Passage à l’heure d’hiver : la fin du changement d’heure, c’est pour quand ? (vraiment)

Dernière mise à jour: octobre 2021
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news Dans la nuit du 30 au 31 octobre prochain, nous passerons à l’heure d’hiver. A 3 h du matin, il sera 2 h. Il faudra donc reculer sa montre d’une heure, et nous gagnerons une heure de sommeil. Mais au fait, ces changements d’heure, ça ne devait pas se terminer cette année ? Ou l’année passée ? C’est pour 2022 alors ? Eclairages.

Si, depuis Internet, le casse-tête du changement d’heure est bien moindre - nos smartphones, ordinateurs et même nos appareils ménagers connectés se mettent à l'heure automatiquement -, une nouvelle grande question, autre que « on avance ou on recule d’une heure ? », a fait son apparition : est-ce la dernière fois qu’on change d’heure ?

Fin du changement d’heure, pandémie et Brexit

La question avait été posée à l’été 2018 aux citoyens européens et aux Etats membres de l’Union européenne (UE) via une consultation publique. Pour ou contre le changement d’heure ? Une majorité (84%) d’Européens s’étaient prononcés en faveur de la fin du changement d’heure. « Le changement d’heure sera aboli », avait affirmé Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, en septembre de la même année. Ajoutant que ce serait, a priori, l’heure d’été qui serait choisie par l’ensemble des pays européens. En mars 2019, la suppression du changement d’heure avait donc été votée par les eurodéputés, et devait s’appliquer dès 2019.

Sauf que finalement, il a été décidé que les Etats membres auraient chacun le choix de rester définitivement à l’heure d’hiver ou l’heure d’été. Ce qui peut sembler simple a priori, ne l’est pas. Il existe en effet trois fuseaux horaires en Europe, et les pays doivent se concerter pour choisir plus ou moins la même heure, afin de ne pas perturber le marché intérieur.

L’abolition du changement d’heure deux fois par an a donc été repoussée en 2021. Mais entre-temps, la crise du Covid-19 a fait son apparition, et le dossier est donc resté sur la table, les négociations entre les grandes institutions européennes n’ayant pu se faire. Ajoutez à cela une sortie du Royaume-Uni de l’UE qui n’en finissait pas en négociations, et nous voilà, des mois plus tard, toujours au même point.

Enfin, les changements de présidence du Conseil de l’UE tous les six mois n’aident pas à la reprise du dossier, les priorités semblant se situer ailleurs pour l’instant.

Changement d’heure : néfaste ou bénéfique ?

A l’origine, le changement d’heure avait été mis en place par certaines grandes puissances, dont les Etats-Unis, pour économiser de l’énergie, notamment par la diminution de l’éclairage artificiel, lorsque la lumière naturelle nous permet de continuer nos activités diurnes plus longtemps. Mais aujourd’hui, ce principe semble être sinon marginal, du moins obsolète, en raison de la généralisation de l’éclairage à basse consommation. Selon les experts, le changement d’heure pour cette raison n’a donc plus lieu d’être.

Ses détracteurs avancent aussi des arguments autour de la santé publique, en affirmant que le changement d’heure perturbe le biorythme humain et nos activités modernes : troubles du sommeil, chez les enfants notamment, accidents de la route, et même risque d’infarctus lors du passage à l’heure d’été, selon une étude de l’American College of Cardiology publiée en 2016. Le changement d’heure semblerait donc tuer, selon certains. Même si, à ce jour, « les éléments de preuve concernant les effets globaux sur la santé (c’est-à-dire la mise en balance des effets négatifs et positifs présumés) ne sont pas concluants. », estime la Commission européenne.

Quid de mars 2022 ?

Au vu de la crise sanitaire, et si la Slovénie, actuellement à la présidence du Conseil de l’UE, ne remet pas le dossier en haut de la pile, attendez-vous à passer à l’heure d’été en mars 2022.

La France prendra la présidence du Conseil en janvier 2022. Comme elle s’est prononcée en faveur de la suppression du changement d’heure, avec une préférence pour l’heure d’été - tout comme la Belgique -, il est possible que des décisions soient prises... pour 2023 ?

auteur : Amélie Micoud - journaliste santé
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