Enfant désiré ou non : quelle influence sur son développement ?

Dernière mise à jour: juillet 2012

news Un enfant dispose-t-il des mêmes capacités selon qu’il soit né d’une grossesse non désirée ou, au contraire, ardemment attendue ?

La question peut paraître saugrenue, mais elle a fait l’objet d’une série de travaux qui semblent indiquer qu’une différence existe selon les circonstances de la conception. Une équipe britannique (université d’Oxford) a voulu en avoir le cœur net, en conduisant une étude auprès d’une très large population d’enfants (près de 12.000), recrutés à l’âge de 9 mois, et soumis à une évaluation de leur développement à 3 ans et à 5 ans.

A l’entame, il a été demandé aux mères de spécifier la nature du « désir d’enfant » :

• grossesse non désirée et jamais « intégrée »,
• grossesse non désirée mais finalement bien accueillie,
• grossesse planifiée et rapidement mise en route,
• grossesse planifiée mais déclenchée après une période prolongée, et grossesse par procréation médicalement assistée (PMA).

Les résultats (publiés dans le « British Medical Journal ») sont très différents selon qu’on analyse les données « brutes » ou les données « ajustées ». Explication.

Sur base des données « non ajustées », les scores sont défavorables aux enfants nés de grossesses non planifiées, qu’elles aient été ou non acceptées. Ainsi, à l’âge de 5 ans, les aptitudes verbales de ces enfants accusent un retard de plus de cinq mois par rapport à ceux issus d’une grossesse planifiée ; alors que les enfants d’une PMA bénéficient d’une avance de trois à quatre mois sur tous les autres mômes de leur âge.

• Mais, mais… « Ces résultats ne résistent pas à l’ajustement pour les facteurs confondants, et particulièrement pour les facteurs sociodémographiques », souligne le Dr Roseline Péluchon, du « Journal international de Médecine ». En analyse ajustée, le retard constaté chez les enfants nés d’une grossesse non planifiée disparaît, alors que s’atténue l’avance des enfants nés de la PMA.
« Les auteurs concluent que les différences observées par des précédents travaux selon les circonstances de la conception sont presque exclusivement le fait de facteurs sociodémographiques», poursuit le Dr Péluchon. « Ils confirment que les inégalités sociales ont un impact plus important sur le développement de l’enfant que les circonstances entourant sa conception ». On ne sera pas surpris, mais encore fallait-il dissiper formellement les doutes.

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