
Oui, si elle est nouvelle, inexpliquée et persiste plus de quelques jours, surtout en présence de facteurs de risque. Associée à un essoufflement ou à une douleur, elle impose d'appeler les secours.

Une femme jeune peut-elle faire un infarctus ?
Oui. Avant 50 ans, trois infarctus féminins sur quatre surviennent chez des fumeuses, d'autant plus si elles prennent la pilule. Les complications de grossesse et la dissection coronaire spontanée sont d'autres causes à connaître.

Sources
https://www.heart.org
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/14597589/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41744115/
https://static.pmg.be
https://www.mayoclinic.org
https://www.bhf.org.uk
https://www.info.gouv.fr
https://liguecardioliga.be/

auteur : Olivia Regout - journaliste santé

Dernière mise à jour: octobre 2026

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