Personnalité passive-agressive : comment la reconnaître et que faire ?

Dernière mise à jour: décembre 2021

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Votre partenaire, collègue ou ami adopte – en apparence seulement – un comportement passif dès qu’une responsabilité ou un conflit s’impose à lui. Absence de réponse, victimisation, sarcasme, retard chronique, bouderie... Comment reconnaître une personnalité passive-agressive ? Et quel comportement adopter face à ces personnes ? On fait le point.

Le comportement passif-agressif, qu’est-ce que c’est ?

Trouble de la personnalité, symptôme parmi d’autres d’une pathologie psychique ou simple trait de caractère... Difficile de poser une définition claire et précise du comportement passif-agressif. L’histoire raconte qu’à l’origine, l’expression « passive agressive » en anglais aurait été énoncée pour la première fois pendant la Seconde Guerre mondiale, par le colonel et psychiatre William Menninger face au comportement de certains de ses soldats, lesquels se dérobaient à leur devoir "par des mesures passives, telles que la moue, l'entêtement, la procrastination, l'inefficacité et l'obstructionnisme passif". Pas de manifestation d’une opposition directe donc, mais des moyens détournés pour éviter de faire ce qu’on leur commandait.

La personnalité passive-agressive (PA) avait été inclue dans la 3e édition du manuel diagnostique des troubles mentaux, le DSM, avant son retrait en 1994, au moment de la 4e édition du manuel. Les experts ayant jugé que la définition du trouble restait floue, et que trop peu d’études existaient à son sujet. On considère aujourd’hui la personnalité passive agressive comme le symptôme possible d’autres troubles, pour leur part étudiés et classifiés, comme les troubles de la personnalité borderline, narcissique, bipolaire, etc.

Nous usons tous d’une agressivité passive face à certaines situations, pour de nombreuses raisons, parfois tout à fait justifiées. Mais cette attitude devient problématique, pour ne pas dire pathologique, lorsqu’elle est systématique dans la vie de la personne, et qu’elle interfère avec ses relations familiales, amicales, professionnelles et/ou amoureuses.

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Comment reconnaître une personnalité passive-agressive ?

Il est difficile d’établir une liste exhaustive et immuable des signes d’une personnalité passive-agressive, mais certains comportements, surtout s’ils sont récurrents, peuvent mettre la puce à l’oreille :

  • Un calme apparent en situation de confrontation ou de conflit : même mise face à ses manquements, la personne PA reste très calme et/ou en joue les naïfs, voire vous ignore. Elle n’exprime pas de colère ni d’hostilité, alors qu’elle en ressent. 

  • Des sarcasmes : le passif-agressif est adepte de ces petites piques lancées « pour rire ». Vous réagissez ? Il vous dira que vous êtes susceptible ou que vous n’avez pas d’humour. Sauf que ces sarcasmes sont récurrents. C’est, par exemple, ce genre de personne avec qui vous avez du mal à avoir une discussion sincère, vous avez le sentiment qu’il se fiche tout le temps de vous et vous met mal à l’aise. 

  • Des insinuations ou moyens détournés de formuler une remarque : par exemple, votre collègue fait une remarque à un tiers en votre présence, mais qui vous est clairement destinée. Ou encore une ambiguïté dans les propos, des phrases peu claires, ou des compliments qui sont en fait des insultes déguisées. 

  • Une victimisation, avec une tendance à se trouver des excuses. Ce n’est jamais elle, c’est les autres. Et au lieu d’admettre ses failles, même peu importantes, le PA va, par exemple, reporter sur les autres ce qui, finalement, relève de sa responsabilité. 

  • Des oublis de rendez-vous, d’engagements voire de souvenirs communs, surtout lorsque ces derniers mettent en cause le PA. Par exemple, il ne se souvient plus, à moins que vous ne lui rafraîchissiez la mémoire, de cette fois où vous l’avez attendu une heure à un point de rendez-vous, et avez failli rentrer chez vous. 

  • Des relations chaotiques : le PA est souvent en guerre froide avec son entourage. Souvent lassés par son comportement, les personnes qui l’entourent, si elles ne le confrontent pas, préfèrent naturellement prendre de la distance. Le PA peut également, sans coup d’éclat, semer la zizanie dans un groupe. 

  • Une difficulté avec l’autorité : l’insoumission intentionnelle aux consignes se manifeste par une inefficacité consciente. Par exemple, la personne accepte la tâche confiée, mais ne fait jamais ce qu’on lui demande, procrastine ou sabote son travail.
 
  • Un silence ou une absence soudaine et inattendue : par exemple, vous êtes en groupe, et la personne PA décide de sortir faire un tour et disparaître sans prévenir. Tout le monde s’inquiète, la cherche partout. À son retour, elle ne s’excusera pas d’avoir inquiété tout le monde, et dira calmement que tout va bien, qu’elle avait juste besoin de prendre l’air. Elle aime briller par son absence.

  • Des mensonges.

  • Une bouderie récurrente : la personne ne dit plus rien, fait la moue, mais si vous lui demandez des explications, elle refuse de vous en donner et vous dit que ça va. 

  • Le déni : les personnes passives agressives ne se rendent généralement pas compte qu’elles le sont.

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Comment réagir face à un passif-agressif ?

Là encore, difficile de donner des recommandations simples et uniformes d’une façon d’agir face à une personnalité passive-agressive. C’est évidemment au cas par cas, notamment si ce comportement s’ajoute à d’autres symptômes pouvant évoquer un trouble mental, par exemple une paranoïa, des comportements addictifs, une dépression, etc.

Dans un article de la revue Psychology today, le professeur Preston Ni, explique que « l’agressivité passive est un déguisement de la colère, de l'hostilité et/ou de l'impuissance acquise, exprimée de manière secrète et sournoise pour "égaliser le score" dans l'espoir de "s'en tirer"». Le passif-agressif a souvent un trouble de l’ego, un complexe d’infériorité (parfois masqué), une faille narcissique. Difficile pour l’entourage qui subit de savoir s’il « le fait exprès », puisque, la plupart du temps, le PA n’a pas vraiment conscience de son comportement.

Plusieurs méthodes donc, peuvent aider à gérer ce type de personnalité :

  • Usez de communication non violente (CNV). C’est-à-dire, plutôt que de faire des reproches à la personne PA, dites-lui ce que vous ressentez face à son comportement. Si vous la confrontez de manière trop directe, elle fera comme à son habitude, et se défilera en vous donnant l’impression que c’est vous qui avez un problème. Plutôt que de dire « J’en ai marre de ton comportement », vous pouvez dire que cette fois où il vous a fait cette remarque blessante, vous avez ressenti tel sentiment, et lui demander ce qu’il a bien pu vouloir exprimer. Rendez-le proactif : en lui proposant de chercher une solution au problème qu’il a cherché à esquiver, vous aidez le PA à retrouver confiance en lui.

  • Si la personne est votre partenaire ou quelqu’un de très proche, et que vous avez envie de sauver votre relation, lui proposer une thérapie peut être salvateur. Le PA est avant tout quelqu’un qui ne parvient pas à exprimer sa colère ou ses frustrations, et peut souffrir de troubles associés comme une anxiété, un trouble de l’attention (TDA/H), ou autres problématiques à travailler avec un thérapeute.

  • Ne devenez pas passif/passive vous-même. Vous n’avez pas à nier vos émotions et sentiments pour éviter de provoquer une agressivité passive chez votre interlocuteur, sous prétexte qu’il « est comme ça ». Restez respectueux et « adulte » face au PA, mais posez vos limites. Si la personne vous insulte, vous humilie, vous rabaisse, vous accuse à tort ou vous ment, il peut être bon de vous demander si vous souhaitez continuer cette relation visiblement toxique. Vous doutez ? N’hésitez pas à consulter un thérapeute vous-même.

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auteur : Amélie Micoud - journaliste santé
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