Mieux comprendre les troubles « dys »

Dernière mise à jour: octobre 2021

dossier En Belgique francophone, plus de 400.000 enfants et adultes présentent un ou plusieurs troubles spécifiques d’apprentissage. On retrouve parmi ces troubles le trouble du déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDA/H), le haut potentiel (HP), ainsi que les différents troubles « dys ». Gros plan.

En cause : un déficit neurologique

Les troubles « dys » présentent des caractéristiques bien précises. Tout d’abord, il faut garder à l’esprit qu’ils sont permanents car d’origine biologique. Même si différents outils et accompagnements thérapeutiques peuvent aider les personnes concernées à mieux vivre avec leur trouble, celui-ci ne disparaît pas avec le temps.

Par ailleurs, bien que ces troubles touchent spécifiquement des compétences particulières (la lecture, l’écriture, les mathématiques...), ils peuvent perturber tous les apprentissages, toutes les matières, et se répercuter sur la vie de tous les jours. Ils sont souvent accompagnés de difficultés sur le plan des fonctions exécutives telles que la gestion du temps, l’organisation, la planification, la prise de décisions... Ils sont également souvent associés entre eux.

Enfin, et c’est certainement le plus important à retenir car c’est une idée reçue qui a la vie dure : ces difficultés d’apprentissage ne sont liées ni à un retard intellectuel, ni à un handicap sensoriel, ni à des conditions environnementales défavorables. Le problème vient d’un déficit neurologique qui touche des régions spécifiques du cerveau, généralement l’hémisphère gauche (pensée séquentielle et analytique qui permet l’apprentissage des langues, de la lecture, du calcul, la gestion du temps et l’apprentissage des gestes techniques). Et s’il fallait encore se convaincre que l’on peut être dys et tout à fait brillant, il suffit de regarder la liste des personnalités dys qui ont marqué leur temps : Richard Bronson, Bill Gates, Albert Einstein, Steven Spielberg, Léonard de Vinci, Walt Disney...

Les différents troubles « dys »

123-student-stress-exam-klas-05-17-1.jpg

La dyslexie - dysorthographie

Appelée aussi TSLE (trouble spécifique du langage écrit), la dyslexie est certainement le trouble dys le plus connu. Elle a pour caractéristique de ralentir ou empêcher l’acquisition et l’automisation du langage écrit (lecture, production d’écrit, orthographe), de manière appropriée (précision et vitesse), chez une personne normalement intelligente, indemne de problèmes sensoriels (vue, audition), moteurs ou psychologiques. Ce trouble spécifique de la lecture s’accompagne fréquemment de difficultés en orthographe (dysorthographie) qui persistent souvent à l’adolescence et à l’âge adulte.

Evidemment, tout enfant qui lit ou orthographie mal n’est pas nécessairement un enfant atteint de dyslexie. Seul un diagnostic posé par des professionnels spécialisés en attestera. La dyslexie toucherait environ 5 à 10% de la population (deux élèves par classe), davantage les garçons que les filles.

La dyscalculie

Ce trouble affecte les acquisitions numériques ou du calcul nécessaires aux mathématiques, que ce soit l’accès à la numération (notion de nombre), l’apprentissage des opérations arithmétiques (addition, soustraction, multiplication et division), la résolution de problèmes ou la géométrie. Assez méconnu, il touche 3 à 4% de la population. Dans 60% des cas, il est associé à une dyslexie - dysorthographie. Il peut aussi l’être à une dyspraxie ou à un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H).

123-schoolbord-klas-studie-07-15.jpg

La dyspraxie

Cette anomalie de la planification et de l’automisation des gestes volontaires se traduit par la difficulté à réaliser des praxies, c’est-à-dire des séquences de mouvements volontaires pour interagir avec l’environnement. Pour la plupart des personnes, la réalisation d’un geste résulte de la gestion coordonnée et automatique de nombreux facteurs temporels et spatiaux qui ont fait l’objet d’une pré-programmation cérébrale. Celle-ci est incomplète, voire inexistante chez les dyspraxiques. Qu’il s’agisse de rouler en bicyclette, écrire, lacer ses chaussures, s’habiller, manger, ouvrir une bouteille, le geste ne devient jamais automatique et nécessite toujours un contrôle volontaire extrêmement fatigant.

La dysgraphie

Ce trouble spécifique d’apprentissage affecte le geste graphique et l’aspect de l’écriture manuscrite. L’écriture est une activité motrice fine et complexe. Sa construction s’inscrit dans la durée, mais une fois maîtrisée, elle devient généralement automatique. Chez le dysgraphique, ce n’est pas le cas. Une personne souffrant de ce trouble ne peut tout simplement pas « bien écrire », même en y consacrant beaucoup de temps et d’efforts. Même une rééducation intensive (graphothérapeute, kiné psychomotricien ou ergothérapeute) ne lui permet pas d’avoir une écriture de qualité et suffisamment fluide pour la prise de notes. Pour pallier ces difficultés, l’outil numérique est incontournable.

La dysphasie

Ce déficit spécifique du langage est caractérisé par des problèmes graves de la compréhension ou de l’expression du langage parlé, en l’absence de perte auditive, de déficience mentale, ou d’un trouble émotionnel. Cette dysphasie, persistante dans le temps, entrave le développement de l’individu sur les plans sociaux, scolaires et professionnels. L’Association de parents d’enfants aphasiques et dysphasiques est une ressource précieuse pour les familles concernées.

Un vrai diagnostic pour une bonne prise en charge

123_kind_logopedie_therapie_studeren.jpg

Comme le rappelle l’Association belge de parents et professionnels pour les enfants en difficulté d’apprentissage, un trouble « dys » est un handicap invisible devant être reconnu par tous : équipe pédagogique, monde professionnel et politique, et grand public. S’ils ne sont pas pris en compte, ces troubles peuvent induire un échec scolaire et professionnel.

Pour obtenir un diagnostic, il faut faire appel à des spécialistes différents selon la nature du trouble suspecté. Le diagnostic d’une dyslexie, dysorthographie ou dyscalculie est réalisé par un logopède. Cela peut prendre plusieurs mois car il faut un temps d’observation suffisant pour s’assurer d’un bon diagnostic. En cas de suspicion d’une dysphasie, d'une dyspraxie ou d’un TDA/H, il est impératif de voir un neuropédiatre.

Source: Aurélia Dubuc - journaliste santé
Vous voulez recevoir nos articles dans votre boîte e-mail ?

Inscrivez-vous ici à notre newsletter.

vous pourrez vous désinscrire quand vous le souhaiterez
Nous traitons vos données personnelles conformément à la politique de confidentialité de Passion Santé SA.
volgopfacebook

volgopinstagram