La cystite en 10 questions

Dernière mise à jour: février 2018 | 39699 visites

dossier Les infections urinaires (communément appelées cystites) sont typiquement féminines. Cette pathologie est étroitement liée à l’anatomie de la femme. Néanmoins, elle peut aussi concerner les hommes. Que faut-il savoir en dix questions - réponses ?

1° - Qu'est-ce qu'une cystite ?

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Les reins filtrent les déchets liquides du sang, ce sont les urines. L’urine ainsi produite est acheminée via les voies urinaires vers la vessie où elle est temporairement stockée. L’urine qui est recueillie dans ce réservoir sera éliminée via l’urètre. Lorsque la paroi de la vessie est infectée par des bactéries contenues dans l’urine, on parle d’infection urinaire ou de cystite.



2° - Pourquoi les femmes y sont-elles plus sensibles ?

Les jeunes filles risquent 20 fois plus de souffrir d’une cystite que les garçons. Les femmes adultes ont, quant à elles, jusqu’à 50 fois plus de risques que les hommes. La cystite est une infection typiquement féminine en raison de l’anatomie de la femme. En effet, chez la femme, le vagin et l’anus sont très proches l’un de l’autre, ce qui permet aux bactéries de l’intestin de contaminer plus facilement le vagin. De plus, le canal urinaire est chez la femme très court ce qui permet aux microbes d’atteindre très rapidement la vessie.

3° - Toutes les femmes courent-elles le même risque ?

Il y a bien entendu des groupes à risque: les femmes sexuellement actives, les femmes enceintes et les femmes ménopausées.

4° - Et les hommes ?

Les hommes sont par nature mieux protégés contre les infections des voies urinaires. En effet, la distance en l’anus et le pénis est grande, l’ouverture dans le pénis est très petite et la peau qui l’entoure empêche la prolifération des bactéries. Enfin, soulignons que le canal urinaire est chez l’homme 5 fois plus long que celui de la femme, ce qui ralentit la propagation des microbes vers la vessie. Quand un homme, à l’âge adulte, souffre d’une infection urinaire, des examens plus approfondis seront effectués afin d’évaluer d’éventuels facteurs sous-jacents. Une hypertrophie de la prostate peut par exemple empêcher la vessie de se vider complètement. L’urine qui stagne représente un milieu propice pour le développement les bactéries.

5° - Quels sont les symptômes d’une cystite ?

Des symptômes facilement identifiables : fréquemment uriner par petites quantités, devoir se lever la nuit pour uriner, une sensation de brûlure ou de lourdeur dans le bas du ventre et lors de la miction, des urines troubles voire odorantes avec parfois des traces de sang.

6° - Faut-il consulter un médecin ?

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Il est vivement conseillé de consulter un médecin dès qu’on suspecte une infection urinaire. En effet, l’infection peut rapidement gagner du terrain jusqu’à toucher les reins et provoquer des lésions. Dans ce cas, l’infection urinaire est accompagnée de fièvre, de frissons ou d’une transpiration excessive, de nausées, de douleurs dans le dos, sans oublier la présence de sang dans les urines.

Le médecin effectuera un prélèvement d’urine pour analyse, afin de détecter la présence de globules blancs qui attestent d’une réponse inflammatoire. Une culture bactérienne déterminera avec précision les bactéries responsables de l’infection. Il s’agit dans 80% des cas d’une infection due à Escherichia coli (E. coli), que l’on retrouve aussi souvent dans les infections vaginales.

7° - Comment traite-t-on une cystite ?

Lorsqu’il s’agit d’une infection urinaire prise à temps et sans réelles complications, un antibiotique suffit. Il est également recommandé de boire énormément d’eau et de ne pas se retenir d’aller aux toilettes. Le médecin démarrera ce traitement avant de connaître les résultats du laboratoire, afin de soulager la patiente et d’éviter que l’infection gagne du terrain. Il prescrira éventuellement un autre antibiotique lorsqu’il aura reçu les résultats du labo.

En cas de forte fièvre et d’autres symptômes invalidants, une hospitalisation peut être requise pour administrer un traitement plus énergique, tout en surveillant de près le patient.

8° - Que faire en cas de cystite à répétition ?

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• Lorsqu'un jeune enfant souffre d’infections urinaires à répétition, des examens approfondis doivent être réalisés. Il pourrait s’agir d’une anomalie congénitale, comme par exemple un reflux urinaire. Une chirurgie peut être envisagée. Chez les hommes, il peut s’agir d’une anomalie congénitale du canal urinaire qui empêche d’évacuer toute la quantité d’urine. L’urine stagnante constitue dès lors un terrain propice aux bactéries.

• Chez l'adolescent, les infections urinaires dites chroniques peuvent avoir plusieurs causes. Il se peut par exemple que lors d’une première infection, la totalité des bactéries n’a pas été éradiquée car les antibiotiques ont été arrêtés trop tôt ou qu'ils n'étaient bien ciblés.

• Chez les femmes avec une vie sexuelle active, la paroi vaginale peut être colonisée par des bactéries qui donnent naissance à une contamination constante. Un prolapsus de la vessie peut occasionner le fait qu’il reste toujours un peu d’urine dans la vessie, ce qui rend la prolifération bactérienne possible. Des calculs rénaux ou encore des problèmes aux voies urinaires supérieures peuvent entraîner des cystites à répétition.

• On parle aussi de cystite interstitielle. La confusion peut avoir lieu surtout au début de l’apparition des symptômes. Pourtant, les différences sont significatives. Une cystite « classique » est une inflammation de la paroi de la vessie par une contamination des bactéries alors que la cystite interstitielle n’est pas causées par des bactéries. Les antibiotiques n'ont alors aucun effet et la douleur s’intensifie très vite. La vessie est sérieusement enflammée ce qui entraîne d’importantes douleurs dans le bas ventre. On ignore encore les facteurs déclencheurs. Ce qui est certain, c’est que dans ce cas-là, la douleur s’atténue immédiatement après avoir uriné mais qu’elle se manifeste à nouveau dès qu’il y a un peu d’urine dans la vessie. Généralement, les symptômes diminuent endéans les 3 à 10 jours.

9° - Comment éviter une infection urinaire ?

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• Il faut avant tout boire suffisamment (1 à 1,5 l d'eau par jour et par petites quantités).

• Uriner régulièrement et surtout ne pas se retenir d’aller aux toilettes.

• Toujours uriner avant d’aller dormir et après un rapport sexuel.

• Evitez les sprays, lingettes, gels douche ou autres produits de toilette intime. Ils dérèglent le pH naturel de la flore vaginale, avec alors un terrain propice à la prolifération des bactéries.

• Aux toilettes, toujours s’essuyer avec le papier de l’avant vers l’arrière (du vagin vers l'anus).

10° - Certaines tisanes sont-elles efficaces ?

On dénombre diverses sortes de thés aux herbes qui auraient un effet désinfectant et purifiant, comme le thé de mûre ou le thé à l’ortie blanche. Leur efficacité n’est pas prouvée scientifiquement. Par contre, le jus d’airelles (cranberries) semble offrir une protection contre les récidives.


publié le : 15/02/2018 , mis à jour le 13/02/2018
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