Le burn-out

Dernière mise à jour: décembre 2012 | 36914 visites

dossier Ne pas reconnaître un stress excessif constitue en fait le danger principal de développer un épuisement professionnel et un burn-out. Il est capital que l’on comprenne que chaque individu réagit d’une façon différente face au stress. C’est ainsi que chez les uns, un surcroît de stress engendrera des problèmes psychiques alors que chez les autres, il pourra occasionner des problèmes physiques ou les deux.

Notez que certaines personnes supportent très bien un stress continuel et qu’elles ne souffriront jamais d’une affection liée à un trop-plein de stress. Ces personnes ont une capacité de bien neutraliser le stress, de l’apprivoiser et de pouvoir recharger leurs batteries au bon moment.

Les signaux

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• Des problèmes de concentration,
• De plus en plus de lenteur pour effectuer certaines tâches,
• Emotivité,
• Manque de prise de décision,
• Cynisme,
• Manque de confiance,
• Problèmes sexuels.
• D’autres plaintes physiologiques et/ ou psychiques qui laissent à penser que le stress influence le comportement :
• Changements comportementaux,
• Changements dans la manière de s’exprimer,
• Diminution de la condition physique,
• Accroissement du nombre d’heures de travail.

Si ces signaux et plaintes sont présents, prenez du recul vis-à-vis des facteurs de stress, parlez-en avec votre partenaire, votre famille, votre médecin ou le médecin du travail.

Qu’est-ce que le stress ?

Il s’agit d’une dénomination générique pour un dérèglement ou déséquilibre entre ce qu’on peut supporter et ce qu’on ne plus endurer…Le repos, la détente permettent généralement de retrouver cette mise en équilibre perturbée. N’oublions pas qu’un stress peut être salutaire puisqu’il augmente les prestations. Par contre, quand le stress est trop élevé, il peut avoir l’effet contraire et diminuer fortement les performances. Si le stress provoque un dérèglement permanent, on parle de stress chronique. Quelles sont les causes ou combinaisons de stress qui peuvent entraîner un burn-out et ce, que ce soit au travail ou dans la vie privée ? Ces causes peuvent occasionner des changements psychiques, comportementaux, physiologiques qui à la longue déboucheront sur diverses maladies.

Le surmenage

On parlera de stress lorsqu’il y a sur le long terme un équilibre perturbé entre les exigences environnementales ou personnelles et les capacités qu’a un individu pour y répondre. Un peut, outre des symptômes somatiques (palpitations), entraîner des symptômes comportementaux (troubles du sommeil), des symptômes psychologiques (incertitude, angoisse) et de la dépression. Tout ceci peut conduire au surmenage et/ou au burn-out. Lorsque la personne ne peut plus faire face, le stress donne lieu à du surmenage qui correspondra à un déséquilibre du système nerveux. On enregistre alors une augmentation du taux d’adrénaline, du rythme cardiaque, des contractures musculaires et de la tension artérielle. Encore plus typique est le fait que si le patient ne consulte pas à temps, la situation va perdurer voire s’aggraver. On parlera donc de surmenage lorsqu’on attendra davantage de vous que ce que vous pouvez donner et ce, sur une courte période (2 à 3 mois). Une période de quelques semaines de détente, de repos est généralement nécessaire pour qu’un bon équilibre soit retrouvé !

Qu’est-ce qu’un burn-out ?

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Il s’agit d’une forme spécifique de stress. On dénombre beaucoup de cas parmi les professions qui impliquent un contact étroit avec les gens comme l’enseignement, les soins de santé ou encore le management. Burn-out signifie littéralement : brûlé, émotionnellement épuisé, éreinté.

On relève trois caractéristiques spécifiques du burn-out :
• Un épuisement émotionnel,
• Une dépersonnalisation,
• Un sentiment croissant de dévalorisation.

La différence essentielle entre le surmenage et le burn-out est que dans le cas d’un surmenage si on met le patient au repos loin de la source de son stress, il se rétablira en quelques jours. Ce qui n’est pas le cas pour le burn-out puisque ce dernier voit le jour suite à une juxtaposition de plusieurs facteurs de stress et de frustrations à long terme qui sont le résultat la plupart du temps de plusieurs années de vie en « déséquilibre ».

Trois groupes de causes du burn-out
• le travail,
• une situation personnelle,
• des caractéristiques organisationnelles.

Conséquences du burn-out
On les rassemble en trois sous-groupes :
• les conséquences physiques et émotionnelles,
• les conséquences interpersonnelles,
• les conséquences sur le comportement et l’attitude.

Le burnin

Souffrir d’un burn-out n’apparaît pas du jour au lendemain. Le processus a été enclenché bien souvent des années auparavant. Dès que le processus a démarré, il est irréversible et sera de longue durée. Il n’existe à ce jour pas de méthode passe-partout ou ‘toute faite’ pour appréhender, traiter le burn-out ni pour savoir comment le reconnaître à 100% ou le résoudre. On parlera de ‘burnin’ ou de phénomène de prise de conscience, de connaissance qui apparaît au cours du processus de ‘guérison’ du burn-out. Littéralement cela signifie « réenpoter », inculquer bref, instiguer de nouvelles idées, un nouveau comportement et donc des suggestions qui vont de concert avec certains comportements.

On arrive à ce qu’on appelle le ‘burnin’ lorsqu’on parvient à reconnaître les causes du burn-out, qu’on parvient à développer de nouvelles idées, de nouvelles pensées et qu’on parvient à les combiner avec de nouveaux comportements, lorsqu’on acquiert de nouvelles expériences, qu’on parvient à clarifier certaines perspectives en adaptant la ‘Rational Emotive Therapy’ (développer une expérience positive sur des faits négatifs, accepter qu’on ait de nouvelles aptitudes, capacités).

Le burn-out et l’entourage, l’environnement

Avant que vous ne découvriez et ne preniez conscience que vous êtes atteint d’un burn-out, pas mal de temps se sera déjà écoulé ! Il convient de tenir compte de l’entourage et surtout du partenaire qui n’aura pas la vie facile…En effet, ce dernier aura bien souvent très vite vu que quelque chose cloche. S’il est averti, il aura pris conscience d’un burn-out…Seulement il est très souvent impuissant face à la maladie et surtout face au patient atteint de burn-out qui, lui, de son côté, nie tout en bloc, qui « refuse » la maladie.

Malentendus, incompréhension, malaise…telles sont les situations les plus fréquentes. De plus, il faut tenir compte qu’à côté des problèmes du patient atteint de burn-out, le partenaire aura aussi ses problèmes à régler et que la tâche sera donc ardue pour lui/elle. Il est parfois très difficile de vouloir régler les problèmes d’un tiers surtout si ce dernier ne veut pas participer. Ce qu’on appelle le processus de « burnin » représente bien souvent une première étape pour le partenaire vers le changement. Il ne s’agit pas pour les patients en cours de thérapie de changer de personnalité mais simplement de comportement face à une situation précise. Inutile de se voiler la face, le burn-out au sein du couple n’est pas sans conséquences sur l’entente. Il en va de même pour l’entourage.

Le burn-out et les hormones

Le système hormonal ainsi que le système immunitaire seront touchés. Dans certains cas, le burn-out peut résulter d’un effet négatif sur le cerveau. Selon certaines théories, la plupart des processus psychiques seraient également physiologiques. Si quelque chose se produit au niveau du cerveau, cela ne sera pas sans conséquences.

Le stress a des répercussions sur l’ensemble de l’organisme, c’est en tous les cas ce qui résulte de recherches menées au niveau cardiovasculaire. Sous l’influence d’hormones de stress, le système immunitaire envoie des signaux qui, via une certaine action sur le cerveau, provoqueront une fatigue intense.

Les effets positifs du burn-out

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Ces dernières années, le terme « burn-out » a souvent été mis à la Une dans la presse, en radio ou encore à la télévision…et c’est très bien car la société a ainsi appris à connaître cette maladie. On en parle. Ce n’est plus tabou ! C’est essentiel pour les futurs ex-patients atteints de burn-out. Ils doivent être conscients qu’il existe un ‘après’, une vie après le burn-out !

En effet, suite à un burn-out,
•le patient apprendra à relativiser,
•à prendre une certaine distance avec son travail,
•à poser les priorités,
•à demander de l’aide (ce n’est pas un manque de force de caractère),
•l’avis de professionnels de la santé,
•à vouloir s’en sortir et à ne pas vouloir replonger.

Bref, à s’ouvrir à des changements. Le burn-out, à condition d’y travailler et de le vouloir, peut déboucher sur des choses réellement positives que ce soit au sein du couple, d’une relation, avec l’entourage, dans le travail…Il permettra de prendre de la distance quand il faut, d’apprendre les mots ‘capacités et aptitudes’, d’apprendre à dire « non » quand il faut.

Eviter les rechutes

On parlera de récidive ou de rechute lorsque des symptômes caractéristiques du burn-out touchent un patient précédemment atteint d’un burn-out et ce, après un traitement et une période de guérison voire de rémission qui aura au moins duré quelques mois. Cette récidive survient après une période dite d’euphorie et le patient retombera très vite dans ses anciens travers. L’entourage aura tendance à oublier que vous avez été un patient atteint de burn-out. Afin de minimiser les risques de rechute, il convient de savoir comment les traiter et comment éviter le burn-out.

La prévention d’une rechute est entamée durant le traitement initial. Il convient pour ce faire de bien adapter le traitement et d’analyser les causes qui ont conduit au burn-out et ce, afin de ne pas y être à nouveau confronté, de contrôler ces facteurs de risques. Psychothérapie, identification de certaines aptitudes, élimination de situations à risques…permettent de limiter les rechutes. Le tout est de les identifier, d’en avoir conscience.

Il convient toujours de garder les rennes des actions que l’on vous demande de diriger, de mener à bien. Si vous vous laissez prendre au piège, si vous ne contrôlez plus la situation, vous replongerez. Savoir reconnaître qu’une situation est trop difficile fait partie du processus qui permettra d’éviter le burn-out et sa rechute. Cela demande introspection, réflexion, observation et contrôle des plaintes éventuelles.

Bref, en un mot dès qu’on reconnaît ce qui pourrait poser problème, le mettre sur le côté. C’est donc essentiellement du cas par cas. La complexité réside dans le fait de la multiplicité des facteurs qui peuvent entrer en ligne de compte : l’âge, les caractéristiques personnelles, la situation professionnelle, l’entourage au travail, la durée et la gravité des plaintes …


publié le : 12/01/2011 , mis à jour le 04/12/2012
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