Humidificateurs d’air : pas toujours bons pour la santé

Dernière mise à jour: novembre 2021

dossier Un humidificateur d’air mal employé peut comporter des risques pour la santé, notamment de diffusion de moisissures et de micro-organismes dangereux. Faut-il donc mettre son humidificateur d’air à la poubelle tout de suite ? Sinon, quelles sont les précautions d’usage ? On fait le point.

Depuis la crise du Covid, la population est davantage sensibilisée aux mesures d’hygiène à adopter, notamment en intérieur en hiver. Parmi elles, ventiler les pièces de son logement le plus possible doit participer au bon maintien d’un taux d’humidité correct dans son habitat.

Malgré tout, entre un air trop sec et un air trop humide, il n’est pas toujours évident de s’y retrouver. Les jeunes parents, notamment, sont souvent tentés d’acheter un humidificateur pour soulager les troubles ORL et pulmonaires de leurs enfants, parfois sur les conseils de leur médecin.

Le bon taux d’humidité de votre intérieur

Un air trop sec augmente les risques de troubles ORL, les sensations d’inconfort (muqueuses sèches), ainsi que les risques de prolifération des bactéries et virus.

Un air trop humide augmente les risques d’apparition de moisissures, champignons et acariens responsables de problèmes respiratoires (allergies, asthme...).

On conseille donc une hygrométrie (taux d’humidité) comprise entre 40 et 70%. Retenez qu’un taux de 50% environ est l’idéal. Comment mesurer le taux d’humidité de son intérieur ? Un simple thermomètre de maison, mécanique (à aiguilles) ou électronique, indique la plupart du temps l’hygrométrie. Certains appareils permettent de mesurer l’humidité dans chaque pièce de votre intérieur. 

Lire aussi : Les conseils contre la pollution de l’air à la maison

Les dangers pour la santé d’un humidificateur mal employé

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Il existe plusieurs types d’appareils pour humidifier l’air intérieur : à vapeur chaude - à éviter pour les chambres d’enfants à cause du risque de brûlure ou de réchauffement de la température ambiante - à vapeur froide, à ultrasons ou à rayons ultraviolets... Peu importe la technologie, chaque type d’humidificateur comporte un risque de développer des micro-organismes nocifs pour la santé s’il n’est pas correctement utilisé et entretenu. 

L’eau stagnante d’une part, est propice à la prolifération de bactéries et de moisissures. Lorsque vous déclenchez l’appareil avec cette eau que vous avez oublié (ou négligé) de changer, vous répandez ces germes dans l’air ambiant. 

Idem si votre machine n’est pas nettoyée minutieusement et très régulièrement. Problème : peu de gens respectent à la lettre l’entretien courant de leur appareil. 

Enfin, la vapeur d'une eau du robinet fort chargée en minéraux risque de propager dans l’air de fines particules, de calcaire par exemple. On peut les retrouver sous forme de poussière blanche sur les sols et les meubles. En théorie, des filtres permettent de capturer ces particules, sauf que là aussi, un changement ou un nettoyage trop peu fréquents de ces filtres limitent leur efficacité.

Pour les enfants et les adultes souffrant d’asthme ou de maladies pulmonaires à répétition, l’usage d’un humidificateur peut ainsi aggraver les symptômes plutôt que les améliorer. Dans certains pays, comme au Canada, les recommandations pédiatriques récentes suggèrent d’ailleurs d’éviter l’usage d’un humidificateur d’air par principe de précaution, d’autant que leur efficacité sur certaines affections respiratoires chez les enfants n’a pas été clairement démontrée. Seul le rhume serait une condition de prescription justifiée. Mais dans ce cas, des mesures simples comme aérer le logement, sortir (même quelques minutes) en extérieur, nettoyer le nez de l’enfant au sérum physiologique et le faire boire régulièrement peuvent suffire. 

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Humidificateurs d'air : les précautions d’usage

Un humidificateur d’air, lorsqu’il est correctement utilisé, peut malgré tout avoir un réel intérêt, si vous souffrez d’un air intérieur trop sec par exemple, ce qui est courant en hiver. Voici quelques précautions à prendre.  

  • Référez-vous toujours au mode d’emploi du fabricant. Selon la technologie de votre humidificateur, l’eau à utiliser, son utilisation et son entretien peuvent différer. Ainsi, une eau distillée, déminéralisée ou minérale recommandée pour un appareil ne sera pas forcément une bonne idée pour un autre.
  • Réservez son usage à de courtes durées.
  • Ne laissez pas l’eau stagner plusieurs jours dans votre machine. Changez-la tous les jours, et renouvelez-la à chaque usage. Laissez sécher l’appareil entre les utilisations.
  • Nettoyez très régulièrement et soigneusement votre humidificateur. Une experte interrogée par le magazine Time (lire ici) conseille un nettoyage si possible quotidien, au liquide vaisselle et à l’eau chaude, en veillant à bien enlever tout dépôt. Attention aux produits chimiques, certains désinfectants pour humidificateurs ont été directement mis en cause dans l’apparition de lésions pulmonaires graves en Corée (lire ici).
  • Si vous constatez la présence d’humidité autour de l’humidificateur (fines gouttelettes ou condensation), changez-le de place, ou baissez son intensité.  

auteur : Amélie Micoud - journaliste santé
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