10 questions sur la dépression

Dernière mise à jour: janvier 2012 | 1 réactions | 28037 visites

dossier La dépression est l’une des maladies les plus fréquentes. Selon la plupart des études internationales, le risque de souffrir au cours de sa vie de dépression serait situé entre 10 et 17%. Si l’on extrapole ces données à notre pays, environ 1 million à 1,7 million de Belges souffriront un jour de dépression.

Personne n’est à l’abri et on ne peut pas s’en prémunir. Elle toucherait davantage les femmes (2 femmes pour 1 homme) et les adultes entre 25 et 35 ans mais soulignons que la dépression peut toucher toutes les catégories d’âge et toutes les classes sociales.
Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la dépression sera en 2020 la maladie la plus courante dans les pays industrialisés.

2. La dépression est-elle facilement reconnaissable ?

Non et non ! La dépression n’est pas reconnue comme il se doit par le dépressif lui-même et encore moins par son entourage. L’une des principales raisons pour laquelle la dépression n’est pas reconnue c’est que l’on pense, à tort, qu’un dépressif est toujours en larmes, qu’il a des idées suicidaires, qu’il est en proie à un découragement total. La situation clinique ne répond pas toujours à cette image tronquée. La dépression s’accompagne bien souvent de plaintes comme des troubles du sommeil, de la mémoire, de la concentration, une fatigue intense le matin, une lenteur psychomotrice, un manque d’appétit ou encore des problèmes de poids.

Tous les cas de dépression ne sont pas imputables à un deuil (ce qui est le cliché) ou à une catastrophe précise comme par exemple une perte d’emploi, un divorce… Au contraire, la dépression est très souvent la conséquence d’une succession de gros stress, de problèmes relationnels, professionnels ou encore de santé qui rendent l’individu plus sensible, plus fragile et qui le pousse graduellement à un affaiblissement psychique. Enfin, notez que la dépression peut apparaître sans que l’on ait pu localiser un facteur déterminant.

3. La dépression est-elle due à un manque de force de caractère, de courage ?

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Non ! Une véritable dépression n’a rien à voir avec un manque de courage ! Pour que l’on parle de dépression, il faut que les symptômes soient présents au moins durant 15 jours en continu et on doit constater un réel manque d’entrain et de fonctionnement.
Ces symptômes ne concernent pas seulement les situations relatives au courage ou à la force de caractère comme par exemple la tristesse, le découragement, un manque d’intérêt ou de plaisir dans les activités quotidiennes, un sentiment de culpabilité, des idées suicidaires etc… mais également la sphère biologique avec par exemple des troubles du sommeil, une fatigue au lever, une perte d’appétit, des troubles de la concentration, une perte de poids ou une prise de poids, une lenteur psychomotrice.

Des études scientifiques ont démontré que la dépression est une véritable maladie qui perturbe sérieusement le bon fonctionnement de l’organisme. Il ne s’agit pas d’un simple manque de courage suite à un événement négatif de la vie. Elle nécessite un traitement adéquat si l’on ne veut pas plonger davantage et si l’on veut voir le bout du tunnel.

4. Quand faut-il en parler à son médecin généraliste ?

Dès que l’on est confronté à ce type de problème et que l’on souhaite en parler. Une fatigue intense, pleurer sans raison, un sentiment d’égarement, des idées suicidaires mais également des troubles du sommeil, des réveils précoces sans pouvoir se rendormir facilement, une perte de poids ou au contraire une prise de poids sans raison apparente, la mémoire qui flanche, des troubles de la concentration, un manque d’énergie et de tonus, … sont tous des éléments et plaintes qui seront passés en revue avec le médecin et pour lesquels il vous aidera.

De telles plaintes ne doivent pas être traitées isolément et le médecin adaptera le traitement au cas par cas après une discussion avec vous. Il ne faut pas avoir peur de consulter ni attendre trop longtemps avant de le faire car un traitement démarré très tôt portera très rapidement ses fruits. Des vitamines, des tranquillisants, des oligo-éléments ou encore des somnifères seront également prescrits en complément d’antidépresseurs et ce, pour traiter certains symptômes isolés.

5. Faut-il choisir entre psychothérapie et antidépresseurs ?

Non ! Généralement, on conseille d’entamer une psychothérapie de concert avec des antidépresseurs mais dans la pratique, on préconise surtout le traitement médicamenteux en première instance. Il faut noter qu’un traitement médicamenteux ne sera réellement efficace qu’après 2 à 6 semaines, d’où la nécessité d’entamer aussi une psychothérapie et pas seulement des antidépresseurs. Une aide psychologique s’avère essentielle.

Le médecin expliquera généralement au patient et à sa famille ce qu’est la dépression et comment il faut la traiter. La guérison vient du patient lui-même mais aussi de son entourage. Au niveau psychologique, il sera très important de découvrir et d’analyser les facteurs qui ont conduit à cet état dépressif.

6. Les antidépresseurs sont-ils des dangereux ? Créent-ils une dépendance comme la drogue ?

Un antidépresseur ne doit pas être assimilé à de la drogue même s’il est souvent pointé du doigt. Contrairement aux somnifères ou benzodiazépines (tranquillisants), on n’enregistre souvent chez la plupart des antidépresseurs aucun effet de dépendance ou d'accoutumance. Néanmoins, afin d'éviter certains effets secondaires, il est toujours conseillé de diminuer progressivement le traitement et non de l’arrêter d’un coup.

Les antidépresseurs n’entraînent aucun changement de la personnalité et n’occasionnent généralement pas d’agressivité ou d’actes de violence. Pourtant, il ne s’agit pas de médicaments inoffensifs. Leur utilisation nécessite un suivi médical rigoureux.

7. Peut-on arrêter le traitement dès qu’une amélioration des symptômes a été constatée?

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Certainement pas ! L’action voire l’efficacité d’un antidépresseur n’est pas immédiate et n’est pas visible très rapidement. Quelques semaines sont nécessaires et lors des premiers jours de traitement, on constatera des effets secondaires importants voire invalidants qui donnent parfois envie au patient de tout arrêter : nausées, vomissements, maux de tête, vertiges, irritabilité, nervosité, transpiration excessive…Ces effets secondaires disparaîtront généralement après une dizaine de jours.

Les premiers effets positifs ne se feront ressentir qu’après 3 semaines de traitement. Il ne faut absolument pas arrêter le traitement dès que l’on remarque une amélioration de son état. Toutes les études scientifiques internationales attestent qu’un traitement doit impérativement être poursuivi durant 5 à 6 mois et ce, afin de rétablir tous les troubles dont souffre l’organisme. C’est pourquoi toutes les directives scientifiques internationales en la matière préconisent au moins un traitement de 6 mois.

Et que se passe-t-il après la rémission clinique ? Rien si le patient ne rechute pas. Par contre, s’il s’agit d’un patient qui souffre de récidives fréquentes, le traitement par antidépresseurs sera d’une durée de 2 ans ! Il n’est d’ailleurs pas exclu que certains patients soient sous antidépresseurs à vie.

8. Faut-il être gêné de consulter un psychiatre ?

Dans certaines circonstances, votre généraliste vous conseillera de consulter un psychiatre. Il ne faut nullement croire,comme le pensent à tort les personnes parfois mal informées, que les psychiatres aident uniquement les personnes démentes ou celles qui sont à interner. Si l’on consulte un psychiatre, ce n’est pas parce qu’on est fou ! Mais simplement parce qu’un psychiatre a une énorme faculté d’écoute et qu’il donnera via son expérience professionnelle un avis, des conseils pour venir à bout de la dépression.

De par sa formation médicale, le psychiatre pourra prescrire un traitement par antidépresseurs et proposera un soutien, une psychothérapie pour guérir un problème. Le psychiatre ne vous enfermera pas automatiquement dans un asile de fous…Il s’agit à nouveau d’un cliché usurpé. Il ne le fera pas. Il pourra le cas échéant préconiser un séjour en milieu hospitalier ou dans un centre psychiatrique adapté s’il craint pour votre santé ou si des problèmes psychiques et physiologiques très aigus le requièrent mais ce n’est pas systématiquement le cas chez les dépressifs ! Et votre avis sera toujours requis !

9. Peut-on s’en sortir seul ou doit-on systématiquement recourir à l’aide d’un généraliste et/ou d’un psychiatre ?

L’impact de la dépression sur le patient mais aussi sur l’entourage peut être important. Le partenaire, la famille ne comprennent souvent pas ce qui cloche. Pourquoi cette indifférence ? Pourquoi cette apathie ? Pourquoi ces larmes ? Pourquoi cette fatigue constante sans rien faire ? Cela peut conduire à des reproches de l’entourage. Le dépressif ressentira encore davantage les symptômes de culpabilité, d’inutilité, de dépréciation qu’il éprouve déjà en suffisance.

Il devra aussi faire face à la longue à une culpabilité de l’entourage qui se demande ce qu’il a bien pu faire de mal pour susciter de telles réactions négatives, un tel dédain voire une telle apathie. Il est donc important que le patient consulte de concert avec son entourage, qu’ils prennent ensemble conscience que le patient souffre de dépression, qu’il s‘agit d’une maladie qu’il faut traiter correctement et non d’une crise familiale à résoudre. Rien de pire que les malentendus. Lors des moments pénibles qui coïncident avec les premières semaines du traitement, l’entourage sera capital pour le dépressif.

10. Faut-il secouer le dépressif ou le laisser vivre à son rythme ?

C’est totalement inutile. Secouer un dépressif qui n’a pas envie de se bouger ne sert à rien. Il faut simplement que le dépressif et son entourage soient totalement impliqués dans le traitement et qu’ils considèrent qu’il s’agit d’une maladie et, non d’une faiblesse, d’un manque de courage ou de caractère. Il est donc inutile de vouloir forcer la guérison ou les choses sous prétexte « qu’il ne faut pas que le dépressif se laisse aller, qu’il doit voir du monde, être actif ».

Cela ne pourrait qu’accentuer le sentiment que les dépressifs ont déjà d’être incompris. Au début du traitement, il faut bien entourer le dépressif, être présent sans être étouffant, parler s’il le souhaite et petit à petit l’inviter à participer à des activités de détente, des loisirs. L’impliquer au fur et à mesure dans des tâches de la vie quotidienne. Un congé de maladie sera bénéfique car un dépressif est souvent professionnellement inefficace et travailler peut être dangereux pour lui.

Pour de plus amples renseignements :

Ligue Belge de la Dépression
Rue de la Vinaudrée, 30
1370 Geldenaken
Lig.depr@tiscali.be
www.liga-depressie.org / www.ligue-depression.be
www.fr.psychiatrie.be


publié le : 31/03/2011 , mis à jour le 18/01/2012

Réactions à "10 questions sur la dépression"

10 questions sur la dépression

par anonyme, 19 octobre 2012 - 20:15

tres iterressant l'article j'ai été dans le cas et très difficile de s'en sortir seule , il faut la famille, l'entourage c'est certain!!

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