Comment expliquer la mythomanie ?

Dernière mise à jour: janvier 2022
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Mentir par omission pour se faciliter la vie, enjoliver la réalité pour épater quelqu’un, cela arrive à tout le monde. Chez les escrocs, falsifier la réalité est même un art de vivre. Mais la mythomanie va encore plus loin, elle masque une véritable souffrance psychique.

Une tendance pathologique au mensonge

Le terme mythomanie vient du grec muthos, signifiant légende, et du latin mania, signifiant folie. C’est Ernest Dupré, un psychiatre français qui, en 1905, définit le premier la mythomanie comme une « tendance pathologique, plus ou moins volontaire et consciente, au mensonge et à la création de fables imaginaires. » Aujourd’hui, ce qui reste dans l’esprit du grand public, c’est l’idée que la mythomanie est la maladie du mensonge. Or, même s’il est vrai que les mythomanes mentent beaucoup, souvent, à tout le monde, ce qui les caractérise le plus, c’est qu’ils mentent avant toute chose à eux-mêmes. Ils croient eux-mêmes à leurs fantasmes.

Pourquoi ? Car ils les protègent de la réalité. La mythomanie est en effet avant toute chose une maladie de l’estime de soi. Bien sûr, la plupart des gens vivent tous plus ou moins des petits moments de mythomanie, l’être humain ayant naturellement besoin d’embellir un peu la réalité, de se présenter à son avantage. Mais pour les personnes mythomanes, c’est un besoin viscéral d’être admiré, d’attirer l’attention, de se faire plaindre. Pour elles, le mensonge est un moyen de vivre avec une blessure narcissique qui les pousse depuis toujours à répondre exagérément à ce qu’ils pensent être les attentes de leur entourage. Le plus souvent, on retrouve cette fragilité psychologique chez des adultes ayant souffert d’un certain désintérêt durant leur enfance. Ou qui, à l’inverse, ont été trop adulés, à qui on en demandait beaucoup. Un événement traumatique peut aussi être un élément déclencheur.

Voir aussi l'article : Mensonges : notre cerveau s'habitue vite...

Des souffrances personnelles et pour l’entourage

Contrairement aux escrocs ou aux manipulateurs qui inventent des histoires pour arriver à des fins pratiques, la personne mythomane le fait avant tout pour satisfaire son équilibre mental. Elle éprouve une certaine forme de plaisir à croire et faire croire que tout désir est réalisable. Elle est en quelque sorte restée au stade psychique de la « pensée magique », une étape normale du développement entre 2 et 6 ans, quand l’enfant imagine que ce qu’il pense peut agir directement sur le monde. La mythomanie étant un fonctionnement à part entière, on comprend mieux les réactions des personnes mythomanes quand elles se retrouvent confrontées à leurs mensonges. Certaines vont s’enfoncer encore plus loin dans les mensonges, d’autres vont opter pour la fuite. Il n’est pas rare qu’elles fassent des crises d’angoisse tellement intenses qu’elles les conduisent à l’hôpital. C’est alors souvent la seule occasion leur permettant d’aborder leur trouble avec un médecin.

Si la prise en charge psychologique est indispensable, la mythomanie reste difficile à soigner car les raisons de son déclenchement sont souvent trop douloureuses et enfouies. Et les principaux intéressés ne sont que très rarement demandeurs, cette demande émane souvent de leur entourage qui se retrouve démuni. Or un traitement ne peut fonctionner que si le patient accepte de se faire soigner.

Voir aussi l'article : Savez-vous quand un enfant vous ment ?

auteur : Aurélia Dubuc - journaliste santé
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